La
Bandit fête ses 10 ans en
2006. L'occasion idéale pour
se refaire une beauté. Et
comme la cadette y est déjà récemment
passée, autant lui piquer
ses nouvelles fringues (de toute
façon, ça se passe
comme ça depuis l'apparition
de cette famille). La GSF revêt
donc le même costume que la 650,
à savoir le tête de
fourche restylé pour la version
S et le petit capotage de phare
pour la Naked. La suite des évolutions
esthétiques sortent elles-aussi
du même moule : écopes
sur le coté du cadre au dessus
du moteur, nouvelle selle en 2 parties
et nouveaux caches latéraux
derrière la rampe de carbus.
Pour distinguer la 1200 de la 650,
il suffit de jeter un coup d'oeil
aux carters latéraux, qui
sont chromés sur la 12. Les
étriers de frein Tokico ne
sont plus à 6 mais à
4 pistons, la fourche semble différente
et l'échappement n'est plus
fixé par 3 grosses vis comme
sur la précédente (dommage ; on pouvait changer de
pot en quelques coups de tournevis).
Esperons que les motoristes d'Hamamatsu
se soient penchés sur les
carbus et redonné un peu
de gros caractère au 4 cylindres.
Rempli et coupleux, le gros moulin
refroidi par air et huile avait
perdu un peu de sa grande gueule
lors de l'évolution de la Bandit en
2001. Ça s'est très
bien passé pour la 650,
il n'y 'a pas de raison pour que
ce soit différent pour la
B12. Suivant la politique tarifaire
de Suzuki, la GSF 1200 est proposée comme
le gros roadster le plus abordable
du marché.
Essai :
Un gros roadster a toujours cette faculté d'intimidation dû à son rang. Un petit quelque chose qui provoque ce genre de phrase chez les timides : "Ouhla ! C'est trop gros pour moi ; je pourrais jamais y tenir...". Avant de juger, asseyez-vous donc sur la nouvelle B12. Avec des petits riens, on peut faire un grand tout. Cadre plus étroit au niveau de l'assise, selle affinée et ajustable en hauteur, réservoir plus court de 3 cm, ce n'est pas grand chose dans l'absolu mais cela permet à beaucoup de monde de poser les pieds sur le tarmac. "Je suis pas assez grand" ne sera plus une excuse.
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Galerie d'images |
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On est toujours installé naturellement et sereinement sur la Bandit, désormais un peu plus près des commandes et un poil moins confortablement - la selle vous en offre un peu moins. Le souffle puissant de la Suzuki est prédisposé à vous emmener loin et longtemps, à condition que vous supportiez la pression de l'air sur le casque. En version S, le semi-carénage vous protège le buste mais pas au dessus du niveau des épaules. Dommage - option bulle haute conseillée si vous roulez loin et souvent.
La clientèle de la grosse Bandit n'est pas celle des gros roadsters agressifs que sont les Z 1000, FZ1 ou S4Rs. Car la Suzuki n'est pas une adepte du fouet et de la puissance cravachée. Niveau moteur, peu de choses ont changé : juste un échappement catalysée et un système d'injection d'air dans les conduits d'échappements pour lui faire passer Euro 2. Le 4 cylindres à refroidissement air/huile est un gros muscle paisible, généreux, toujours disponible pour relancer de belles reprises et des accélérations fougueuses. Quel plaisir de savoir qu'il y a toujours quelque chose qui va répondre à la poignée droite, quel que soit la régime et sans vous faire de coup vache - le moulin est très souple, prévenant et dosable. Tout comme le freinage qui ne semble pas avoir souffert de la perte de 2 pistons par étrier.
L'un des gros avantages de la partie-cycle de la B12 est cette efficacité naturelle qui n'impose aucun mode d'emploi. Facile, sans souci et stable, la Suz sied à merveille à son statut de grosse moto très homogène. Il n'y a que du coté des suspensions qu'elle pêche un petit peu - celles ci s'acquittent convenablement de leurs tâches mais on apprécierait un peu moins de fermeté.
Doté d'un bon rayon de braquage et d'une grande souplesse, la ville ne lui fait pas peur. Ce n'est pas pour autant qu'elle ira se battre face à la nouvelle génération de street-fighter. Pour cela, Suzuki nous prépare sûrement quelque chose, comme c'est le cas dans sa gamme 600 : la Bandit pour tout le monde, la GSR pour ceux qui aiment plus corsé.
M.B
(Texte de l'essai inspiré par l'article de M. Montange - Moto-Journal n°1 697
photos constructeur) |