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Tonnerre Parallèle

Triumph 1600 Thunderbird
 
Triumph

Essai de la Triumph 1600 Thunderbird

          Les ailes de l'oiseau de tonnerre se sont transformées en un massif twin parallèle qui fait de la Thunderbird de Triumph le pire cauchemard de Harley-Davidson. S'il existait une chose capable de faire tomber un géant, et dans ce cas précis Harley-Davidson, la Thunderbird en serait le fer de lance.

          Les quatres firmes japonaises, tout comme Moto Guzzi et Victory, sont entrés en guerre pour tenter de se faire une place sur le marché lucratif des cruisers. A ce jour, nul n'a vraiment réussi à entamer la monarchie de l'aigle américain. Les constructeurs japonais ont toujours souffert du manque d'héritage et de légitimité au point que Yamaha a même troqué son nom outre-atlantique pour la marque "Star" qui sonne beaucoup moins Japonais...Une mesure désesperée tant les divisions sont profondes entre l'Amérique et les constructeurs japonais. En ce qui concerne les autres, disons que Moto Guzzi n'est simplement pas assez développé aux USA et que Victory souffre d'une croissance trop lente et de n'avoir présenté aucun nouveau modèle depuis la Vision.
Cela laisse la voie libre à la firme anglaise de Hinckley, Triumph, qui de surcroît possède l'histoire et l'héritage nécessaire à sa crédibilité. Car dans le monde très "émotionnel" des cruisers, aucune chance de se faire une place sans héritage. Sans ce point essentiel, et malgré une bonne machine et un prix compétitif, il devient quasi-impossible de rivaliser avec la firme de Milwaukee. Mais au lieu de tergiverser sur la question, laissez-moi vous expliquer comment la nouvelle Thunderbird de Triumph trouve sa place dans ce paysage.

          La Thunderbird se place en concurrente frontale aux Harley-Davidson. Maintenant sur les terres du géant américain, l'anglaise compte bien se faire sa place et tout a été fait pour que la Thunderbird brille là où les autres se sont cassés les dents. Avec ses Speedmaster, America, Rocket III et Rocket III Classic, Triumph avait laissé un trou béant entre son twin parallèle de 865cm3 et son trois-cylindres de 2300cm3. La Thunderbird vient combler ce manque avec son tout nouveau twin parallèle de 1600cm3.
Cruiser dépouillé, la Thunderbird peut être comparée aux Harleys de la gamme Softail.
Dans son envie de bien faire et pour mettre toute ses chances de son coté, Triumph a également commercialisé plus de 100 accessoires qui permettent une importante personnalisation.

          Une grosse selle en cuir vieilli s'avère être mon premier point de contact avec la T'bird. Avec sa hauteur "basse" de 700mm, cette selle est instantanément confortable et permet aux repose-pieds avant de nous mettre dans une position de croisière tout aussi confortable. Mon périple débute sous le soleil barcelonais avant de rejoindre la région montagneuse de Montserrat à quelques kilomètres au nord de la capitale Catalane. Je commence la journée sur une T'bird standard équipée de l'ABS. Par le passé, j'ai déja testé le système ABS de Harley sur la gamme Touring et un détail de la Thunderbird m'a immédiatement sauté aux yeux : un vilain anneau ABS visible sur le coté gauche de la roue avant. Chez Harley, ces capteurs sont dissimulés dans la jante. Purement esthétique je sais, mais ce genre de détail compte dans ce segment de machine. Le freinage est assuré par deux disques de 310mm dont un équipé d'un étrier 4 pistons à l'avant et par un simple disque de 310mm avec étrier 2 pistons à l'arrière. L'ABS fonctionne idéalement et le mordant s'avère très bon. Et si l'on considère les 339 kilos de la Thunderbird (308kg à sec), le freinage est d'autant plus impressionnant. N'ayant roulé que sur revêtement sec je n'ai pas souvent déclenché l'ABS mais pour un cruiser lourd accumulant les "miles" j'ai trouvé un freinage puissant,facile , sécurisant, et ce, même sans ABS. Sur la T'bird, l'ABS est très efficace quand il s'agit d'empêcher le blocage accidentel de la roue arrière. A l'avant, le système de freinage couplé à la fourche Showa de 47mm fonctionne très bien mais ne vous attendez pas à un retour exceptionnel de la part du train avant. La suspension arrière est assurée par deux amortisseurs à ressort chromés Showa qui font de la T'bird un modèle de confort mais qui se sort facilement d'une conduite plus sportive.

J'ai terminé la fin de la journée sur une Thunderbird sans ABS que j'ai personnellement préfèré. En tout cas, il est clair que la Thunderbird a été étudié pour accueillir l'option ABS dès son lancement car il est difficile de l'intégrer plus tard.
Triumph a collaboré avec Metzeler pour trouver les meilleurs gommards à monter sur ses jantes alu cinq branches. En réponse, l'éléphant a concocté un jeu de pneumatiques dédiée à la Thunderbird mariant deux Marathon ME880 : 200/50-17 pour l'arrière et 120/70-19 à l'avant. Une section de 200 est plutôt standard sur le marché des cruiser et n'est pas handicapant pour la maniabilité. Et effectivement la T'bird est très maniable comme je l'ai découvert dans les épingles montagneuses. Triumph a également développé un tout nouveau cadre tubulaire avec un objectif de plus de rigidité. Une rigidité supplémentaire qui n'est pas du luxe pour emporter le surpoids des accessoires ou des passagers nourris de poulet frit...

