Beaucoup de jeunes permis se demandent ce que donne une moto en version bridée, si ce n’est pas trop veau, si ils ne vont regretter le bon vieux temps où ils se faisaient des frayeurs au guidon de leur 51, alors pour répondre à leur interrogation voici l’essai d’une d’entre elle et pas des moindres : Madame Suzette appelée plus communément SV 650.
Mais commençons par la partie qui ne mute pas suite à la castration : la partie cycle.
Faisons tout d’abord un petit tour de la bête à l’arrêt :
elle a une bonne bouille à la fois rondouillarde et fine qui a bien participée à sa grande propagation dans le monde motard.
En soulevant la selle passager on y découvre un petit coffre bien pratique qui contient la trousse à outil Suzuki très complète. On peut aussi y loger une petite bouteille d’eau (ou d’huile si vous accompagné une triumph... ou tout autre objet de même gabarit, n’est-ce pas mesdemoiselles !). Un bloc disque pourra aussi y prendre place, ainsi qu’un pantalon de pluie voire même un antivol en U mais de petite taille.
En parlant de selle : posons-y notre séant ! De prime à bord ce qui surprend le plus c'est le poids plume et la finesse de la miss… vive le V2 ! La faible hauteur de selle conviendra au plus grand nombre, dont les petites motardes mais pas trop petites non plus. Par contre les grandes jambes se sentiront à l’étroit.
Niveau confort c’est honnête … du moment qu’on ne roule pas plus de 200 km. Pour le duo, Suzette n’est pas jalouse, elle sait que c’est elle la meilleure ! Elle accepte volontiers un passager/e : selle bien rembourrée et agréable (du moins tout autant que pour le pilote), poignée de maintient bien préhensible et qui permet d’avoir une bonne position droite. Le seul problème est un trop grand espace entre le pilote et le passager qui se prend tous les remouds à haute vitesse.
Prenons maintenant le guidon : la position reste quasi-droite et confortable. Le levier de frein est réglable en écartement, pour pouvoir aussi bien être palpé par de grosses paluches de bûcheron, que caressé par de douces mimines de princesse.
Niveau instrumentation on y retrouve un bloque compteur/compte tours classique avec un compteur kilométrique électronique et un partiel, utile pour savoir où l’on en est par rapport à l’autonomie car il n’y a pas de jauge d’essence mais uniquement un témoin de réserve.
Bon fini de blablater ! On débraille, start :bbbrrrrvvvv, première et c’est parti.
Premiers tours de roue: wwaaahh ça tourne tout seul ! C’est tout léger ! On en fait ce que l'on veut. Les demi tours et les manœuvres en ville sont aisés. Puis premier freinage : houla la fourche avant parait bien molle ; mais pour le moment c’est plutôt un bon point car les petites bosses et autres défauts de la route sont bien absorbés … ce bon point pourrait vite se transformer en mauvais par la suite … mais revenons à nos poneys.
On sort de la ville pour une ballade sur les petites routes enlacées des Vosges. Les suspensions sont confortables et gomment bien les irrégularités de la route. Les épingles et pif paf sont un vrai régal au guidon de la SV : elle se balance toute seule et va où l’on veut. En revanche dès que la rythme s'accélère c'est une toute autre histoire: tant que les virages sont fait d'un bitume parfait il n’y a pas trop de soucis, mais dès qu'il y a la moindre irrégularité : trou, bosse, dénivelé, la fourche avant commence à pomper, la direction devient floue et ça louvoie à tout va... cependant ceci reste tout à fait contrôlable et sans réel danger.. pour les sportif les plus ardus, un changement d'huile et de ressorts devrait grandement améliorer tout ça.
Les freins : c'est quoi ça ? On en arriverait presque à se poser la question en enroulant tranquillement avec le twin de cette petite japonaise. Son couple bien présent permet au moindre relâchement de la poigné de décélérer très franchement à tel point qu'en balade tranquille on se sert des freins uniquement pour s'arrêter. Néanmoins dès que l'on sort l'attaque, ils servent et bien ! Puissants juste comme il faut, ils se montrent tout à fait à la hauteur. Le faible poids de la miss facilite aussi grandement le travail.
A noter un petit défaut de la boite de vitesses qui fait parfois quelques caprices entre la 1ère et la 2ème mais rien de bien méchant.
Bilan :
Le castrage supprime simplement le coté fun qui a fait la réputation et la grande diffusion de la SV mais n’en a pas fait pour autant une machine dénuée de charmes : on prend plaisir à la chevaucher même fougueusement et cela permet d’apprendre avec une machine qui pardonne facilement mais où il faut tout de même doser… Une excellente moto pour débuter en 34ch et pourquoi même ne pas se contenter par la suite des 70 ch de trait.
Ce n’est pas pour rien si on croise des SV à tous les coins de rue ... son plus gros défaut ?!
Dref -
(photos
constructeur) |