Une
moto comme la K
1200 S qui fourmille de tant
d'innovations, ce serait dommage
de la laisser toute seule. En bavière,
la matière grise s'agite
et on ne s'arrete pas quand on est
bien lancé. D'où cette
idée simple et maintes fois
utilisée pour développer
un roadster méchant : on
prend une sportive, on la déshabille,
on lui refait un peu la face...
et voici une K 1200 R, qui ne passe
pas inaperçu.
Annoncé par l'usine comme
un engin très performant,
ce roadster à gueule de robot
présentent toutes les qualités
positives, la sécurité
de conduite et les éléments
techniques de la K
1200 S. La transmission et la
partie cycle ont été
reprises, avec quelques adaptations
de détail. En dynamique,
la K 1200 R dépasserait le
niveau déjà élevé
la S.
La fourche BMW Duolever est légèrement
moins inclinée et le déport
est un peu plus court, ce qui promet
une amélioration de la maniabilité,
déjà excellente.
Sur le moteur, seul le cheminement
de l'air a été modifié.
La puissance maximale n'est abaissé
que de 4 ch par rapport à
la K 1200
S, ce qui donne un muscle impressionnant
de 163 ch - Avec ça, la K
1200 R est tout simplement le plus
puissant roadster de la production.
La courbe du couple est à
peu près identique sur de
larges plages avec une valeur maximale
similaire. L'étagement des
vitesses est également identique,
seule la démultiplication
à la roue arrière
est un peu plus courte.
Les dimensions de la carrosserie
au niveau du réservoir et
de l'arrière sont nouvelles,
de même que le double phare
avant à l'aspect marquant,
traité en chrome mat. Seule
une petite bulle recouvre la partie
avant au-dessus du phare. En dépit
de ses dimensions réduites,
elle est censée offrir au
pilote une protection étonnante
contre le vent. Ce qui étonne
surtout, c'est cette tronche de
R2-D2. Ça choque ? Tant mieux
!
La selle, de forme identique à
celle de la K
1200 S, est un peu plus étroite
dans sa partie avant. Le pontet
du guidon a été retravaillé,
si bien que le pilote se tient plus
droit. Un coup d'oeil jeté
sur le combiné permet de
reconnaître d'autres différences
par rapport à la sportive : un agencement différent
du tachymètre et du compte-tours
(repris de la R
1200 GS), de même que
des chiffres noirs sur fond blanc
d'un nouveau graphisme.
BM n'oublie pas ceux qui aiment
voyager. La K 1200 R pourra être
équipé de différents
kits de bagagerie, allant de la
sacoche de réservoir à
la panoplie de grand baroudeur.
Dans une optique beaucoup plus "méchante",
l'usine a annoncé la création
d'une coupe, la "Power Cup",
spécialement dédié
à ce roadster. Elle reprendra
le flambeau de la "Boxer Cup"
et, comme elle, assurera le prélude
de grandes manifestations sportives.
Le 1150
Rockster était déjà
un précurseur. La K 1200
R hausse le ton. Décidément,
chez BM, il n'y a plus qu'un seul mot d'ordre : "OSONS
!"
Essai :
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J'ai
lu un jour dans une revue auto (ben
quoi !?!) l'essai d'une Audi RS6
; le journaliste écrivait
que le moteur était tellement
disponible et puissant qu'on pouvait
enclencher directement la 6ème
le matin et roulait ainsi toute
la journée sans changer de
rapport, avec le même souffle
à la fois fort et inépuisable.
Avec le moteur de la K 1200 R, c'est
pareil. Il a tellement de coffre
qu'il rend l'usage de la boite presque
obsolète. Mais comme on est
sur une moto et que c'est avant
tout un plaisir, on se plait à
jouer de la boite pour profiter
d'accélérations canons.
Dans l'ensemble, les trépidations
de la mécanique n'ont pas
de résonances inopportunes,
bien que le bouilleur vibre quelque
peu entre 7 et 8 000 trs mais point
en dehors de cette plage de régime.
La position de conduite de ce roadster
s'avère légèrement
plus confortable que sur la cousine
S du fait d'un buste un peu
plus relevé, et orientée
vers plus d'aise en conduite musclée.
A ce jeu ou en balade de plaisance,
la BMW n'exige pas de bras d'acier.
Sa géométrie re-calibrée
lui confère une vivacité
et une facilité de conduite
excellente. Cela n'a point entaché
la stabilité de la K qui
demeure impériale.
Plus
audacieuse que la K
1200 S qui l'a (de peu) précédée,
la R récupère toutes
ses qualités tout en proposant
plus de style et un accès
dans le clan des gros roadsters
fougueux. Son style singulier peu
déranger, son tarif faire
tousser (surtout avec la langoureuse
liste d'options) mais ses qualités
dynamiques ne peuvent que séduire.
Et question gueule, y a de quoi
être servi.
M.B
(Texte de l'essai inspiré par Moto-Journal
- photos constructeur) |