La
T 100... ce nom symbolise toute
la gloire de Triumph. Elle a marqué
les années 60 dans le cuir et la
fureur de l'âge d'or des café-racers.
La voici qui renaît pour le plus
grand bonheur des fans des sixties,
et pour tous ceux qui en ont marre
de perdre des points de permis.
A la base, c'est une Bonneville que l'usine d'Hinckley a retouché.
Réservoir bicolore, caches moteur
chromés, ajout d'un compte-tours...
Rien d'extraordinaire en apparence, car c'est dans les cylindres que
tout se passe. La T 100 récupère
le moteur de la Thruxton,
soit le bicylindre en ligne de 865
cm3. Cette mécanique est plus généreuse
en couple que celle de la Bonnie
standard. Plus de watts et un
look toujours délicieusement rétro,
la Bonneville T 100 n'a pas fini de séduire.
...Surtout
qu'elle se laisse tout de suite
apprivoiser. On ne subit pas la
position de conduite, on ne monte
pas sur la Bonneville, on s'y installe.
La petite touche britannique, la
simplicité et la douceur
de conduite, les éléments
de qualité et la sérénité
d'une mécanique moderne plaisent
au pilote et justifient bien le
sourire qu'arbore le logo Triumph.
Si la moto hoquette un peu à
allure réduite, ce n'est
pas de la faute du moteur - qui
ne vibre pas et fait preuve d'une
belle souplesse - mais plutôt
de la transmission. Les quelques
cm3 supplémentaires n'ont
pas été destinés
à transformer la T 100 en
boulet de canon. Certes, ça
reprend mieux, surtout en cinquième,
mais c'est surtout le plaisir de
conduite qui y gagne.
La partie-cycle,
de conception très classique,
tient la route (c'est le cas de
le dire) et affiche un remarquable
homogénéité
avec le bicylindre de l'anglaise.
L'unique disque de frein avant remplit
très bien son office ; ce
qui n'est pas le cas de l'amortissement
arrière. Si le saucisson
était aussi sec, on aurait
du mal à le couper. Et pourtant,
avec un passager, on note un léger
mieux. La Bonneville aurait-elle
la mentalité d'une marieuse
?
Aussi
facile qu'agréable à
utiliser, on se délecte de
cette belle anglaise qu'on utiliserait
volontiers du soir au matin. Par
contre, pas de rangement sous la
selle et pas de béquille
centrale, ça reste un peu
en travers de la gorge. OK, mais
t'en connais beaucoup des motos
qui possèdent autant de charme
et de nostalgie dont tu te puisses
te servir quotidiennement ?
M.B
(texte de l'essai inspiré par l'article de L. Boloré - Moto-journal n° 1 641
photos constructeur) |