Vu
le carton que fait la 600 Bandit,
il n'a pas fallu beaucoup de temps
à Suzuki pour arranger la
sauce à une version plus
gourmande et généreuse.
On prend la même et on y case
un gros moteur dedans ; et qui plus
est, un dérivé du
1100 GSX-R. Voici venu la Bandit
pour les caïds.
Cherche
bien les différences. Si
t'es pas de la bande, tu sauras
pas les distinguer. Que ce soit
en version N ou S, la B12 est la
copie quasi parfaite de la B6. Même
gueule, même dessin de cadre,
même réservoir, même
silhouette, il n'y a que le pot
et la taille du moteur qui change
- enfin, à vue de nez. Rassurez
vous, la partie-cycle s'est adaptée
au gros moulin que Suz' a logé
dans la cage thoracique d'acier
de la 1 200. Eh, ce bouilleur, c'est
vraiment le bloc GSX-R ?
Oui, avec certaines modifs. D'origine
en 1 127 cm3 sur l'ancienne 1 100
sportive, le gros moulbif à
refroidissement air/huile est monté
à 1 157 cm3 grâce à
1 mm supplémentaire d'alésage.
Mais les ingénieurs d'Hammamatsu
n'ont pas cherché la puissance
maxi pour ce roadster ; ils ont
privilégié le couple.
Pour ce faire, les arbres à
cames adoptent un profil plus sage
et les carbus descendent de 40 à
36 mm. La grosse GSF affiche ainsi
une puissance de 93 ch, pour tout
le monde (elle n'est pas bridée).
Pas énorme pour un si gros
moteur mais c'est le couple qui
est très intéressant. 12 mkg obtenus dès les mi-régimes
- du gros coffre et même pas
besoin de taper dans les tours pour
profiter de ce muscle. Ca va donner
!
OK, un gros coeur comme ça,
il faut le tenir. Ainsi, le châssis
évolue en conséquence,
avec un cadre aux dimensions adaptés,
un bras oscillant de belle section
en alu et non en acier comme sur
la 600, une fourche de 2 mm plus
grosse, un freinage assuré
par des disques de 310 mm et des
étriers 4 pistons, un amortisseur
arrière avec plus de réglages.
Et pour faire un peu plus classe,
on trouve sur la B12 un petit cadran
supplémentaire, entre le
compteur et le compte-tours, qui
fait office de jauge à carburant,
un protège-chaine en alu
du plus bel effet, et la petite
touche personnelle avec une chaîne
anodisée couleur or. La Bandit
est belle, surtout dans sa version
N, de bonne finition et un brin
provocatrice.
Les
premiers tours de tours impressionnent
à plusieurs reprises. Auparavant
étonné que la B12
n'est pris d'embonpoint que 12 kg
par rapport à la B6, on l'est
encore plus en constatant que la
moto soit aussi maniable et équilibrée.
C'est peut-être bien une grosse
cylindrée mais elle parait
de la catégorie des moyennes.
Le rayon de braquage est bon, le
moteur très souple comme
l'ensemble de transmission, ce qui
permet à cette machine d'être
à l'aise en ville. Le pilote
n'aura pas d'autre sentiment que
d'apprécier, La selle et
les suspensions privilégient
le confort, l'assise est naturelle,
les commandes agréables et
la moto n'a besoin que de quelques
mètres pour mettre son proprio
à l'aise.
Et si tu crois encore que gros cubes
rime avec enclume, enroule donc
avec cette 1200. On l'envoie dans
la courbe d'un appel sur les cale-pieds,
sans même insister du guidon.
Ensuite, il suffit d'ouvrir à
n'importe quel régime pour
disposer d'une belle puissance et
augmenter le rythme de conduite
à volonté. En arrivant
dans les 4000 trs, le moteur a
déjà près de
50 ch à disposition et sa
valeur de couple est proche du maxi.
Pas crapuleux et plutôt bien
élevé, le moulin n'est
pas aussi voyou que le nom de la
machine le laisse supposer. On l'aurait
aimé un peu plus "brut",
bien que la patate dont il dispose
a de quoi satisfaire bien des adeptes
de grosse cavalerie. User et abuser
du gras du couple et tu peux rouler
vite et fort, voir plus... Au dessus
des 6 000 trs, y a encore une grosse
dose de canassons qui va arriver,
sans toutefois débouler comme
un troupeau de mammouths en furie.
Fais quand même gaffe - la
B12 tient bien la route mais c'est
une grosse moto. Il sera moins facile
de la rattraper que la B6 si on
se laisse emporter par l'optimisme.
En revanche, la grosse GSF a un
bien meilleur comportement routier
sur mauvaise route que la petite.
Les freins offrent une bonne puissance
à condition d'insister sur
le levier. Le feeling s'en ressent.
Le tête de fourche de la version
S permet de tenir un 150/160 de
croisière mais la protection
n'est pas suffisante pour qualifier
la Bandit S de routière.
Bien sûr, si tu as la main
lourde, le gros 1200 tape dans la
gourde copieusement. Dans l'absolu,
le 4 cylindres est dans la bonne
mesure : pas spécialement
sobre mais pas trop gourmand non
plus. C’est possible d’avaler
dans les 180 kms avant de faire
le plein. Après le passage
à la pompe, vérifie
que les rétros ne se soient
pas desserrés un peu - cela
arrive parfois.
La
600 Bandit fait un tabac, la 1200
va suivre sans problème.
Elle a du coffre, des watts, une
tenue de route et un confort de
qualité, et surtout, elle
est proposée à un
tarif alléchant : 5 briques.
Pour une moto de cette trempe, ça
vaut largement le coup.
M.B
(inspiré par Moto-journal - photos constructeur) |