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Un
film qui fait un carton en salle
voit rapidement débouler
3 ans après une suite de
la même veine. Souvent, c'est
moins bien ; parfois, c'est mieux
(Le parrain 2, Indiana Jones 2,
Terminator 2...).
A notre bonne surprise, la deuxième
génération de Bimota
SB6, qui surfe sur le succès
de cette dernière, est encore
plus réussie que l'investigatrice.
Rappelons que la SB6
sorti en 1994 fut l'initiatrice
du cadre SLC, une structure aux
longerons très rectilignes.
L'usine prouvait encore une fois
sa volonté et sa capacité
d'innovation.
La
SB6R reprend le flambeau sans appréhension
ni complexes. Avant tout, elle a
changé de robe. Les lignes
sont toujours fluides tout en s’affirmant
plus agressives. Les deux phares,
auparavant séparés,
sont réunis dans un même
bloc optique. Le carénage
est plus tendu, le réservoir
redessiné ; mais c'est certainement
la partie arrière qui a le
plus évolué esthétiquement.
Les échappements ne sont
plus cachés dans le dosseret
mais placés dessous. La selle
autoporteuse et monoplace dessine
avec élégance un jeu
de courbes qui mettent en valeur
les silencieux et le caractère
exclusif de la machine. Le bras
oscillant est de plus forte section
et désormais griffé
du nom du constructeur. Vous aimez
le carbone ? Il y en a jusque dans
les fourreaux de fourche. Quant
au propulseur, pas de surprises,
il s'agit toujours du 4 cylindres
de la Suzuki 1100 GSX-R. Et lui
aussi s'est adapté au goût
du jour.
Bimota lui a offert une boite à
air plus volumineuse relié
à un système d'air
forcé optimisé. Un
petit coup de réglage aux
carbus pour la conséquence
et le bloc japonais respire plus
fort que jamais.
La partie-cycle a encore été
rigidifié, l'empattement
augmenté de 10 mm, tout comme
le pneu arrière qui passe
à 190 mm de large.
Encore
plus de sport pour la SB6R, et cela
va jusqu'au poste de pilotage. On
y trouve désormais le gros
compte-tours en position centrale
secondé latéralement
par un compteur de vitesse tapant
dans les 320. Un petit cadran digital
complète la panoplie, permettant
de surveiller la température
et le kilométrage parcouru.
Juste le temps de baver un petit
peu devant le magnifique té
de fourche en alu taillé
dans la masse et d'apprécier
la selle un peu plus confortable
avant d'accepter la vérité
- faut vite sortir de la ville,
ça va pas le faire. Déjà
que le pilote est soumis rapidement
à la douleur du fait de sa
position très sport (aïe,
ouille les poignets)… Conduite
peu agréable. Et ce n'est
pas le poids riquiqui de la moto
qui va compenser le minuscule rayon
de braquage. En plus, on n'y voit
rien dans les rétros. Allez,
on se casse.
La
route s'est dégagée
et les voies se sont multipliées.
La SB6R n'a pas mis longtemps pour
atteindre des vitesses largement
prohibées. Ca file vite,
plus vite que le vent, et l'italienne
nous prouve une fois de plus sa
remarquable stabilité. Pas
vraiment de différence avec
la SB6 qui
faisait aussi bien. Mais c'est toujours
gratifiant de savoir que sa monture
est théoriquement encore
plus stable que son aînée.
La Bimota ne demande qu'à
vous faire profiter de son talent.
Les virages s'annoncent, le pilote
sourit, la moto jubile. On l'emmène
d'une courbe à l'autre avec
bonheur et la facilité d'une
sportive japonaise. Ses 184 kgs
à sec sont un atout dans
les virages serrés, où
la SB6R peut compter sur une agilité
étonnante pour une 1100.
On peut rentrer comme un bourrin
dans le virage, freiner en écrasant
le levier, la partie-cycle demeure
imperturbable. A noter que les Brembo
sont véritablement puissant,
- dommage que le mordant ne soit
pas aussi satisfaisant. Dans le
virolo, la machine reste calée
sur un rail et il est même
possible à tout instant de
corriger sa trajectoire. Ceux qui connaissent la GSX-R seront
surpris de constater ce que le moulin
peut faire quand il passe dans l'usine
de Rimini. Imaginez : la force d'un
1100 et les montées en régime
d’un 750. Laissez l’aiguille
du compte-tours monter un petit
peu. Il faut attendre les 4 000
trs pour sentir la poussée
du moulin puis le grand 8 commence.
Ca monte, ça monte, ça
monte, ça pousse encore et
encore...
Le bouilleur n'a cesse
de balancer de gros watts et ça
n'en finit pas. On rentre dans la
zone rouge et ça pousse encore.
Il n'y a que le rupteur qui puisse
calmer le gros 4 pattes. Niveau
reprises, la SB6R est tout aussi
brillante. Un coup de gaz aux mi-régimes
et la moto bondit de plus belle.
On a vite fait d'être accro
à cette adrénaline.
Ne
jugez pas la Bimota SB6R en la comparant
aux productions nippones. L'italienne
offre les performances et l'exception.
Cette édition R de la SB6 a bien évolué : un
goût unique, une silhouette
à succomber, un parfum enivrant
et une conduite savoureuse. Reste
qu'à près de 130 000
Frs, ce beau jouet est plus proche
du rêve que du sourire de
votre banquier.
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