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Harley-Davidson 1131 V-ROD VRSCA
 
Harley-Davidson

Essai de la Harley-Davidson 1131 V-ROD VRSCA

            L'aiguille du compteur ne dépasse pas le 110 km/h. Cruisant avec quiétude, je reste surpris de ma sérénité sur une portion de route où le 150 avec mon Blackbird me parait habituellement d'un ennui sépulcrale. Les questions et les doutes ont fait place à une certitude : le plaisir existe à rouler bucolique ; et, accrochez-vous, je suis sur une HARLEY-DAVIDSON. Simple citoyen, dont le coeur ne vibre qu'à 10 000 trs et aiguilles bloquées à droite, je découvre un nouveau monde. Retour sur un coup de théâtre..

             Un simple mail de H-D France, franchement publicitaire et je me suis pris au jeu. Coup de fil, prise de rendez-vous et me voila un mardi à 15 hrs devant un rutilant 1130 VRSCA V-ROD. On va traduire tout ça. Cette moto, c'est une révolution chez le constructeur de Milwaukee. C'est d'ailleurs le nom de ce moteur. Un V-twin (comme toutes les Harley) mais à 4 soupapes par cylindre, refroidi par eau et sortant 115 bourrins. Avec 1130 cm3, on s'attend déjà à un gros potentiel. Mais n'essayez pas de comprendre l'apellation VRSCA... Chez les ricains, les modèles arborent des monogrammes bien particuliers : FLHT, FXDXT, XL, FLHCUI... Au secours !
Le V-Rod, c'est ce qu'on appelle un power cruiser : un custom au tempérament bouillonnant. Mais avant tout en engin qui ne peut laisser insensible. Longue, basse, taillée tout en muscle, la machine s'impose, ne perd pas une occasion de flatter l'oeil - les passants ne tarissent pas de regards admiratifs. Roues pleines, moteur énorme, chromes étincelants et superbe faux réservoir en alu, c'est la classe. Même un non-amateur ne peut qu'admirer.
Passons à l'essentiel. Double-bip pour désactiver l'alarme (de série), contact sous la selle, coup de démarreur... gni gni gni... BBrraalllaapppp ! Ouhla, c'est viril ! On enjambe la bête, on descend sur la selle et, on fait gaffe. Assis au ras du sol avec 300 kgs et un guidon 2 fois plus large que ma sportive, surprise et appréhension se confondent et intiment de redoubler de prudence. Même l'assise est déroutante. bras tendus, reins calés sur une selle un poil ferme mais dans l'ensemble confortable, pieds très en avant, on a l'impression d'être dans un rocking-chair, quand il est balancé à fond en arrière. Les 500 premiers mètres seront exclusivement destinés à trouver la position des cale-pieds. Un vrai bleu !
Première. Kloncg ! Les frémissantes minutes qui suivent sont riches de rebondissements. Ennivré par l'optimisme grandissant, je découvre les fameuses vibrations Harley. Pas déplaisant, surtout avec ce bruit qui accompagne à merveille les coups de gamelle. Le moteur vit et ne fait pas semblant. Souple, il repart sans problèmes vers 2000 trs. Pourtant, l'envie existe de descendre en dessous pour sentir l'effort des pistons. Inconcevable sur une japonaise, on prend presque plaisir à le sentir cogner en bas, partageant ses râles et son labeur. Bien que l'injection soit bien présente (ça s'entend), le ralenti parait instable - ça n'en ajoute qu'au charme de la mécanique. Premier feu rouge, gag ! Le pied se pose naturellement sur le tarmac mais les pots proéminents me rappelle chaleureusement leur présence en me brûlant le mollet droit. Outch...

