Le parfait accord
Sous ses allures de sage sportive, la VFR ne se contente pas d'être une très bonne machine ; c'est aussi un succès commercial complet. Rien d'étonnant au vu de ses qualités routières et de ses performances. Audacieux de la part de Honda de revoir complètement un modèle si réputé. Majestueux, le millésime 90 cache sous sa ligne finement re-modelée une moto complètement nouvelle. Les points communs entre l'ancienne et la nouvelle VFR ? L'architecture moteur et la philosophie. Dans ses grandes lignes, le dessin de la moto est une continuité mais les lignes sont plus tendues, l'aspect à la fois plus sport et plus élégant (Madame VFR ?), l'allure générale plus moderne et aguichante. La VFR des années 90 est une belle moto, dynamique sans exagérer dans le sport telles les GSX-R et ZXR. A la recherche du juste compromis, la Honda s'affirme comme une machine très valorisante. Impossible de ne pas craquer devant son tout nouveau bras oscillant. Monobras devrais-je dire, car la roue arrière, au dessin copié sur celui de la RC 30, est soutenue par une superbe pièce d'aluminium étroitement dérivée de celle de l'hypersportive citée précédemment. Honda est fier de sa superbike, et la VFR profite de cette aura en récupérant des gênes de RC 30. Outre le monobras oscillant et les roues, le V4 profite également du transfert technologique. Mais attendez, ne dévorez pas ce moulin tout de suite. Attardez vous sur l'habillage de la bécane. Il était facile de voir le nouvel optique de phare et les clignotants remarquablement bien intégrés. On s'en fout un petit peu de toutes les données techniques quand on enfourche la machine. Instinctivement, on sent que c'est une bonne affaire. Ca respire la qualité et le sérieux. De l'excellente peinture en passant par le tableau de bord complet et distingué, la Honda flatte le proprio avant de séduire par ses cotés pratiques. Béquille centrale, commodos au top de l'ergonomie, échappement monté sur pivot pour faciliter le démontage de la roue arrière, poignées de maintien passager très bien conçues, et robinet d'essence fixé sur le retour gauche du carénage. S'il est facilement accessible, c'est ennuyeux que son maniement soit aussi dur. Certains regretteront l'ancien incrusté dans le réservoir. On est tant admiratif devant la finition que l'on en oublierai presque de démarrer. Et qu'est-ce qu'y dit le nouveau V4 ? BBRrroollloouuurrrooouurrpppp ! Là, il faudrait un enregistrement. Impossible d'imiter le bruit caractéristique du 4 cylindres en V. Son chant est exactement à mi-chemin de celui des 4 pattes et du twin. Tripant ! Evoluant de concert avec la moto, il n'a gardé que peu de pièces de l'ancien bouilleur. Lui aussi inspiré par la RC 30, il se distingue de la production générale par sa distribution à cascade de pignons. Désormais, les arbres à cames attaquent directement des poussoirs et non plus des linguets pour actionner les soupapes. Les conduits d'admission en profitent pour se relever, d'où un meilleur remplissage, et les réglages de distribution passent de 12 000 à 36 000 Kms. Si la VFR a le confort correct et doté de la fermeté de série, celui-ci est bien meilleur que sur la génération précédente. Le passager ne se plaindra pas de sa position, plutôt bien étudiée et dans l'ensemble agréable. Sur les grands axes, cette sport-GT ne vous offre les parcours rapides qu'avec une certaine limite : la protection est juste. Rien à dire aux vitesses autoroutières légales, c'est au delà de 160 km/h que ça se corse. Ca commence à siffler dans les esgourdes alors que les autres parties du corps sont plutôt bien protégées - s'il pleut, c'est une autre histoire -. Quelle que soit la vitesse ou l'angle pris, la machine reste superbement stable. Où que ce soit, le comportement routier de la moto ne déçoit jamais. Même là, la moto s'est bien améliorée. Le bilan de cette nouvelle VFR 750 "Carat" ? Superbe. Elle s'est bonifiée voire plus sur tous les plans. D'une polyvalence rare, se plaisant à tous les usages, impériale dans sa conduite, elle ne souffre que de 2 choses : une conduite sportive plus exigeante et un tarif devenu particulièrement costaud. Le premier point est relatif. Dans sa globalité, la VFR est franchement facile et très agréable à emmener. Si le prix fait tousser, il donne accès à un engin conçu pour vivre longtemps, à la qualité exemplaire et d'une homogénéité qui surclasse tout ce qui roule. M.B Ce qu'il faut retenir de la
Honda VFR 750 F Carat 1990
Les plus
Les moins
Performances
Celle qu'elle remplace
![]() VFR 750 F RC 24 1989 105ch -203kg
Tarifs
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