Jeudi
13 h 30 ! Le soleil brille sur la région
depuis un mois et on ne se balade toujours
pas en T-shirt ( à cause de ce
foutu vent ), mais en blouson et casque.
Mollo car nos amis les "schtroumpfs"
veillent avec leurs jumelles magiques.
Pour rester dans le ton des mesures
de notre bien-aimé ministre,
saluons l'arrivée imminente du
printemps par la provocatrice 1300 GSX-R
- l'Hayabusa, la machine de superlatifs
que l'on ne présente plus. La
première qui a fait tomber le
mur des 300 km/h ! Celle-ci a retrouvé
de la voix par l'adoption de deux échappements
Micron qui rajoutent une poignée
de canassons aux 175 qui grognent déja
dans le moulin.
Même à l'arret, la bête
impressionne : provocatrice, bestiale,
des lignes qui ont choqué et
qui ne la font ressembler à aucune
autre, un faciès hors du temps...
truc de dingue ? Surement... un truc
pour moi alors. On va voir. Installation
: pas de suprise - assis sur une selle
pas trop ferme, les jambes repliés
mais sans excés, le buste penché
en avant, la position est sport dans
l'esprit taillé de la vitesse
mais pas autant inconfortable que ne
le suggère le bestiau. On est
très loin de la position ramassée
d'une hypersport. Le tableau de bord
regorge de bons vieux cadrans analogiques
qui disparaitront certainement à
la prochaine génération.
Ceux-ci sont toujours parfaitement informatifs
mais font seulement un peu vieillot.
Engine - Start ! BBBBbbbrrrraaaooouuuu...
Le gros 4-pattes a de la voix, on sent
que y a du monde là-bas dedans.
Premiers tours de roues et enchantement.
La mécanique est souple, tout
comme les commandes qui mettent tout
de suite à l'aise. Embrayage,
poignée de gaz, frein, boite
; tout inspire la volupté...
quel piège. Emmené dans
la ville, l'engin n'est pas à
son aise mais se laisse balader sans
broncher... on se rend vite compte qu'il
faut sortir de là ! Sitôt
dit, sitôt fait. Une fois sur
la route, le 'faucon" se dévoile
: horizon dégagé : vvvvooouuuuRRRRRRRBBBBBBBRRRROOAAAOOOUUUGGGG
!!!!!!! Ouhla, ça pousse ! 2
eme palier : 5000 - 8000, là,
ça commence à etre dangereux.
Le propulseur enrage et l'on se rend
compte que le gentil gros matou a pété
une durite et est devenu un félin
sauvage. Beaucoup plus démonstratif
que le bloc le la CBR
XX, il se montre méchant
et devient démoniaque au 3eme
palier : 8 - 11 000 : c'est de la folie
furieuse. Le félin est devenu
monstre et vos tripes demandent de l'aide.
Bien calé sur l'engin, il faut
etre sacrément allumé
pour pousser une telle furie dans ses
retranchements. 190 en seconde, croyez
moi, ça calme !
Je ferais toujours la même critique
chez Suzuki : le freinage. OK, il est
puissant, mais manque singulièrement
de mordant ( heuresement, on dirait
que ça change en 2003 ). Et toujours
la même joie de manipuler la boîte
: toujours un régal chez Suz
: du vrai beurre.
En lisant les chiffres - 220 kgs à
sec, 175 ch - on pouvait s'attendre
à un engin physique à
balancer dans les virolos... que nenni
! Elle n'a bien sûr pas l'agilité
d'une R6,
mais elle s'engage avec facilité
dans le virage et se balance avec légèreté
d'un virolo à l'autre, le poids
disparaissant grâce à une
merveille de châssis et un couple
phénoménal. Mis à
part en ville où chaque raccord
et plaque d'egout se manifeste à
vos avant-bras, les suspensions se font
totalement oublier et vous laissent
libre de concentration sur le ruban
d'asphalte, la machine réagissant
avec sérénité.
Mais attention, avec un empattement
de camion citerne, un motard qui se
debrouille vous deboitera dans les virages
d'une petite route de montagne. Allez,
peurez pas : vous le mangerez en moins
de 2 dans la ligne droite... jusqu'au
prochain virolo !
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