         "Tu me cherches ?" Soit, mais avant d'en découdre, tâchons de bien la connaître. Même les commodos me surprennent. Un pour chaque cligno, des interrupteurs maousses comme t'en vois sur les machines-outils. Du costaud. Surtout ce moteur au caractère surprenant. Je me balade depuis un quart d'heure en larvant, avec bonheur et délectation (ça, j'ai toujours pas compris comment), bercé par le gros twin. Mais là, depuis 2 grandes lignes droites, ça se traîne vraiment trop. Un coup de gaz généreux et... bbbrrroolllllaaooAAAAAOOOPPPBBBAAAPPPPPP !!!!!! Bon dieu, qu'est ce qui se passe ?!? Dans les cylindres, ça se passe comme dans Fast & Furious, au moment où tu ouvres le NOS. Le moteur prend son souffle, puis donne l'impression que tout vient d'exploser là-bas dedans. Embiellage, soupapes, arbres à cames - tu t'attends à voir tout ça te passer au-dessus de la tronche. Avant que t'ait fini de réfléchir, la moto pousse comme un dragster. Rien à voir avec la puissance d'une sportive nipponne. Non, c'est comme un énorme muscle qui produit un effort de titan. Un Hulk qui te pousse une locomotive. Quel pied !
Les rapports s'enchainent sans problème et la boite.... c'est bizarre : on dirait qu'on actionne directement les fourchettes de sélection, mais des fourchettes de 3 kgs. Ça passe, GAZ ! Les bras s'allongent, les aiguilles s'affollent, le coeur s'emballe. A 160, on est au combat. Sans la jugulaire, le casque serait parti depuis longtemps. On prend tout dans la poire et le train avant (auquel on s'accroche comme un forcené) devient léger. 180. Ça commence à guidonner. 200. On tient le guidon avec l'énergie du désespoir. Ça pousse encore tandis que la roue a presque quitté le sol. A 220, les bras tétanisent, la tête s'arrache et la moto est aussi stable qu'un scooter des mers. Je rends la main.

          Un bon coup de frein pour remettre la tête sur les cervicales et jauger de la puissance des disques. Pas mal du tout pour l'arrière et très bon pour l'avant. Une petite virée dans la montagne pour tenter d'apercevoir les écureuils s'impose. Reprenant un rythme pépère, je me rends compte à nouveau de l'aspect bienheureux de rouler sans enrouler. Tiens, y a des arbres et de l'herbe sur le bord des routes - jamais fait gaffe. Rond-point, re-gag ! En sortant du giratoire, je penche et ce qui devait arriver arriva : ça frotte... mais en l'occurence, c'est mon talon qui vient de toucher. Ça promet.
Lacets et frissons se succèdent avec la bénédiction de mon sourire. La V-rod n'a pas la vivacité d'une R6 (on s'en doute) mais elle se balance sans difficulté. Elle semble suivre les mouvements du corps. L'empattement camionesque et la garde au sol franchement juste limite les ardeurs. Ça frotte dans tous les virages et il vaut mieux ne pas être trop optimiste en rentrant dans les épingles. Heureusement, point n'est besoin d'arsouiller pour s'extasier. Le gros muscle du moulin en sortie de courbe suffit amplement. La route pour descendre est parfois cahotique. Les suspensions certes assez souples et confortables se révèlent un peu sèches sur les petites bosses.

             Bientôt la fin d'une après-midi de sensations. Un dernier petit plaisir... Une jeune fille arrive à ma hauteur en téléphonant, et (c'est très intelligent un motard ;-) un grand coup de gaz pour dire bonjour. BBRRRROOOUUULLLMMMMM ! Quel bruit ! Je présente mes excuses à la demoiselle qui a fait un bond de 3 m.
Arrivé à la concession. 5 min pour parvenir à manoeuvrer cette p... de béquille, j'ai plus de reins, plus de bras, et mes jambes sont blindées de souvenirs : les pots à droite, le filtre à air à gauche. Aucun regret... Maintenant, je vais prendre une séance de kiné.

P.S. : En remontant sur mon CBR 1100 XX, j'eus l'impression de monter sur une Ducati 900 SS...

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