Tête
dans la bulle, concentré
et optimiste sur la poignée,
un motard lambda file à bonne
allure sur sa 750 VF-F ; et avec
une sacrée banane car depuis
qu'il turbine sur l'autoroute, personne
ne l'a déposé.
Wwwwhhhoooossshh...!!! "Put...,
c'était quoi ça ?"
La fusée qui vient d'enfumer
notre VF-Fiste, c'est la nouvelle
Bimota SB4. Une petite merveille
qui file à des vitesses que
seules les téméraires
connaissent. Pour ceux qui oseraient
pousser cette moto à très
très bonne allure, ou tout
simplement les gars pas mal secoués,
cette sportive italienne est capable
de vous emmener aux frontières
des 230 km/h. Et sur autoroute,
ça craint pas mal. Enfin,
la situation craint, parce que la
SB4, elle est taillée pour
tenir le parquet.
S'offrir une Bimota, c'est d'abord
avoir une bourse bien garnie mais
c'est aussi s'offrir une machine
très spéciale. On
est présence d'une belle
moto, qui ne fait pas dans l'esbroufe
- plutôt dans l'élégance
et la passion. Une finition artisanale,
de magnifiques tés de fourche
en alu taillés dans la masse,
de superbes platines de fixation
moteur, des petites roues de 16"avec
de gros gommards, un ensemble coque
arrière-selle-réservoir
d'un seul tenant, de la vis BTR
en veux-tu en voila, un bras oscillant
dédoublé avec un réglage
de chaîne par excentrique...
Cette moto vous ensorcelle avant
même de se dévoiler.
Un engin de sport pensé et
conçu uniquement pour ça.
Avec 111 ch, et un poids à
sec qui dépasse à
peine les 200 kg, la machine annonce
une vélocité de premier
ordre. Le propulseur est connu :
il s'agit du gros 4 cylindres de
la Suzuki 1100 ES. Si vous aimez
les vibrations, vous allez être
servi. Le moulin est fixé
rigide dans le cadre treillis. Du
coup, c'est toute la moto qui vibre.
Entre le bordel mécanique
et sonore, faut être sûr
d'avoir des nerfs d'acier pour supporter
l'humeur de la bête. Mais
ce n'est pas ça qui nous
fait aimer ou détester une
moto ; et sur une Bimota, le plaisir
du pilotage est le seul maître.
Piloter est bien le terme adéquat.
La SB4 réclame des mains
expertes, de l'expérience
et du sang-froid. Les échappements
de Bimota ont rendu le moteur japonais
un peu plus creux mais c'est pour
s'envoler avec encore plus de vigueur
quand il s'excite dans les tours.
Même avant, le bouilleur pousse
très sérieusement.
La SB4 s'envole, les chronos s'affolent.
Sorti de l'autoroute et à
l'attaque des virolos, voici venu
le temps d'arsouiller. A ce jeu,
l'italienne est reine. Nul besoin
de se battre ou de la contraindre,
la moto vous obéit telle
une fidèle. Fixez la trajectoire,
elle s'y scotche. Les suspensions
sont bien évidemment sport
mais sans pour autant être
des bouts de bois. Et grâce
à elles, vous savez en permanence
sur quel type de tarmac vous roulez.
Précise, grisante, maniable,
protégeant bien (merci la
grosse bulle), la machine ne pêche
que par sa tendance au guidonnage
et par son freinage. En fait, plus
par ses durites de frein que par
son efficacité. Les Brembo
série "or" sont
très efficaces mais les durites
en caoutchouc tout simple ne sont
pas du tout dans le coup. Il faudra
vite les virer et les remplacer
par des modèles blindées
ou aviation pour profiter de la
qualité des Brembo.
Comparer la SB4 à une autre
sportive ? Inconcevable. Cette moto
offre du plaisir, de l'exclusivité,
l'inconscience de la vitesse et
une touche de déraisonnable.
Loin des considérations matérialistes,
la passion est le seul prix à
payer.
M.B
(inspiré par l'article de B. Fischer
Moto-journal n° 628 -
photos
internet) |