L'appellation
SB7 signifie que cette Bimota
est la 7ème
moto née avec un propulseur Suzuki. Mais cette
machine, on pourrait tout simplement
l'identifier comme SuperBike.
En effet, avec la SB7, le petit
constructeur italien s'est donné
le moyen de faire bien plus que
de la figuration dans ce championnat
où s'illustre les 916 et RC 45.
Avant toute chose, Bimota est une
marque de passionnés, où
se mêle innovation, technologie
et performance. Cette passion se
lit dans les courbes de la SB7.
Le design mélange avec soin
la sportivité, l'élégance
et un charme indescriptible. Passé
la première admiration, c'est
la surprise et l'interrogation qui
s'empare du regard lorsqu'il découvre
le cadre alu de la machine. Baptisé
"Straight Line Connection",
sa structure périmétrique
forme une ligne droite la plus directe
possible entre le bras oscillant
et la colonne de direction. Un concept
fort intéressant, inauguré
sur la SB6 et censé combiner
rigueur et agilité. Pour
parfaire le comportement de la Bimota,
le pilote a accès à
une abondance de réglages.
La fourche de 46 mm, dont les fourreaux
sont recouverts d'une couche de
carbone, est réglable en
compression et en détente
(la précharge est en option).
Il est également possible
de modifier l'angle de colonne et
la position des demi-guidons. Le
mono-amortisseur Öhlins ancré
en position longitudinale dans le
cadre est également modifiable
dans tous les sens.
En tournant autour de la moto, si
vous avez trop bloqué sur
la double sortie d'échappement
dans la selle façon NR
750, vous n'aurez peut-être
pas remarqué le somptueux
ensemble selle-réservoir.
Une superbe pièce d'un seul
tenant fixé directement sur
le cadre et particulièrement
rigide. Cet ensemble est constitué
de carbone et de fibre de verre.
Un peu plus bas, on trouve du magnésium.
Où ça ? Dans les carters
du bloc moteur. Voila qui inspire
une mécanique très
travaillée ; en l'occurrence
le moulin de la Suzuki GSX-R 750
SP. Une fois arrivé à
Rimini, le 4 cylindres est mitonné
à la sauce Bimota. On lui
greffe un système d'injection,
des arbres à cames au profil
plus méchants, une nouvelle
boite à air, un échappement
différent. Ainsi dopé,
le souffle aigü du bouilleur
s'élève à 132
ch. Des canassons haut perchés
qui ne laisse plus de doute sur
l'utilisation de la machine : Sport
!
Une fois en selle, les jambes écartées
par le gros réservoir, on
est franchement étonné
de l'extrême compacité
de la machine. Même une 600
doit être plus imposante.
Outre le sentiment de confiance
qu'elle procure, la SB7 semble fusionner
avec son pilote. Elle ne met guère
de temps à le convaincre
de son jeu favori : c'est une pistarde.
Une machine qui aime les belles
trajectoires et les hauts régimes.
Pour profiter à fond de ses
qualités dynamiques, il faut
savoir la régler aux petits
oignons. Les Bimota sont très
sensibles aux réglages et
il faut y accorder beaucoup d'attention.
Rien à voir avec une japonaise
plus conciliante ; la Bimota est
une vraie italienne. Une fois bien
paramétrée, la moto
obéit fidèlement aux
ordres du pilote, se révélant
très plaisante à piloter.
Le freinage n'appelle aucune critique,
et la SB7 ni ne bouge ni ne bronche
quand les Brembo s'exécutent.
Pour vraiment en profiter, n'hésitez
pas à faire monter l'aiguille
du compte-tours. Laissez tomber
les préliminaires à
bas et mi régimes. La SB7
n'a du répondant qu'au dessus
des 7 000 tr/mn. Cela oblige à
jouer de la boite ?!? Tant mieux
; vous n'etes pas là pour
cruiser comme sur une Fat
Boy. Le bouilleur se régale
de montées en régime
et ne vous délivre toute
sa puissance qu'à la frontière
de la zone rouge. Une zone qui va
de 13 à 16 000 trs... Plus
on monte et plus ça vous
prend aux tripes. Un régal
!
Bimota
fabrique depuis longtemps des machines
de tempérament et/ou d'exception.
La SB7 s'inscrit avec honneur dans
cette lignée. Peu adaptée
au quotidien mais terriblement attachante,
elle rencontrera comme principal
écueil que sa fabrication
limitée et son prix aussi
hauts que ses régimes moteur.
Quoique... avec un tarif situé
entre celui de la 916 SPS et celui
de la Honda RC 45, les hésitations
ne sont plus les mêmes.
M.B
(inspiré par Moto-journal - photos
internet) |