La
mode sera aux sportives... d'antan.
Triumph a ouvert la voie avec la Thruxton,
Voxan s'y engouffre avec la Black
Magic. L'avantage d'être un petit
constructeur, c'est qu'on peut innover,
surprendre, bousculer, voire choquer.
C'est gagné avec ce nouveau café-racer.
Une plastique copiant crescendo
les anglaises des sixties. C'est
clair,il
y a tout ce qui faut pour se faire
remarquer : des guidons bracelets
favorisant une gueule style Norton,
une selle autoritaire et égoïste,
des pots minimalistes et singuliers,
un réservoir très typé, et un moteur
bien mis en évidence, seulement
caché par les tubulures d'échappement.
Hormis les attributs précédemment
cités, les composants de la Black
Magic sont repris du Café
Racer et du Roadster. L'empattement est légèrement allongé
et l'angle de chasse un peu plus
ouvert, histoire d'améliorer la
stabilité. Aucune crainte donc pour
la tenue de route. Quant à la mécanique,
le twin Voxan a fait ses preuves
: puissant, il distille un charme
particulier et un caractère bien
trempé. La partie-cycle, sans reproche,
permettra de s'amuser sans arrière
pensée, de se la jouer frime, ou
tenter l'arsouille à la mode TT
de la grande époque.
Quand
le passé et le présent se mélange, cela
donne des engins comme cette Black Magic.
Une moto des années 60 avec la technologie
de l'an 2000. Café-racer anglais dans
l'âme, sportive naked dans son contenu.
Une invitation au plaisir de rouler
modelée par l'inox et l'aluminium. La
part belle est faite aux nobles matériaux
et il est impossible d'imaginer cette
machine parée autrement. Du coup, on
peut faire la grimace face au tableau
de bord habillé de plastique. Une belle
pièce d'alu siérait mieux à cette machine.
La Black se rattrape sur toutes les
autres parties de son corps. Elle s'offre
quasiment nue, sans artifice, semblant
à peine sortie de l'atelier du sculpteur
sans avoir été souillée par l'industrie.
En témoignent les soudures apparentes
sur le réservoir ou les platines repose-pieds
taillées dans la masse par un orfèvre.
Un coté brut qui tranche singulièrement
avec les réalisations japonaises habituelles.
Où les nippones cachent leurs entrailles
à grands renforts de carénage et de
plastique, la sportivo-café-racer auvergnate ne
prend pas la peine de s'habiller - la
célèbre mode à la française -
Pour ne rien gâcher, le ramage vaut
le plumage. Le très bon twin d'Issoire
est toujours aussi disponible, puissant
et agréable avec en bonus une surprenante
patate une fois passé les 6 000 trs.
Le cousin
Café Racer est peut être un poil
plus rempli à mi-régime mais n'a pas
la même gniak en haut. La boîte répond
de manière exemplaire - un véritable
régal à utiliser.
Avec une telle pêche, la Magic bondit
de virage en virage avec une exacte
mesure. A la fois amusante, facile,
efficace, rigoureuse et vive, la moto
est un jouet qui se pilote avec aisance
et jouissance. Du coup, un seul mot
semble s'inscrire sur la trajectoire
: Attaquer ! On peut y aller fort, la
machine ne bronche pas. Aucun guidonnage
à signaler, la stabilité est dans chaque
tours de roues. Le freinage est au diapason
de la machine : le senti est excellent
et permet de doser la puissance toute
en finesse. De quoi planter un freinage
de trappeur avant de repartir de plus
belle à l'attaque.
Plus qu'une sportive à l'ancienne, Voxan
a créé une sculpture qui vous en met
plein la tronche. Choc visuel, plaisir
du pilotage, moustiques dans les dents...
Mais vous êtes encore en train de lire
? Qu'est-ce que vous attendez pour vous
brancher sur le concept café-racer
?
M.B
(texte de l'essai inspiré par l'article de M. Levivier - Moto-journal
n° 1 630
photos constructeur) |