Question
efficacité et caractère
de pistarde, la GSX-R, c'est un
outil résolument redoutable.
Sauf que... Tout le temps dans les
tours, c'est grisant sur circuit
mais ça peut lasser sur la
route. Apparue en 97, le clone en
réduction de la 750 GSX-R
n'offrait ses watts qu'à
l'approche des 10 000 tr/mn. Alors,
pour son nouveau millésime,
la petite Gixer a revu ses entrailles
avec minutie.
Soupapes
plus légères commandées
par une distribution plus agressive,
réduction des frottements
des pièces mobiles, admission
d'air optimisée, boite à
air plus grande, nouvel échappement
(c'est celui de la 750), nouveaux
carburateurs ; voici en gros ce
qui a changé sur la 600 GSX-R.
Mais de l'extérieur, rien
n'y parait. C'est toujours la 7
et demi en version 600, à
qui elle pique sa silhouette et
son châssis.
Sur le papier, ça donne 4
chevaux de mieux pour la version
full mais surtout un moteur mieux
rempli. Sur la version 98, on sent
réellement l'amélioration
dès les 7 000 trs. Passé
ce régime, le 4 cylindres,
qui vous excite la main droite dès
les bas régimes, lâche
le troupeau de canassons. L'ancienne
Gex, elle, en est encore à
se demander comment elle va libérer
sa meute. Une différence
flagrante et saisissante en sachant
que seulement 1 an les sépare.
Où ça fait mal pour
la 97, c'est lorsque les chronos
parlent. Au jeu des reprises, la
nouvelle pulvérise les temps
de sa devancière. Quand la
différence se calcule en
centièmes, on peut encore
faire appel ; mais quand il y a
2 chiffres aux dixièmes,
on s'incline. Ces performances ne
sont pas dues qu'au nouveau souffle
du moteur mais aussi à la
démultiplication plus courte
- une dent de plus à la couronne,
ce n'est pas rien. Cela a également
adouci la transmission qui ne hoquette
plus lorsqu'on roule mollo entre
2 bagnoles en 3eme ou 4eme vitesse.
Question dynamique, aucun changement
flagrant. Normal, la partie-cycle
reste la même. Un cocktail
d'efficacité, de précision
et de légèreté
qui sait maintenant offrir un peu
plus de confort.
En plus de son
comportement moteur amélioré,
la 600 GSX-R adopte une bulle plus
haute et, pour optimiser le train
avant à sa convenance, la
fourche gagne un réglage
de la compression hydraulique. On
notera une légère
perte du "toucher" au
freinage car les disques se sont
épaissis de 0,5 mm. En contrepartie,
l'endurance est remarquable.
Pas
de changement de philosophie pour
la petite virulente Suzuki. . Le
pilote est assis sport, très
sport, et, même si les courbes
de puissance sont plus sympathiques,
il ne faut pas espérer évoluer
sur le gras du couple ; de toute
façon, une 600 pistarde n'est
pas faite pour ça. Si la
GSX-R n'est vraiment à l'aise
qu'entre les vibreurs, son évolution
98 a gagnée en savoir-vivre,
surtout son moulin.
Dans la catégorie supersport,
la Gex se place parmi les meilleures
machines. La principale menace pour
elle est la très polyvalente
Kawasaki ZX-6R. L'une comme l'autre
ne se feront pas de cadeaux.
M.B
(inspiré par Moto-journal - photos
constructeur) |