Encore
plus méchant ! Voici la philosophie
du nouveau Speed Triple. Sa sulfureuse
réputation va encore prendre
du galon grâce à cette
mouture 2 005. Une version qui devient
presque sauvage mais toujours irrésistible
; et tellement Triumph. La Triple est un modèle très
important pour la marque anglaise.
C'est à la fois audacieux
et stratégique que de la
re-modeler... Alors, à Hinckley,
on n'a pas fait dans la dentelle.
Avec ses deux phares ronds et sa
silhouette inimitable, ce méchant
roadster se reconnaît d'un
furtif regard. Ce dernier va très
vite s'attarder sur le nouvel arrière
do roadster, très ramassé,
tronqué même, dans
un style Buell ô combien agressif. Son nouveau
cul est protégé par
2 échappements qui n'ont
pas l'air de rigoler. Pour le look,
une peinture noire sur le cadre
et le monobras oscillant qui accueille
une nouvelle jante à 5 double
branches résolument superbe.
A l'avant, tout inspire le respect.
Outre son regard diabolique, la
Speed montre avec fierté
sa grosse fourche inversée
terminée par étriers
de frein radiaux. Du costaud pour
encaisser la fougue de l'anglaise.
Le fameux 3 cylindres de l'usine
a beaucoup fait parler de lui (surtout
en bien) et il va encore faire parler
le poudre. le bloc gonfle de 955
à 1 050 cm3 par augmentation
de la course. Un bénéfice
de cylindrée qui fait grimper
la puissance à 130 ch (+
10) avec une dose de couple supplémentaire
obtenue 300 tr/mn plus tôt.
Plus de watts dans les mi-régimes
et un caractère encore plus
expressif, le nouveau Speed triple
va en régaler plus d'un.
La Triumph ne saurait affronter
le futur sans quelques petits aménagements
tels une nouvelle boite de vitesses,
un nouvel embrayage, une monte pneumatique
de 180 en lieu et place du 190 (ce
qui améliora la maniabilité),
un nouveau tableau de bord.... De
toute beauté, cet élément
est un véritable petit bijou
esthétique. il affiche une
batterie d'infos avec en bonus un
indicateur de rapport engagé.
Un nouveau combat s'annonce dans
la rue entre l'Angleterre et l'Italie
: Speed Triple
contre 1
130 TnT et S4R.
Les voyous sont lâchés.
| |
Galerie d'images |
|
|
|
|
| | |
|
| | |
|
Ca
gronde, ça grogne, ça
s'exprime... Et ce dès les
bas régimes. Plus besoin
d'attendre le milieu du compte-tours
comme avec le 955 pour avoir l'envoûtante mélodie
du 3 cylindres britton. Une mise
en demeure qui colle parfaitement
à la fougue ténébreuse
du nouveau 1 050 cm3. S'il propulse
également la nouvelle
Sprint ST, ses envolées
joyeuses sont bien plus expressives
dans l'écrin du Speed Triple.
D'une souplesse exemplaire, le bouilleur
tend le muscle dès les bas
régimes. Gonflé, doté
de pièces allégées
et d'une injection plus performante,
il n'attend que l'ordre de la main
pour libérer de la grosse
patate. Quel coffre ! L'aiguille
dans le compte-tours prend immédiatement
un coup de sang tandis que la Speed
se jette en avant comme un fauve
sur une proie. Il s'exprime toujours
avec son "velouté"
caractéristique, mais avec
de sacrées épices
dans le potage. Impressionnant sur
les 2 premiers tiers de la plage
d'utilisation, le moulin parait
plus policé mais toujours
aussi puissant, jusqu'à que
le rupteur intervienne. Plus vif,
plus généreux, plus
"Bbbrrroouuhhaaahhhhppp",
le 3 pattes est un vrai gros régal.
Avec cette nouvelle fougue qui habite
la cavalerie, on est droit d'attendre
un comportement routier qui soit
à la mesure. Et là,
l'Angleterre a encore fait fort.
Fidèle au cadre de la Daytona et guidé par un train avant
précis et plein de rigueur,
la Speed Triple gagne en agilité,
en partie grâce au pneu arrière
plus étroit. Le châssis
encaisse tout, rien ne bouge, les
suspensions font un boulot impeccable.
Le confort s'est quelque peu dissous
depuis la 955 et pourtant, on y gagne au change,
surtout au point de vue efficacité.
La seule ombre au tableau de ce
roadster bourré de caractère
vient du freinage, pas assez incisif...
Ou tout du moins pas autant que
ne le suggère l'agressivité
de la machine et son impressionnante
fourche avec des étriers
radiaux. Ne vous inquiétez
pas, la puissance est bien là
; c'est juste pas assez méchant.
A son guidon, c'est la voie ouverte
à l'arsouille, aux sensations
musclées, à la bête
qui est en elle (ou en vous ?!?).
Evidemment, coté pratique,
c'est pas ça : protection
nulle, pas de rangements, exclusivité
de la machine et duo ultra limité.
Eh ! Pourquoi pas des valises et
un auto radio tant qu'on y est...
La Speed, c'est une gueule et des
watts !
M.B
(Texte de l'essai inspiré par Moto-Journal
- photos constructeur) |