Le choc
Septembre 2002 - salon de Münich. Kawa bouscule, surprend, déconcerte... Voici la Z 1000. Choc visuel. Le nouveau roadster Kawasaki ne ressemble à aucun autre : trapu, déchiré d'angles vifs, doté d'un tête de fourche minimaliste et d'une personnalité surprenante soulignée par ses fameuses 4 flûtes d'échappement. Le Z 1000 est sans concessions : on aime ou on aime pas... mais l'oeil ne peut rester insensible. Une gueule de brute, un moteur d'hypersport sortant 144 ch, et un poids à sec annoncé de 186 kg. Bon dieu, ça va ch... Mais une fois dans la rue, le tableau a changé. Le bloc ré-alésé de la ZX-9 R n'affiche plus que 127 ch. Que s'est-il passé ? Dixit les ingénieurs nippons, les 4 jolies flûtes d'échappement mangent pas mal de puissance. Esthétiques mais pénalisantes. Ralons encore un peu. La fourche inversée est superbe mais le réglage de la compression ne se fait que sur un fourreau. Et pis y a aussi... Bon, OK, j'arrete. Contact ! Le 4 pattes ne fait pas dans l'esbroufe, castré par ses échappements plus esthétiques que mélodieux. Ca, c'est au ralenti, ça va changer dans pas longtemps. Les premiers tours de roues se font avec une décontraction totale : on se sent immédiatement à l'aise et la machine est maniable à souhait. Elle braque dans un mouchoir. Un petit bout d'autoroute sera un calvaire sans nom : la protection est inexistante, on prend tout dans la tronche, et le blouson n'est pas à la fête. Vite, on dégage et on se précipite à l'assaut de la montagne. Premiers virolos et interrogations : ils sont où les chevaux ? Non pas que le bloc ré-alésé de la ZX-9R soit anémique, mais de la part d'un 1000 cm3, on s'attend à plus de coffre. Je tombe 2 rapports que la boite passe avec précision et le moulin se dévoile plus généreusement. Poussant avec plus de franchise vers 6000 trs, il devient fougueux et puissant après les 8000 trs, avec un bruit de tonnerre. A ce régime, il gronde, pousse, s'extasie, dévoilant sa hargne : c'est bien une mécanique Kawa. Laisse tomber pour le gros muscle à tous les régimes. La Z 1000, faut la mener avec une conduite énervée, se servir sans retenue de la boite... Eh, vous n'alliez tout de même pas croire que vous conduisiez une XJR 1300. Et en plus, ça vibre sur cette moto. Le bureau design avait semble t'il la priorité sur celui du confort. Ainsi, la Z est bâti sur un cadre de type Diamond dont le moteur apporte une partie de la rigidité. Et comme le bouilleur est dépourvu de balancier d'équilibrage, il vous fait partager ses palpitations. Maintenant, vous commencez à comprendre où la Z 1000 veut en venir. Combiné à la progressivité des suspensions, on rentre assez vite dans les courbes, puis la machine s'inscrit d'un geste, presque toute seule, réagissant avant même que le cerveau ait donné l'ordre. Le moteur maintenu dans les tours, on ressort de l'épingle avec aisance, facilité, et ça repart comme une balle. Une petit mot sur les retros : discrets et efficaces (depuis le poste de pilotage), ils se font totalement oublier pendant la conduite mais un simple coup d'oeil fait ressurgir le reflet essentiel pour surveiller ses arrières. M.B - photos constructeur Ce qu'il faut retenir de la
Kawasaki Z 1000 2003
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