Un
phare vient de s'allumer, quelques
instants après un hurlement
qui a déchiré la nuit.
C'est John, qui re-démarre
sa nouvelle Harley après
s'être fracassé la
voix - il fallait qu'il gueule un
grand coup. Lui, le biker, le dur,
le videur du Macumba Night du Puy-du-fou,
il ne digère pas d'avoir
laissé le twin dans sa configuration
légale Française.
C'est juré, demain, il libère
la mécanique américaine.
John, il aime les moulins qui parlent
fort et qui ont du muscle ; un peu
comme lui. Et quand il a vu la nouvelle
Night Train chez son pote Alphonse
le concessionnaire H-D, il a tout
de suite craqué. Simple,
sans fioritures, profonde, noire
comme son cuir et intimidante comme
son sourire, la FXSTB a emballé
John. "Avec elle, je vais tout
de suite imposer le respect devant
la boite". Déjà
qu'on l'emmerdait pas le John quand
il vous regardait du haut de ses
2 mètres, avec sa nouvelle
machine, on va le considérer
en baissant le regard. Ainsi, on
jettera furtivement un oeil sur
le gros twin 1340 recouvert de noir
jusqu'au bout des ailettes.
Apparue en 98, la Night Train est
la plus abordable des Softail mais
ce n'est pas ça qui a plu
à John. La machine de Milwaukee
l'a séduit par son coté
dépouillé. Une fois
en selle, notre videur qui parle
comme Dark Vador a vraiment l'air
méchant. Les pieds devant
le moteur, le cul posé sur
une selle coriace, le pilote va
chercher le mini guidon qui lui
rapproche les bras l'un de l'autre.
Quand il roule, avec cette position
de conduite sans concession, John
ressemble à un Bad Boy et
ne rate pas une occasion de se faire
remarquer. Sa machine a le goût
pour ça.
Ce qui agace, c'est l'homologation
qui étouffe le 1340. Le mélange
gazeux qui passe dans l'unique carbu
Keihin ne permet pas d'évoluer
tranquillement avec une poignée
à peine tournée. Il
faudra décastrer les échappements
et régler la carburation
pour obtenir la force et le tempérament
du moulin. Après, il faudra
composer avec les virages. L'avant
n'est pas un modèle de précision
et le freinage n'a rien d'extraordinaire
lui non plus. De toute façon,
John ne conduit pas comme son pote
en GSX-R.
Il cruise maxi à 120-130
km/h ; au-delà, les turbulences
du vent ne le font plus rire.
Après la visite chez Alphonse,
notre biker a prévu de frimer
un grand coup devant le parking
de la boite où le people
commence à arriver. Pas sûr
que les gens se massent tout de
suite devant la porte ce soir...
M.B - photos constructeur |