Bon,
on dira ce qu'on voudra, mais la nouvelle
Fazer est très très classe
! Chez Yam, les ingénieurs ont
sacrément bien bossé et
nous présente une toute nouvelle
moto. Admirez le nouveau cadre en alu,
le tête de fourche imprégné
de R1, le réservoir
ventru et stylisé, les échappements
sous la selle... et le moteur qui n'est
autre que celui de la nouvelle R6 mais bénéficiant de quelques
spécificités : grâce
à de nouveaux procédés
de fabrication, ce bloc se passe de chemises,
améliorant ainsi les échanges
thermiques. Par rapport à la R6,
les arbres à cames et les conduits
d'admission diffèrent, dans le
but d'apporter plus de puissance et de
souplesse dans les bas et mi-régimes.
La Fazer gagne l'injection, désormais
indispensables pour satisfaire aux normes
de pollution. Le cadre bénéficie
aussi des dernières innovations
Yam : reprenant le procédé
de coulage sous pression, le cadre est
à la fois rigide, de toute beauté,
sans soudures, et les ingénieurs
ont pu lui donner une forme sculptée
se
révélant un atout maître
dans la ligne très travaillée
de la moto. Le châssis se bonifie également.
Le repositionnement du moteur a permis
d'allonger le bras oscillant qui grandit
de 70 mm. L'angle de chasse a été
réduit à 25° et la chasse
portée à 97,5 mm. Tout ça
dans le but d'offrir une machine plus
efficace, plus facile, plus maniable mais
toujours aussi polyvalente. En plus de
l'accroissement du bras oscillant, le
pneu arrière prend de l'embonpoint
- à présent, c'est un 180.
Yamaha annonce une motricité améliorée
de 10%. Le nouvel échappement est
catalysée mais surtout, il se place
sous la selle, allégeant la ligne
et manifestement, ça en jette un max ! La contenance
du coffre va peut être moins apprécier.
Qu'en pensez-vous de sa nouvelle tête
? Agressive à souhait, très
proche de la R1,
elle semble plus efficace que l'ancienne,
gage d'une protection pour le long cours...
que le réservoir abrégera
car il perd 3 litres dans la mutation.
Espérons que l'injection fera généreusement
chuter la consommation pour compenser.
Sur la nouvelle Fazer, tout change, tout,
même le tableau de bord qui est
à présent entièrement
digital (adieu la petite aiguille qui
montait à l'assaut de la zone rouge)
- et frère jumeau de celui de la Kawasaki
ZX-6RR. Pas tout à fait car
il semble de meilleure qualité,
un peu plus classe, mais la ressemblance
est trop frappante. Pour les amateurs
(j'en fais partie), il s'adapterait tout
à fait dans un vaisseau de la guerre
des étoiles... Vous en voulez encore
? La nouvelle fourche est dérivée
de celle de la 1000
Fazer, on gagne un antivol électronique
intégré à la clé,
nouvelles jantes type R6,
et nouveau freinage. Ce sont toujours
des disques de 298 mm mais les étriers
ne sont plus ceux de la R1.
Dans sa refonte, la belle s'allège
de 7 kgs. Tout est désormais réuni
pour que la 600 Fazer soit LE gros carton
de la rentrée; plus meilleure partout,
jolie, et doublée d'une version Naked qui n'a pas grand-chose à envier
à sa soeur (ou serait-ce l'inverse
?).
Essai :
Belle, et plus
que ça. Le département
design de chez Yam tourne à plein
régime et la FZ6 en profite allégrement.
Le nouveau tête de fourche est
superbe, avec un regard de R1 à
peine assagi, des courbes acérées
qui tranche avec le dessin remarquable
du nouveau cadre alu. Le réservoir
est plus proche de l'oeuvre d'un sculpture
que d’une C.A.O. Ses formes travaillés
sont du plus bel effet, mais pas idéal
pour poser le casque dessus ; Gamelle
du Shoeï évité de
justesse. La mode est aux pots sous
la selle, l'arrière de la Fazer
est superbe. Une double sortie très
classe, agressive, et qui doit bouffer
tout l'espace de rangement sous la selle.
Eh bien non : un petit espace est sauvegardé sous les fesses du pilote pour caser
un U, une trousse à outils et
une brosse à dents. Bon, on roule
?
Mise en route. Une petite diode clignote
en bas de l'affichage digital du compte-tours
pour signaler que le moteur est froid.
