Discrète,
multi-usages et prête à
tout, la 650
Deauville faisait tranquillement
son petit bonhomme de chemin, avec
décontraction et servitude.
En fait, elle n'avait pas à
s'inquiéter de son environnement
car elle était la seule à
s'y mouvoir. Ce statut monopolistique
de GT de moyenne cylindrée
se poursuit avec une généreuse
refonte de la part de Honda.
Fini
l'air gentil et policé de
la 650 - cette nouvelle 700 aux lignes
plus tendues puise son inspiration
dans certains modèles de
la gamme. Le bloc phare est sans
conteste l'élément
le plus flagrant, dérivé
étroitement de celui de la CBR
1100 XX. Avec cet élégant
relookage, la Deauville augmente
également son niveau de protection, de confort, et ses aspects pratiques.
Le nouveau pare-brise est désormais
réglable en hauteur et en
inclinaison. Les valises gagnent
en contenance, passant de 24
à 27,4 L à gauche
et de 19,5 à 26,7 à
droite - Petite astuce appréciable,
elles sont reliées par un
tunnel, ce qui permet de transporter
des objets longs. Si ça ne
vous suffit pas, des couvercles
plus profonds sont disponibles en
option. Et puis, il vous reste encore
de la place dans les 2 boites à
gants avant.
Sous les fesses du pilote, une mousse
et une forme de selle différente
pour plus de confort ; pour sa position,
des demi-guidons rehaussés
de 30 mm améliorant la droiture
; pour les jambes, des caches latéraux
plus étroits qui permettent
de poser plus facilement les pieds
au sol.
Pas
de changements prononcés
pour la partie-cycle, si ce n'est
l'apparition d'un ABS en option,
d'une petite modification du système
de freinage combiné CBS qui
équipait déjà
la 650,
et d'un nouveau réglage de
précharge sur l'amortisseur
arrière, offrant 40 positions
et une bonne grosse molette accessible
et pratique.
Coté moteur, c'est plus fourni
et même conséquent
; à croire que c'est la Honda
qui évolue le plus pour 2006.
L'increvable bicylindre gagne 33
cm3, troque ses 3 soupapes et ses
2 bougies par cylindre pour une
culasse à 8 soupapes avec
une bougie par chambre de combustion.
Plus compactes, les chambres permettent
un taux de compression plus important.
Pour satisfaire aux normes Euro
3, les antiques carburateurs sont
remplacés par une injection
PGM-FI ; la nouvelle ligne d'échappement
s'occupe du reste. Le moteur gagne
ainsi quasiment 9 ch et 15 % de
couple supplémentaire.
De
nombreux accessoires sont prévus
pour la 700 Deauville, et dans cette
perspective, l'alternateur délivre
50 %
de puissance supplémentaire
soit 452 W. La liste est suffisamment
longue pour se faire une mini-Goldwing.
Quelques exemples ? Top-case de
45 L, feux de brouillard avant et
arrière, couvercles de valises
plus profonds, système audio
avec MP3, kit haut-parleurs, poignées
chauffantes, GPS, prise 12 V, déflecteurs...
Plus
de confort passe aussi pour une
meilleure lecture de l'instrumentation.
Le tableau de bord de la 700 est
bien plus riche en informations,
comptant 4 cadrans analogiques,
une fenêtre digitale et une
batterie de voyants. L'HISS, antivol
par clé codée, fait
aussi partie de la dotation standard.
Ainsi gonflée, la 700 Deauville
repart de plus belle à la
conquête des coursiers des
grandes villes.
Essai :
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C'est clair, la Deauville s'éloigne de plus en plus du concept utilitaire pour s'affirmer comme une abouti petite GT. Avec tous ses aspects pratiques qui vont bien, qui facilitent la vie et font de la Honda un outil multi-services. Cela se traduit aussi par une nette amélioration de la finition. La NT 700 V est belle et bien fignolée ; c'est plaisant et c'est que mieux pour le moral.
Un moral que la 650 nous assombrissait quand il s'agissait d'avoir un peu de pêche. Le bicylindre était certes indestructible mais pas d'une super vigueur. Le 680 cm3, lui, est une grande bouffée d'oxygène pour la machine (et le pilote). La moto a bien plus de tonus et de vaillance - Y a pas photo ! Ce gain en performances a hélas mangé un peu de souplesse au twin.
Mais une vraie GT se doit d'avancer plus de confort dans sa charte de qualité. Honda y a pensé et c'est un fait que le pilote soit mieux installé. La protection est meilleure, la selle plus accessible, la position sur la moto donne un peu plus de majesté et l'instrumentation s'apparente à un véhicule de belle gamme. Moins de vibrations de la part du moulin, un mieux pour les suspensions, ; ce n'est pas encore la rolls des GT mais ça s'améliore sur beaucoup de plans. La tenue de route comme le freinage n'essuie aucune critique. Par contre, pour ranger un casque intégral, se protéger pieds et mains, et avoir un bout de musique, faut nécessairement passer par les options. On ne devient une petite Pan en claquant des doigts... Mais on s'en approche.
M.B
(Texte de l'essai inspiré par l'article de C. Lacombe
Moto-Journal n° 1 698 -
photos constructeur) |