Le
principe originel d'une moto est
de procurer du plaisir à
tout être un brin passionné
qui prend son guidon. C'est vrai
pour la plupart des machines - cela
l'est beaucoup plus et va certainement
plus loin lorsque l'on s'intéresse
à la nouvelle FZR 750 R.
Cette Yamaha n'est pas qu'une sportive
; c'est surtout la prestigieuse
vitrine du constructeur qui n'a
pas hésité à
l'investir du meilleur de sa technologie
pour en faire une moto de Superbike
à peine déguisée
en moto de route. D'ailleurs, son
petit nom - OW 01 - ne laisse aucun
doute sur sa vocation, OW étant
l'appellation des machines de course
usine.
Si
le nom et la forme de la FZR-R sont
très proches en apparence
de la FZR standard, l'OW 01 n'a
vraiment rien à voir avec
la version lambda. Cela commence
par un moteur complètement
nouveau, toujours fidèle
à la technologie Genesis
(5 soupapes par cylindre). L'adoption de
cotes hyper-carrées a permis
d'installer de plus grosses soupapes,
de créer un moteur moins
haut et qui prend plus de tours.
Bielles en titane, vilebrequin plus
léger et pistons à
2 segments réduisent l'inertie
de ce moteur qui peut prendre 13
000 tr/mn de régime maxi
- ça cause ! Les deux prises
d'air sur le haut du carénage
alimentent en air plus frais une
rampe de 4 carburateurs de 38 mm
à boisseaux plats. Une des
plus intéressantes particularités de cette mécanique est qu'elle
est équipée du nouveau
système EXUP qui arrive pour
la première fois en France.
Un système électronique
analyse la pression des gaz à
l'échappement et commande
une valve installée dans
la chambre de tranquillisation.
Celle-ci, en libérant plus
ou moins les gaz, régule
le flux et permet d'augmenter le
couple à bas et mi régimes.
Un système particulièrement
efficace. En configuration standard,
le moulin sort 120 ch. Le montage
des pièces du kit racing
vous permet quasiment de vous aligner
en compétition car la puissance
atteint alors les 135 ch. Carrément
hallucinant pour un 3/4 de litre
!
L'écrin
qui abrite ce moteur est également
un petit bijou. Le châssis
s'inspire et profite directement
de l'expérience acquise avec
l'YZF 750 d'endurance. Le cadre
Deltabox, tout nouveau lui aussi,
est constitué de 2 maousses
longerons en aluminium reliés
à des pièces de fonderie.
Cette structure s'est débarrassée
des berceaux inférieurs que
l'on trouvait sur la FZR 750 et
l'une de ses particularités
est que le moteur participe à
la rigidité de l'ensemble.
La belle et forte pièce d'alu
qu'est le bras oscillant est contrôlée
par un mono-amortisseur Öhlins
réglable dans tous les sens
et sur une foule de positions. Il
est même possible de modifier
l'assiette de la moto sans toucher
aux réglages car l’on
peut jouer sur la fixation supérieure
de l'amortisseur. Vous pouvez même
intervenir sur l'empattement, du
fait que la roue arrière
peut se fixer à plusieurs
endroits sur le bras oscillant.
Ajoutez à cela une grosse
fourche de 43 mm que l'on peut régler
de partout, des disques flottant
de 320 mm calmés par des
étriers à 4 pistons,
des jantes de 17" équipées
de pneus en 120 et 170, une plastique
plus que belle... et arrêtez
de baver comme ça ! Montez
plutôt dessus.
Si
la position de conduite est bien
sur l'avant (ce qui est de mise
sur ce type de machines), cela n'est
pas aussi prononcé que sur
une Honda RC 30, sa concurrente
directe. Le pilote est bien calé,
juste ce qu'il faut pour sentir
le train avant et prêt à
réagir au potentiel de la
bête. Dès le début,
la Yam est étonnante de sociabilité.
Le moteur répond très
bien, les commandes sont douces,
la moto évidente - la dame
sait se tenir.
Mais on ne va pas demander à
cette sprinteuse de faire de la
bronzette. Il n'est que temps de
faire parler la poudre. Taïaut
! On libère les bourrins
qui vont se faire une joie d'entretenir
le rêve que le châssis
ne fera que sublimer. Souple en
bas, il affiche une belle santé
à mi régime que l'on
doit sûrement au système
EXUP. Une fois le cap des 8 000
trs franchi, la horde se déchaîne
et cavale vaillamment à l'assaut des 13 000 trs. Les montées
en régime sont dignes d'un
2 temps sportif tellement l'inertie
est faible. Ca envoie du gros, ça
file vite - une vraie fusée.
Irréprochable de comportement,
la FZR-R est superbe de stabilité
dans toutes les conditions. Elle
se place toute seule dans les virages,
les avale sans jamais se rebeller,
négocie les grandes courbes
à haute vitesse sans bouger
et file à plus de 2XX km/h
sans sourciller. Le train avant
est incroyablement précis
et l'amortissement d'une qualité
très élevé,
a lavant comme à l'arrière.
Il en résulte un confort
certain et une rigueur de haut rang.
Bien
sûr, quand on a affaire à
une telle machine, il y a forcément
un endroit où ça coince
: c'est qu'on on passe à
la caisse. Presque 120 000 balles
pour posséder le jouet. Outch
! Surtout que la production sera
limitée ; y en aura pas pour
tout le monde. Bon, c'est clair
que ce n’est pas donné.
Mais si l'on considère qu'il
s'agit là d'une des motos
les plus excellentes qui soit, réunissant
le meilleur de Yamaha, très
proche du rêve et diablement
envoûtante, le prix n'a plus
vraiment de signification.
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M.B
(inspiré par Moto-journal
photos
internet et constructeur) |
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