J'en profite pour tester les fonctions
de l'ensemble entièrement digital.
Le bloc est joli, fonctionnel, bourré
d'infos, mais j'émets des réserves
sur la lisibilité du régime
moteur.
Pour prendre la route de Chamrousse,
faut d'abord se taper un boulevard blindé
de feux rouges et de caisseux. Un jeu
pour la Fazer. La position de conduite
est des plus relax : assis droit, bien
calé sur une selle ferme, les
jambes un poil repliées mais
sans excès, on serre la machine,
surpris par l'extrême finesse
à l'échancrure du réservoir.
Virevolter entre les voitures honore
la souplesse du moteur et la vivacité
de la direction. Les rétros affichent
les 3/4 de ce qui se passe derrière
et seulement une petite partie de vos
avant-bras. Tant mieux, car d'habitude,
c'est l'inverse... Ils passent largement
au-dessus de ceux des voitures mais
sont exactement à la hauteur
des Kangoo - méfiez vous quand
vous passerez à coté des
utilitaires. Au feu rouge, la hauteur
de selle est proche de l'idéal
: on pose sans problèmes les
pieds par terre. Vert ! Sans nécessairement
faire hurler le moteur, un filet de
gaz généreux est nécessaire
pour faire décoller la machine
; enfin, surtout pour l'empêcher
de hoqueter après quelques mètres
- le moulin de la R6 a gardé
son petit caractère. La route
se dégage, les courbes s'allongent,
l'adrénaline se distille dans
les veines... Le bouilleur s'impatiente.
Sa sonorité évolue dans
les mélodies. A bas-régimes,
ses vocalises s'expriment dans un son
caverneux agréable. Le régime
monte, quelques vibrations s'installent
mais sans déranger véritablement,
ça commence à pousser
tranquillement vers 4 000 trs, le moteur
miaule vers 6 000... A 8 000 trs, les
watts fougueux transforment la route
en terrain de jeu pour pilote. Ca envoie
sérieux jusqu’à
la zone rouge, dans un hurlement qui
vous rappelle que vous avez le moulin
d'une pistarde entre les jambes. En
conduite sport, il manque 1 000 trs
d'allonge, mais à ce compte là,
vous êtes en droit de vous demander
s'il ne faudrait pas vous orienter vers
la cousine R6.
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Légère
et ultra-agile, la machine se pilote
d'une main, se place du regard, sans
effort. Les suspensions absorbent les
petits chocs sans broncher, ménagent
les vertèbres en assurant une
tenue de route sans faille. Le manque
de couple et la puissance haut perchée
permettent de mettre la poignée
dans le coin sans retenue à la
sortie de l'épingle. Les jeunes
arsouilleurs apprécieront. La
Fazer a perdu les étriers de
la R6 dans sa mutation. Les nouveaux
remplissent leur tache avec entrain.
Puissance et mordant sont efficaces
à souhait, sans l'agressivité,
parfois déroutante pour les néophytes,
des pinces de la sportive. Désolé,
mais j'arrive pas à me faire
à ce compte-tours digital. Il
est lisible mais beaucoup moins qu'une
bonne vieille aiguille. Pas grave, l'oreille
renseigne beaucoup mieux et plus vite
sur le régime. Les boutons de
sélection sont physiques à
actionner, faut appuyer franchement
!
L'assaut du col sera calmé par
la route humide et recouverte de feuilles
piégeuses. Demi-tour... dans
un mouchoir de poche ! C'est impressionnant
comme ça braque ! On pourrait
presque rebrousser chemin sans manoeuvre
dans un sentier. Retour au bercail
; boulevard, bagnoles, et cette agilité,
j'adore. Arrivée chez Yam. Tentative
pour chopper la béquille, re-tentative...
Moyennement pratique - manque un petit
ergot pour l'attraper du premier coup.
OK, je chipote.
La Fazer 2004 ? La même, en mieux
et en plus belle. Toujours aussi polyvalente,
prête à jouer partout et
se jouer de tout. Tout de suite à
l'aise, le pilote bénéficie
d'une machine facile, rigoureuse, qui
a tout pour rester au top des ventes.
Mais attention, la filiation de la série
R est bien présente : si elle
conserve l'esprit et l'homogénéité
"Fazer", elle est devenue
un peu plus sport qu'avant.
M.B - photos constructeur |