...En
repartant, je me suis payé la
plus belle crise de rire de tout le
week-end. Nous sommes en plein milieu
de nul part. Pas un bruit. La nuit qui
se pose doucement. Le calme est partout.
C’est alors que le TLR se met
en route avec son barouf qui s’entend
à 10 km. Dans ce déchaînement
mécanique, le paon se met à
hurler, les poules courent dans tous
les sens, le chien s’arrache un
bout de mâchoire à force
d’aboyer, la basse-cour est en
ébullition… C’est
l’apocalypse ! Le summum étant
le petit « Vous allez la fermer,
bordel ! » que le Ricardo distribua
à tue-tête aux bestioles
environnantes. J’en pouvais plus
; tordu de rire sur le VFR.
Maintenant, faut vraiment trouver où
dormir. Après
s’être renseigné
auprès de moults indigènes,
qui ne comprenaient rien et qui ne se
comprenaient même pas entre eux,
nous tentons notre chance dans une autre
propriété-auberge-gite
trouvé à la force de la
conviction. Il ne reste plus qu’un
appartement et, chance ou sympathie
de la direction, le tarif nous permet
d’envisager un dîner pour
finir la soirée avec décontraction.
11 hrs du soir. On vient juste de poser
les sacs que nos estomacs se rappellent
à notre bon souvenir. Crevés
mais affamés, on active le mouvement
et interceptons une charmante hôtesse
qui ne cessera de nous offrir sourires
et bienveillance toute la soirée
(pas la nuit, dommage…). Bien
évidemment, le menu nous est
incompréhensible et notre choix
se porte rapidement sur la sélection
de base. Je pense alors intérieurement
: » Bon, ça va être
frugal… Tant mieux : vite envoyé
et dodo ! » C’est ça,
Greg ; crois-y ! Au bout d’un
léger ¼ d’heure,
la table est recouverte de charcuterie,
d’amuse-bouches et de fromage.
Surpris, nous devisons en imaginant
que tout le repas est arrivé
d’un coup. Mais non, c’est
l’apéro. Un apéro
pour 6 personnes. On expédie
tout ça avant que les plats suivants
nous submergent. Obligé d’abréger
le diner sinon, ils nous auraient fallu
3 hrs pour en venir à bout.
Minuit et demi – On tient plus
debout – Au lit ! Le manteau de
la nuit veille sur les bécanes
pendant que Morphée s’occupe
de nos esprits.
Allez
hop ! Une douche vite expédiée,
un p’tit dèj rapidement
englouti et 10 hrs sonnent quand nous
réveillons nos fidèles
destriers. Le programme d’aujourd’hui
est
censé nous conduire autour du
lac de Garde pour ensuite tirer jusqu’à
Bologne (Je voulais voir l’usine
Ducati). Les 50 bornes pour rejoindre
Salo (nom d’une ville sur le bord
du « Lago di Garda ») ne
sont qu’une formalité.
Pneus, moteurs et poignets chauds, l’approche
du lac éveille en nous l’instinct
des virolos et des angles serrés.
Nous attaquons notre tour du lac mais
au guidon, on n’attaque rien du
tout. Entre la circulation, les virages
tordus et la route nous obligeant à
une conduite hachée peu enthousiasmante,
cette partie du parcours ne fait qu’apparaître
une pensée décidemment
contagieuse : « Faut qu’on
se barre d’ici ! ». Le tour
est divisé en 2 et c’est
à « Riva del garda »
que tout va se jouer.
A la terrasse d’un café,
la décision s’impose d’elle-même
: c’est l’heure de l’apéro.
Et croyez le si vous voulez, le barman
italien est aussi adroit pour le dosage
qu’un cheval avec des moufles.
Je commande un Ricard – on m’apporte
un verre à Perrier avec l’équivalent
de 5 doses. Au secours !
Ne partons pas sur ces souvenirs ambigus.
Le lac est joli, le paysage du même
acabit, et nous savons que le meilleur
est à venir ; car nous nous dirigeons
maintenant vers la Suisse (radical changement
de programme – Bye bye Bologne).
Effectivement, la route s’améliore
et devient de plus en plus roulante
au fur et à mesure que nous nous
approchons des Alpes. Je vous passe
l’intermède de ce col entre
Madonna di Campiglio et Sondrio où
le Ricardo n’en pouvait plus de
froid. La photo est superbement explicite.
En
arrivant sur Colico, l’heure avancée
titille notre prudence et voila que
recommence la recherche d’un endroit
digne de notre repos. L’offre
réduite et moyennement appétissante
remet en route nos bolides qui vont
ainsi débouler à grande
vitesse le long de la façade
Est du lac de Como. 41 km constitués
à 90% de tunnels. Si votre truc,
c’est les tubes abordés
à vive allure façon Ridge
Racer, y a de quoi s’en payer
une bonne tranche. Où c’est
moins rigolo, c’est que le TLR
commence à crier soif et que
Lecco (notre destination) n’est
pas encore en vue. Quand le voyant ‘réserve’
s’allume, ça craint…
Et quand il clignote, le Ricardo est
très très mal. Et v’la
ti pas que les distributeurs automatiques
refusent nos cartes bleues. Saperlipopette
! Vais-je démonter mon réservoir
en plein milieu de la ville pour abreuver
cette meule au réservoir minuscule
?...
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