C'est
la révolution chez les customs.
Il y avait déjà ces
grosses machines avec d'imposants
moulbifs - souvent anémiques
; Maintenant, faut qu'il y ait des
watts. Beaucoup de watts, quitte
à mettre encore plus de cm3.
Quel constructeur a tiré
le premier ? Sûrement celui
qui a vu le plus de dragsters dans
les rassemblements U.S. Est-ce Honda
avec sa 1800
VTX, ou Harley avec son étonnante V-rod ? A moins que ce ne soit Kawa qui
ait mis le feu aux poudres avec
sa 1500
Mean Streak... Quelle importance,
du moment qu'on en a plus pour nous.
En tout cas, pour Yamaha, c'est
important, et la preuve est ici,
avec cette impressionnante Road
Star Warrior. Une moto qui interprète
à sa façon les standards
esthétiques du segment. Dessinée
toute en longueur, parée
de noir et de chromes, pas timide
et même intimidante, la Warrior
ne passe pas inaperçu. Avec
son coté "bad boy",
on imagine facilement Ice Cube ou
Vin Diesel à son guidon à
la recherche de mauvais coups. Et
des uppercuts, la machine a de quoi
en donner. Le V2 issu de la Wild
Star gonfle à 1670 cm3
en augmentant de 2 mm le diamètre
de ses pistons et cylindres.
Il gagne l'injection, une bonne
poignée de chevaux et sort
plus de couple qu'une Hayabusa...
mais beaucoup plus tôt. Et
s'il n'y avait que ça...
Question look, les japonais n'ont
pas fait dans la dentelle. Du coté
gauche pointe une béante
entrée d'air destinée
à refroidir les cylindres.
A droite, c'est l'armurerie. Le
pot d'échappement ferait
fureur auprès des G.I. -
une vraie tronche de tube lance-missile.
Si l'engin ressemble encore à
un custom, c'est autre chose en
y regardant de plus près.
Le cadre est du même dessin
que la Wild mais en aluminium ; il est ainsi
plus léger et plus rigide.
Le train avant, lui, appartient
à un autre univers. Fourche
inversée et étriers
de la R1,
pas moins. L'arrière aussi
n'est pas en reste, avec un bras
oscillant digne d'une sportive et
un feu arrière à diodes.
De la suite dans les idées
chez Yam. Leur gros bébé
est non seulement destiné
à tout casser entre 2 feux
rouges mais aussi appelé
à offrir du pilotage au conducteur.
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Galerie d'images |
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Vert. Les gamelles qui s'agitent
ne sont pas que des bêtes
à puissance. La douceur de
fonctionnement du twin allié
à l'embrayage tout en velouté
prouvent que la Warrior connaît
les bonnes manières. Pour
autant, le bicylindre n'a besoin
que d'une miette de fougue pour
délivrer la grosse patate.
Un coup de poignet et le boulet
de canon est parti. Aucune brutalité
mais une réaction immédiate
agrémentée de bonnes
vibrations typée très
américaines. Des chevaux,
y en a plein les pistons, et la
cavalerie sonne la charge à
la moindre sollicitation.
C'est maintenant que la Yam va le
plus nous épater. Avec tant
de power, on a envie de jouer dans
les courbes et pas seulement de
faire des stop-and-go. Et là,
y a pas photo : cet engin, c'est
la sportive des customs. Malgré
ses 300 kgs, l'agilité est
bluffante, la tenue de route du
même niveau et, le fin du
fin, faut vraiment mettre de l'angle
pour que les cale-pieds frottent.
Ça change de la concurrence
où des gerbes d'étincelles
s'invitent au moindre rond-point.
Celle qui fallait pas inviter, c'est
la position de conduite. Avec les
bras tendus, les cale-pieds bien
en avant, et au final le dos cassé
en deux, on ressemble peut être
à un guerrier mais on remercie
la moindre pause. Le plus rageant,
c'est que le confort de suspension
n'est pas mal du tout.
Yamaha n'a pas présenté
un custom-dragster de plus. Le constructeur
l'a créé plus polyvalent,
plus sportif, plus rigoureux dans
son comportement routier que la
concurrence. Reste qu'il faudra
savourer ce plaisir tout seul (tenter
un duo équivaut à
une cause de divorce). Et du plaisir,
la Road Star Warrior vous en donne
à chaque coup de piston.
M.B
(inspiré par l'article de S. Legrand - Moto-journal n° 1 507
photos
constructeur) |