Une
chose est certaine : les machines anglaises
ont toujours eu un charme indéfinissable, intrinsèque,
quelque chose de plus. Et une autre
chose nous interpelle : cette nouvelle
Daytona 900 est née avec le même
et noble sang. Se différenciant
nettement des 750 et 1000 Daytona, la
dernière Triumph se présente
comme une sportive pleine de charme
et de caractère. Il y a avant
tout cette robe superbe, admirable,
véritable plaisir des yeux intensifié
par un jaune teinté d'élégance.
Sous sa plastique "so british"
se cache un 3 cylindres qui ne l'est
pas moins. Ce moulin de 100 ch offre
un plaisir non seulement à l'utilisation
mais aussi à l'écoute
de son chant envoûtant. Les ingénieurs
se sont attachés à renforcer
ce bruit qui vous remue la colonne vertébrale.
Ils ont bossé et optimisé
la boite à air et les silencieux
afin d'amener le moulin à s'exprimer
au mieux de sa belle voix... et sans
offenser la loi. C'est beau et plaisant
la maîtrise de l'accoustique.
A ce niveau de puissance, ce bouilleur
est l'un des plus agréables du
marché actuel. Disponible et
même énergique dès
les 3 000 tr/mn, il se donne avec délectation,
se renforçant vers 5 000 trs
puis une nouvelle fois à 7 000
trs. S'il vous vient à l'esprit
de pousser la Daytona à sa vitesse
max, sachez que sa courte démultiplication
vous fera attendre plus de 220 km/h
au rupteur, à 10 000 trs - Là,
vous êtes dans la zone rouge depuis
1 000 trs.
La conduite de l'anglaise n'a pas grand-chose
à voir avec les japonaises pur-jus
du style GSX-R. La daytona est bien
plus conviviale. Les demi-guidons ne
sont pas vraiment près du pilote
mais les jambes sont à l'aise
et placées naturellement. Le
confort se distingue agréablement,
non seulement par la selle mais aussi
par le jeu de suspensions. Triumph s'y
est penché avec une grande attention
et fournit à sa 900 sportive
un amortissement de grande qualité.
La Daytona ne s'effraie de rien, avale
toutes les imperfections de la route,
même sur l'angle, et se paye le
luxe de demeurer confortable. En cas
d'arsouille, il est tout de même
nécessaire de durcir les suspat'
pour limiter la plongée lors
des freinages appuyés. Mais avant
d'en arriver là...
En fait, la Daytona est une bonne sportive
(son rayon de braquage conséquent
prouve que ce n'est pas une citadine)
mais pas une pistarde façon ZXR
ou YZF. Avec plus de 260 kg et une géométrie
loin d'être radicale, elle jouerai
plutôt dans la catégorie
des sportives agréables, confortables
mais pas destinée à exploser
le chrono. Elle manque d'ailleurs d'un
peu de garde au sol sur piste. Agile
sans être ultra-incisive, précise
et stable, la machine se manie avec
douceur et vous récompense par
une facilité agréable.
Elle n'apprécie que modérément
d'être bousculée entre
les vibreurs, alors mieux vaut la piloter
sans brusquerie en profitant de son
charme. Pas de violence avec elle, juste
de la passion.
La Daytona est une bien belle moto,
qu'on s'offrira pour sa beauté,
le caractère de sa mécanique
et son juste équilibre alliant
sport et confort - et non pas pour taper
des Replica sur la piste. Elle est aussi
plus polyvalente mais n'est pas donnée.
Le prix pour rouler différent
avec une (très) belle dame.
M.B
(inspiré par Moto-journal - photos
internet) |