Voila
déjà un moment qu'on
en parlait... et la voici enfin
dévoilée : la nouvelle
génération de gros
trail BM avec cette R 1200 GS. L'habillage
revu rajeunit et affine la silhouette,
sans trahir le style qui demeure
dans l'esprit de la précédente
1150. Subtilement taillée
à coups de serpe (c'est la
mode), son identité doit
beaucoup au nouveau réservoir,
plus petit, et orné de 2
caches latéraux en aluminium.
Novatrice quand sa première
version est née voila plus
de 20 ans, la GS a été
bichonné par les ingénieurs
de la marque à l'hélice.
Et le constructeur n'a pas fait
les choses à moitié.
Le teutonne a maigri de 30 kgs pour
arriver à un poids en ordre
de marche de 225 kgs. Très
beau travail de la part du constructeur.
Et ce n'est qu'un début...
Amélioration de la partie-cycle
avec un nouveau Telelever plus léger
et offrant plus de précision
de guidage - ainsi qu'un nouveau
monobras Paralever. Outre sa nouvelle
forme, le paralever est également
plus léger, plus rigide,
mais surtout offre plus de confort
d'utilisation tout en optimisant
son fonctionnement ; on y reviendra.
Le boxer a été profondément
revu par BM : il passe de 1130 à
1170 cm3 par augmentation de la
course. La puissance monte à
98 ch et le couple fait un bond
spectaculaire de presque 2 mkgs.
Les culasses du moteur deviennent
hexagonales, gardent le double allumage
et s'allègent de 15%. Bien
qu'offrant plus de cylindrée,
le bloc conserve la même largeur
et maigrit de 3 kgs. Pour un confort
encore accru, un arbre d'équilibrage
s'invite dans le twin à plat
afin éliminer totalement
les vibrations. Le nouveau vilebrequin
perd aussi 1 kg et son carter 1,4
kg. Pour animer tout ça,
une nouvelle gestion électronique
ultra-moderne avec un nouveau système
de régulation anti-cliquetis.
Conçu pour un fonctionnement
avec du supercarburant sans plomb,
le moteur peut aussi, grâce
au régulateur anticliquetis,
fonctionner avec de l’essence
ordinaire ou avec des qualités
de carburant comparables, telles qu’on
les trouve parfois dans les pays lointains,
sans devoir auparavant l’adapter
par une intervention manuelle. En
effet, dans les limites du possible,
le régulateur anticliquetis
adapte automatiquement les points
d’allumage au carburant utilisé.
Un tiers du poids en moins pour la
ligne d'échappement, 2,2 kgs
du coté des équipements
électriques... les exemples
sont nombreux et permettent de comprendre
comment la R 1200 GS est devenu une
sveltesse dans le mode des gros trails.
La nouvelle boîte fait appel
à des pignons à denture
hélicoïdale hautement
résistante, denture qui assure
silence et feutré parce que
les pignons s’engrènent
tout en douceur. La 6ème n'est
plus un "overdrive" mais
un rapport conventionnel pour plus
de réactivité. Au chapitre
confort de suspensions, le Telelever
devrait toujours faire des merveilles,
combinant précision de conduite
et effet anti-plongée au freinage.
La suspension arrière
fait appel à un combiné
ressort/amortisseur à gaz haut
de gamme asservi à la course
de débattement (WAD). Son principe
(inauguré sur la R
1150 GS Adventure) se traduit
par une progressivité croissante
de l’amortisseur au fur et à
mesure que la course de débattement
augmente. L’amortisseur réagit
ainsi par des réactions fines
et confortables à la moindre
irrégularité de la route
tout en offrant un potentiel suffisant
pour un terrain accidenté où
les chocs violents et autres ondulations
se succèdent.
Nouveau combiné d'instrumentation,
apparition d'un indispensable antivol
par clé codée, nouveau
bloc optique avec réflecteurs
à surface complexe, selle améliorée
en confort et en réglage...
La GS a sacrement évolué.
Gageons qu'avec toutes ces attentions,
la nouvelle 1200 ait les prétentions
d'assoir sa domination
dans le trail GT.
BMW
nous fait beaucoup de promesses
avec cette GS ; avec fierté
et optimisme car la marque bavaroise
ne déçoit que très rarement. Plus puissante et plus
légère, la Münichoise
élargit son champ d'action
en devenant un chouïa plus
sportive. Avec 30 kg de moins à
mouvoir, et 15 ch de plus dans les
pistons, le boxer est débordant
de vie. Modèle de souplesse,
le twin ne se prive pas d'efficacité,
devenant même très
vivant dans le haut du compte-tours.
Quelle pêche ! Avec son arbre
d'équilibrage, les vibrations
se sont trouvés une éducation.
Bien qu'encore présentes
(la nouvelle rigidité de
la partie-cycle n'y est pas étrangère),
leur compagnie est des plus discrète.
Peut-être y accordera t'on
une certaine attention lors de trajets
sénatoriaux...
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On aura bien
d'autres sensations en quittant
le réseau autoroutier. Car
la GS est devenu plus joueuse, plus
légère dans sa conduite
tout en conservant une précision
souveraine. Infaillible, le Telelever
assure efficacité, sérénité...
et sportivité. Le train avant
offre désormais un senti
plus "direct" de la route,
appréciable si on aime savoir
ce qui se passe sous ses roues ;
mais on y perd (modérément)
en confort. Peut être le seul
point où la 1200 déchante
par rapport à la 1150.
OK, certaines concurrentes offrent
une conduite plus liquoreuse ; mais
la BM passe devant tout le monde
quand les enchaînements alternent
aux changements d'angles. Il y a
même de quoi dégoûter
certaines sportives au sang chaud.
De retour sur les nationales, on
en oublierait presque la boîte
tant le fonctionnement de celle-ci
s'est améliorée. Pas
autant de louanges pour la protection
: ni pire mais ni mieux que l'ancienne
GS. Pas de quoi crier au scandale.
On peut croiser vite (très)
assis dans la plus grande décontraction.
L'ergonomie est soignée et
modulable. Chez BM, c'est la moto
qui s'adapte au pilote, pas l'inverse.
S'il s'agit de s'aventurer hors
du bitume, la GS ne dit pas non,
tant que le terrain ne se dégrade
pas trop. Si elle n'est pas au niveau
d'une KTM
Adventure (moins voyageuse),
elle s'en tire toutefois très
bien, même mieux que la 1150.
Modérez cependant l'optimisme
: un trail de 230 kg ne se rattrape
pas comme un 600
XT !
Un soupçon moins confortable
mais superbement améliorée,
la GS demeure l'outil d'évasion
par excellence. Dommage qu'aucune
version de base (sans ABS) ne soit
disponible. L'esthétique
"retaillée" pourra
en rebuter certains mais dans l'ensemble,
il y a bien peu de reproches à
l'encontre de cette excellente machine.
M.B
(texte de l'essai inspiré par l'article de C. Lacombe
Moto-journal
n° 1 601 -
photos constructeur) |