Durant cette journée, j'ai pu tester trois configurations différentes de la T'bird : une basique, une équipée des silencieux spéciaux Triumph, et une troisième avec le kit 1700cc. Le twin parralèle de 1597cm3 de la T'bird tourne à un régime paresseux de 865tr/min. Il développe 85 chevaux à 4850tr/min et 146Nm à 2750tr/min. Avec le kit 1700cm3, ces chiffres sont portés à 97 chevaux et 156Nm. Tournez la poignée de gaz et le twin parallèle prendra immédiatement vie. Avec de grosses sensations, le couple enfle rapidement comme on peut l'attendre sur une machine de gros calibre telle que la Thunderbird.

Beaucoup de caractèristiques du twin parallèle 1600cm3 rappellent les sensations du V-twin. Je pense à l'explosivité du Triumph 865cm3 à 270 degrés refroidi par air. D'ailleurs, peu de choses dans le design laisse deviner le refroidissement liquide de la Thunderbird. Ainsi, il y a suffisamment de place à l'avant pour camoufler le radiateur peint en noir entre les deux lignes d'échappement.
Le montée de rapports se fait tout en douceur et pour tout ceux qui connaissent bien leur Triumph je peux vous dire que c'est une vrai progrès. Le sixième rapport fonctionne comme un overdrive (elle surmultiplie le rapport de transmission) mais avec un couple maximum atteint à 2750 tr/min, il est possible de rouler en sixième à très faible allure. L'injection est sublime et Triumph a travaillé dur pour aboutir à un tel résultat. Les silencieux plus appropriés pour libèrer la foudre de la Thunderbird sont des accessoires essentiels. Le nouveau son de la T'bird, bien que restant dans la légalité apporte alors ce lien supplémentaire entre l'homme et la machine.

          J'ai ensuite enfourché "l'oiseau de tonnerre" équipée du kit 1700cm3 qui réveille vraiment la bête. C'est exactement le contraste que j'aime dans ces cruisers avec leur faible régime moteur qui passe brutalement de 1000 à 3000tr/min. Ce kit spécial se compose de pistons plus large, de ressorts d'embrayage différents et d'arbres à cames revus. Le jour où j'ai roulé, Triumph a encore peaufiner l'injection. Il est aussi apparu que le ralenti était trop bas.
Outre son injection, la T'bird impressionne avec son énorme couple initial et la musique brutale de son twin parallèle. En première, la roue arrière file instantanément en laissant de longues et belles trainées noires derrière moi. La différence avec une Thunderbird standard est énorme. Pas seulement par le gain de puissance et de couple, mais aussi par la vie qui s'empare alors du moteur et le son qui s'échappe des silencieux. Faire installer ce kit est facturé 1000£ (1150€) ce qui est une broutille comparé au même type de "tuning" sur une Harley-Davidson. Une énorme cloche d'embrayage chromée est la cerise sur le gâteau pour prouver au monde que vous êtes un homme, un vrai.

          Triumph a fait le choix de la transmission par courroie dans les années 20, et déja sur la Thunderbird. A l'époque, une courroie en cuir faisait l'affaire avec, on l'imagine, la même resistance que la ceinture en cuir que je porte autour de la taille. Aujourd'hui, il s'agit des mêmes courroies utilisées sur les Harley et provenant du même fournisseur écossais.

          "Cruiser" en sixième sur l'autoroute est un régal et tous ce que vous avez à faire pour dépasser est de réveiller le gros moteur avec votre main droite. Calé sur le sixième rapport, le twin travaille doucement et calmement mais on sait que la bête sommeil en attendant le signal de la poignée de gaz. En conduite plus sportive sur des portions tortueuses, la Thunderbird impressionne et seul le manque d'adhérence vous empêche d'aller un peu plus vite. Les cales-pieds frottent dans presque tout les angles mais le chassis et les suspensions mettent facilement en confiance.
Tim Prentice est le designer de la T'bird. Il a par le passé déja travaillé sur d'autres cruisers tel que la Triumph Rocket III Tourinsg et les Honda VTX et Rune. Prentice affirme : "Je me suis inspiré des "muscle cars" des années 1960 (Ford Mustang, Shelby GT500, Chevrolet Camaro..). Je n'ai pas cherché à dessiner une voiture à 2 roues mais plutôt à adapter leurs proportions fermes et musculeuses. Nous voulions que cette machine soit facilement différenciables des autres cruisers du marché US. Les formes sont simples et conçus pour se marier avec la mécanique de la moto."

          Conclusion :

          Dans l'ensemble, Triumph a fait un travail brillant avec la réalisation de son propre cruiser. J'aime le gros twin parallèle de 1600cm3 et son intégration soignée dans le chassis. Avec les silencieux spéciaux, il produit un son vraiment grisant. Le disponibilité du couple rappelle beaucoup celle d'un gros V-Twin. Même s'il s'agit d'un conception moteur différente, il ne donne pas des sensations vraiment différentes. La présence de belles pièces chromées améliorent la finition mais on reste en deçà de la qualité des Harley-Davidson. Plutôt que d'opter pour une finition flashy du type CVO, Triumph a choisi une peinture plus classique pour son nouveau cruiser. Il ne reste plus aux futurs clients qu'à personnaliser leur engin et à ce jeu là, la T'bird est parfaite. Triumph possède l'héritage qui manque aux quatre firmes japonaises et peut se targuer de pouvoir regarder Harley-Davidson droit dans les yeux. La Thunderbird possède un potentiel énorme.

Par Tor Sagen - Tradaptation Sebastien de Malfin

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