Twin
ou 4 cylindres, voici les 2 principales
architectures qui habitent les sportives
depuis belle lurette. La démarche
de Yamaha pour sa nouvelle petite
sportive est tout autre et ne manque
pas d'originalité. L'idée
est d'offrir une machine ayant le
goût du sport, des performances
honorables mais sans coûter
les yeux de la tête. Intéressant,
n'est-ce pas !?! De là est
née la SZR 660, dont le châssis
est étroitement dérivé
de la dynamique TZR 250 (seulement
vendue au Japon). La grosse surprise
provient de la motorisation : il
s'agit d'un monocylindre. Oui, ça
surprend... C'est vrai que ce choix
peut paraître étrange.
Mais, à bien y réfléchir
- le mono est par définition
un moulin de caractère, qui
gratifie le pilote de bons coups
de pieds au c.. et d'une bonne patate
disponible très tôt.
Yam n'a pas cherché bien
loin pour trouver un moteur. Il
a récupéré
le 660 du trail XTZ en le revisitant
très légèrement.
En fait, seul la boite (le 1er rapport)
est modifiée et la couronne
se voit amputée de six dents.
Avec
un moulbif de trail et une partie-cycle
affûtée, de quoi est
donc capable cette jolie petite
sportive ? D'attiser la curiosité
déjà. Le dessin de
sa partie avant est à la
fois sympathique et léger.
La fourche inversée et le
cadre faisant penser à celui
du FZR annonce du sérieux.
On sera peut-être moins emballée
par la selle bicolore et le cul
plutôt massif qui alourdit
la ligne générale.
Le bras oscillant, de type banane
à droite et renforcé
à gauche, rattrape tout ça.
48 ch, cela peut paraître
léger, mais la machine l'est
également. Moins de 180 kgs
toute mouillée et un accueil
qui incite au pilotage. Tableau
de bord sport (avec une zone rouge
à... 7 000 trs), rétros
inutiles, demi-guidons sous le té
de fourche, position de conduite
ramassée et basculée
sur l'avant - de quoi vous motiver
pour l'attaque mais pas vraiment
pour aller en ville. Pourtant maniable,
légère et docile dans
la city, la SZR est vite fatigante,
braque sans optimisme et vos poignets
ne mettent pas longtemps à
râler. OK, la balade, on oublie
!
Et
ce mono, alors ? Ben, il n'emballe
pas vraiment. Déjà,
il manque un peu de souplesse et
de watts à bas régime.
Avec une transmission pareille,
fallait s'y attendre... Cela polisse
beaucoup trop les sensations. Et
puis, il est beaucoup trop discret.
Le silencieux d'échappement
porte vraiment bien son nom et l’étouffe
littéralement
Si le châssis est taillée
pour les routes bien viroleuses
de la France profonde, le mono exige
qu'on l'emmène au delà
des 3 500 trs pour répondre
correctement. La puissance qu'il
distribue lui assure de très
honnêtes performances mais
son comportement ne séduit
pas : pas de coup de pied, de sauts
d'humeur, un visage trop lisse.
En revanche, cela permet de parfaitement
maîtriser les watts. Ils ne
vous débordent jamais et
vous laissent libre cours à
l'improvisation.
Ainsi, vous allez
apprendre à piloter, privilégier
la vitesse de passage en courbe
et vous initier aux techniques de
pilotage sans vous soucier de gros
canassons qui poussent à
la roue arrière.
La moto est très saine, les
suspensions agréables et
efficaces, l'agilité et la
stabilité rassurantes bien
qu'on aurait apprécié
un peu plus de vivacité,
la machine n'étant pas très
incisive de ce coté là.
Le simple disque n'a pas les prétentions
de l'équipement d'une hypersport
mais il convient bien à ce
type de petite sportive.
Le
bilan que laisse cette SZR 660 est
mitigé bien que la moto ne
manque pas d'intérêt.
Son moteur n'offre pas l'agrément
espéré alors que son
châssis en incite beaucoup.
Son tarif permet quant à
lui d'ouvrir aux jeunes loups de
nouvelles perspectives ; pour le
prix d'un trail, ils peuvent se
payer une petite sportive qui ne
les ruinera pas en entretien. Ah,
si seulement elle avait plus de
caractère...
M.B
(inspiré par l'article de S. Van Gelder - Moto-journal n°1 190
photos
constructeur) |