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Honda CB 500

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Honda

Essai de la Honda CB 500

       2 mois après la disparition de mon feu CBR 1100, l'envie insistante... non, intenable, de remettre pied à l'étrier hante mes jours et trouble mes nuits. Quelques semaines de recherches et hop. Un coup de fil, une visite, quelques signatures... et mon garage abrite une nouvelle machine. L'heureuse élue ?

       Permettez-moi de vous présenter la tant connue Honda CB 500. En la présente, un modèle 94 dans un état de conservation remarquable, téméraire, et destiné à vivre une grande passion avec votre serviteur.
Petite, presque fluette, la moto ne surprend ni par son design, ni par ses ambitions. Simplicité, voici le maître mot de la CB. Roadster basique au style dépouillé, elle ne paye pas de mine mais semble prête à se donner entièrement. J'enfile le cuir... m'approche avec assurance...elle semble intimidée, peureuse, s'interrogeant sur cette éternelle question : "Serais-je à la hauteur ; et lui, le sera t'il ?"

        Contact ! Le twin s'ébroue sans hésiter. Et sans retenue : que ça vibre ! Non pas que ma période sur 4 cylindres m'ait occulté les sensations des moulins à 2 gamelles, mais le petit bloc manifeste sa vie par de copieuses vibrations. De surcroît, le ralenti peu stable (on dirait qu'un cylindre coupe tous les 3 secondes) n'aide pas le moulin à conserver un semblant de discrétion. Ce trait d'humeur ne me contrariera que modérément. Car la machine est tout de suite accueillante. Position de conduite naturelle, commandes sans réglages mais d'un maniement instinctif, équipement sommaire mais suffisant, avec même une jauge de température moteur et un voyant de béquille latérale. Sur ce modèle d'accès à la gamme des moyennes cylindrées Honda, on trouve même une béquille centrale ainsi qu'un coffre d'une contenance étonnante. Comme la grande majorité des modèles du constructeur ailé, cette 500 a le don de mettre tout de suite son pilote à l'aise. 5 minutes et on a l'impression de l'avoir toujours conduite. Petite balade jusqu'à Chambéry pour faire réellement connaissance. Visite chez le concessionnaire pour vérif de routine...
Parole de mécano : "Ecoute". Po po po po plaf po po plaf po,... etc - "t'as un anti-parasite de débranché." Tout s'explique. 2-3 coups de vis, une dose de savoir-faire, et voila le CB 500 calé sur un ralenti impeccable. Les vibrations se sont calmés. Et je suis sûr d'avoir retrouvé des chevaux. Merci Jacky !

         Bon, fini de rigoler. On va mettre du gaz. Mais faut d'abord sortir de l'agglomération. Pas souple pour 2 sous, le twin parallèle nécessite un minimum d'attention. Jouer avec l'embrayage, surtout ne jamais descendre sous les 2000 trs, sentir le pouls du moteur. La bécane réveille le pilote et l'oblige à s'occuper d'elle. Dynamiquement, dans le flot de la circulation, c'est une vraie ballerine. Légère, super maniable, elle se faufile partout, grille toutes les bagnoles, se conduirait presque d'une main. Magistrale. En arrivant au feu rouge, le simple disque avant offre un freinage plus que convaincant. Dosable, mordant avec douceur (un plus sous la pluie, bien que j'aurais apprécié une attaque plus franche), la puissance du frein assure et rassure. C'est d'ailleurs le pneu avant qui viendra crier grâce le premier. Une forte action prolongée provoque des petits couinements de l'avant, signe que le gommard donne tout ce qu'il peut et commence une perte d'adhérence. Un brin d'optimisme en moins et tout redevient normal.
D'un 500, je ne pouvais attendre des performances de sportive. Pour autant, ce moulin n'est pas triste du tout. Offrant une certaine poussée dans la première partie du compte-tours - plus volontaire que puissante - l'aiguille monte avec régularité jusqu'à 5 500-6 000, puis poursuit son ascension ; mais on ne sent plus l'enthousiame. On passe alors naturellement un rapport. Quelle ruse, car le twin est taquin. Insistant sur les gaz, je passe le cap des 7 000, et réveille le vrai tempérament du bouilleur. Une fois dans les tours, les watts déboulent. le bi devient plus virulent, limite rageur, tractant avec entrain et sensations. En vitesse pure, ça n'a rien d'une sportive (on s'en doute), pourtant, on s'y croit : ça vibre, ça gueule, ça agonise mais c'est vivant. En roucoulant, c'est confort et fleur bleue. En arsouille, c'est plus que sport. Une bonne ligne droite (sans les schtroumpfs) et les surprises vont encore griser le pilotage. 160, le combat commence. Le moteur crache ses poumons tandis que la direction commence à vouloir se faire la malle. A 170, ça commence à franchement guidonner... A croire que la CB demande du calme. Plus le choix, on va piloter à la "Edouard Bracame" : une main sur les gaz, une autre sur le tube de fourche. Le guidonnage disparaît et on repart à l'attaque. Je pousse le moulin dans ses derniers retranchements. On dépasse le 180. Je suis à fond, autant rassuré que si j'avais une grenade dégoupillée dans la bouche. La moto attend la fin de son calvaire pendant que la partie-cycle appréhende l'approche imminente des virolos.
Pif-paf, gauche droite. La machine obéit avec aisance et s'envoie d'un angle à l'autre de manière naturelle. A rythme élevé, une once de vivacité supplémentaire n'aurait pas été de refus ; mais ce n'est pas une R6. Respectons ses aptitudes. Dans les grandes courbes avalées à bonne allure, la moto bouge quelque peu, et franchement sur les bosses. Je mettrais ça sur le compte des suspensions, complètement avachis à l'arrière. Elles ont au moins le mérite d'offrir une souplesse d'amortissement incomparable. Un vrai canapé crevé.

         C'est clair, pour la CB 500 cup, faudra peut-etre procéder à certains ajustements. On n'en est pas encore là, d'autant que la machine me demande plus de la tendresse que de la cravacher à outrance. Instinctivement, je ne peux m'empecher d'imaginer de longues chevauchées dans un rythme détente. Par les temps qui courent, ce n'est pas le pire des choix. Moto de débutant peut être, mais pas forcément pour débuter.

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