On
peut le dire, la K 1 est un bouleversement
pour la marque BMW. Un choc visuel
saupoudré d'une évolution
étonnante des performances
routières. Si la marque de
Münich peut se glorifier d'un
passé riche en records de
vitesse, cela tient d'une époque
située entre les grandes
guerres. Depuis, BM s'est forgé
une image de confort, de sécurité
et de fiabilité qui font
référence dans le
monde de la moto. Pourtant, le sport,
BM connaît. En bagnole, la
M3 s'y connaît pour faire
parler la poudre. Et si je vous
disais que y a un gars de chez Motorsport
GMBH qui s'est penché sur
la mécanique de la K1 !?!
Par
rapport aux autres modèles
de la série K, le bloc monte
en puissance pour atteindre 100
ch mais se distingue par sa nette
augmentation de couple, sa valeur
dépassant désormais
les 10 mkg. Le 4 cylindres bavarois
a également gagné
8 nouvelles soupapes pendant que
le vilebrequin perdait 1,3 kg. Le
rapport volumétrique augmente,
passant de 10,2 à 11 à
1, certaines pièces en mouvement
sont allégées et l'électronique
d'injection s’avère
à la pointe technologique.
Ce n'est pourtant pas le moulin
mais certainement le design de la
K1 qui a mobilisé le plus
de matière grise. Une étude
poussée en aérodynamique
combinée à des choix
stylistiques singuliers aboutissent
à une moto sans équivalent
ni précédent. C'est
sûr, la BM va se faire remarquer.
Des lignes à la fois imposantes
et taillées, mélanges
de Star trek et de TGV ; un garde-boue
avant incroyablement enveloppant,
des coloris... mmhhhrrgg... "spéciaux".
Le bleu est élégant,
le rouge sportif, mais les touches
de jaune semés un peu partout
font penser à la moissonneuse-batteuse
du père Fougasse. Et pis,
y a cette porte de four à
micro-ondes, pardon, le phare qui
casse la ligne typée vitesse
de la K1. On aime, on s'interroge
ou on déteste, mais cette
sportive ne laissera personne indifférent.
N'oublions pas la partie-cycle qui
fait preuve d'un sérieux
en adéquation avec les prétentions
de la machine. Le cadre de structure
tubulaire conserve le dessin des
séries K mais les tubes sont
plus gros. Des jantes larges et
de nouveaux freins renforcés
par l'ABS (de série) apporteront
un réel plus au comportement
routier et à la sécurité
de la moto.
Tradition BMW, la transmission arrière
est toujours assurée par
cardan, avec l'adoption du nouveau
système Paralever apparu
il y a un an sur le trail R 100
GS. Le principe : une deuxième
articulation permet de quasiment
supprimer les effets de couple typiques
de ce type de transmission. Et sur
la route, moto chic ou moto choc
?
Au
moment de prendre cette moto de
281 kg, on est loin de se douter
de sa facilité d'utilisation.
Avec son gabarit généreux,
la bête déroute mais
se fait accueillante lorsqu'on prend
la route. Un tantinet basculé
sur l'avant, bien installé,
avec cependant les jambes un trop
repliées, on met en route
le 16 soupapes dont la sonorité
ne diffère pas des autres
K. Quelques encablures et l'on est
conquis par la douceur et la conduite
de la K1. Envolés les 3 quintaux.
Son avant très vif, la douceur
des commandes et la souplesse du
moulin donnent des ailes à
la machine. Pas de risque de se
faire déborder par la puissance
car le 4 cylindres manque de couple
sous les 4 000 tr/mn. De toute façon,
on ne va pas passer la journée
à flirter avec les Renault
Super 5 et les Citroën BX.
Et pis, on a une BM taillé
comme un avion entre les pognes,
alors, on fonce !
Face au manque de couple à
bas régimes, on a attendu
les mi régimes pour ouvrir
en grand. Le bouilleur vibre toujours
un peu, notamment vers 5000 trs,
et commence son ascension vers la
zone rouge. Il manque un peu de
vivacité dans ses montées
en régime puis distribue
une sacrée belle patate entre
6000 et 9500 trs. Question reprise,
la K1 tient la dragée haute
à bon nombre de japonaises.
En cruisant à bonne vitesse,
un coup de poignet droit généreux
et la béhème va discuter
avec le 260 compteur. Ca file, mais
t'as les vertèbres qui dérouillent...
Car voila où ça coince
et que ça ne devrait pas.
"Etudiée en soufflerie,
aérodynamique, pénétration
dans l'air, gna gna gna..."
Peut être bien, mais ça
devient bruyant dans le casque dès
140 à l'heure. Ensuite, pour
aller plus vite, pas d'autre choix
que de planquer la tête dans
la bulle. BMW a voulu que le pilote
sente très tôt la sensation
de vitesse pour ne pas encourager
les conduites à très
haute vitesse. Stupéfiant
pour une machine autant travaillée
; surtout que le reste du corps
bénéficie d'une protection
très correcte. Pourtant,
il n'y a pas que mauvais, loin de
là, d'autant que de par son
aérodynamique, la sportive
allemande est très stable
à haute vitesse comme en
courbe. Cela peut bouger un petit
peu du fait que l'arrière
réagisse moins vite que l'avant
mais la K1 demeure toujours sécurisante.
Petite prudence sur une autoroute
encombrée ou en naviguant
dans le sud : le gros garde-boue
et le vaste carénage entraînent
un sensibilité au vent et
aux camions. L'autonomie est conséquente
et permet de rallier des routes
bien plus chaleureuses.
C'est dans les virolos que la teutonne
donne le meilleur d'elle-même.
Dans sa bonne plage de régime,
le propulseur permet de bondir de
virage en virage et la direction
vous avale avec légèreté
toutes les courbes. Ce n'est pas
un train avant de supersport mais
on s'y croirait. Normalement, avec
ce type de direction, ça
guidonne de quelque peu à
beaucoup. Heureusement, BM a judicieusement
installé un amortisseur de
direction, planqué dans le
tête de fourche. Prévoyez
un petit mode d'emploi pour la boite
de vitesses. En conduite sport,
appliquez vous à passer les
rapports si vous ne voulez pas vous
retrouvez "entre 2 vitesses".
Sinon, la boite est bonne mais n'a
pas encore l'efficacité et
la rapidité d'une jap'.
Si
la machine est superbe à
piloter dans les lacets de notre
beau pays, elle préfère
l'enroulade au pilotage trop musclé.
Profitez du freinage avant mais
pas pendant le virage ; un bestiau
de 281 kg qui se relève tout
seul dans la courbe lorsqu'on insiste
un peu sur le levier droit, ce n'est
pas conseillé.
Et vous en
aurez des occasions d’utiliser
le freinage, surtout que celui de
la BM est savoureux. Il est devenu
vraiment puissant, progressif et
agréable. De surcroît,
mister ABS veille sur tout ça.
La
BMW K1 est vraiment surprenante.
Confort et protection n'ont rien
à voir avec les standards
habituels allemands. C'est vraiment
une sportive qui vient se frotter
aux japonaises comme les Honda
CBR 1000 et Kawasaki
Tomcat. Oubliez les bagages
et découvrez le pilotage
par BM. Le moteur et le châssis
sont costauds, le design surprenant
mais qui n'emballera pas tout le
monde. Il n'est pas obligatoire
d'être connaisseur pour apprécier
les bonnes choses ; mais là,
on peut se poser la question.
M.B
Inspiré par Moto-journal - photos
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