Fiche moto ACCUEIL > FICHES MOTO > INDIAN > 1133 SCOUT 2016 > Essai
Partagez avec vos amis :
Partagez avec vos amis :

Une Indian dans la neige

Indian 1133 SCOUT

Cliquez sur l'image pour la visualiser en grand format

 
Indian

Essai de la Indian 1133 SCOUT

Par
Indian 1133 SCOUT

 

 

            « Va falloir que je prévois une écharpe… »

            C’est fort de cette réflexion hautement philosophique que je prends la météo ce matin-là. Il me faut partir dans quelques minutes pour Passy en Haute-Savoie (à côté de Sallanches) afin de réaliser un essai de l’Indian SCOUT 1133. Je pars de Lyon en direction du Nord-Est en regardant la grisaille au loin. On annonce des températures de 5 degrés, de la neige et de la pluie. Mais après tout, quand on essaye une marque qui s’appelle « Indien », ce climat rude et rigoureux des Alpes fait ton sur ton avec ce que je pourrais rencontrer dans les grandes plaines d’Amérique à la saison froide. Alors bon…

 



Un peu d’histoire :
            Oui car c’est important. Lorsqu’on évoque Indian, il ne faut pas oublier que cette marque existe depuis plus de 110 ans et fût fondée en 1901 (soit deux ans avant la crétion officielle d’Harley Davidson) avec l’association d’un ingénieur,  Oscar Hedstrom, et d’un représentant en bicyclettes George Hendee.
Le temps passe sur cette marque qui a connu des hauts et des bas avec une concurrence très rude venant, entre autre, de Milwaukee. Ce combat laissa des traces et en 1953, l’Indien s’en est retourné quelque-part, là-bas, dans les plaines lointaines pour entrer dans un sommeil qui durera près de 60 ans (avec, il est vrai, quelques sursauts de temps en temps mais rien de bien concluant…).
Puis, en 2011, La société POLARIS, qui avait créé VICTORY, tente à son tour la relance. 3 années plus tard, l’indien revient de ses lointaines plaines pour s’afficher au grand jour avec un nouveau modèle résolument moderne mais avec un nom teinté de nostalgie : la SCOUT.



750 scout de 1928

Contact
            J’arrive en fin de matinée chez POLARIS à Poissy dans le 74. POLARIS, c’est avant tout un constructeur de motoneiges, quads et tricycles racés. C’est aussi la marque fondatrice de VICTORY et l’importateur d’INDIAN en France. Après quelques mots échangés autour d’un café, je prends possession de la bête. Devant le garage, sa teinte rouge tranche avec la clarté du mur du garage et le gris des nuages. Elle est basse, elle est longue et elle semble déjà rire de ce que je vais devoir subir pour la tester. Je m’approche de ce Mohican pour l’observer d’un peu plus près. 


Le tour du proprio
            Après la couleur et le profil très longiligne, l’autre chose qui me marque c’est le marron clair de la selle. Cette dernière semble bien creusée. Mes lombaires vont être bien installées là-dessus. Puis je regarde le compteur. Le mélange des couleurs donne une impression classieuse à souhait. Le guidon, lui, semble étrange : Un profil bas et tourné vers l’arrière mais qui s’avérera très confortable à l’usage.

            Les jantes sont de toute beauté. Bon, je suis un nostalgique des jantes à rayons, c’est vrai, mais je dois avouer que l’effet de peinture noire sur l’intérieur avec les bords et l’extérieur des bâtons polis font un très bon effet. De plus le garde boue affiné lui donne une impression de fluidité. Non, vraiment, on aime ou pas le style mais faut avouer qu’elle est bien belle.

            Le regard se porte maintenant sur le moteur : On devine tout de suite un bicylindre à refroidissement liquide et arbre à came en tête. Le tout est recouvert de noir et certaines moulures sont polies et ressortent comme une lueur. Sur le côté gauche, on trouve le médaillon « Indian » et la célèbre tête d’indien. Enfin, les «I » majuscules inscrits sur le côté des culasses et encadrant le « 1901 » (date de création de la marque) finissent d’achever le résultat hautement qualitatif qui se dégage. Le soin qui est apporté à la finition de ce moteur l’affiche clairement dans la cour des grands. 


            Tour de clef au contacteur, le moulin s’ébroue. Au ralenti, on distingue tout de suite une rotation plus rapide que les bicylindres en V classiques. Au son, je me dis que ce bouilleur devrait être un bon compagnon de route. Il est à noter que le modèle dont je disposais était équipé de silencieux Remus. Allons voir ce qu’il en est…


Et c’est parti !
            Son gabarit ne trompe pas : c’est un vrai vélo ! Elle se manie vraiment aisément malgré ses 250 kgs. De plus la selle basse ainsi que le centre de gravité très bas lui confèrent une grande stabilité et maniabilité. Bon faut pas non plus trop la brusquer hein ? Ce n’est tout de même pas une sportive mais le plaisir de la balancer de droite à gauche est bien là. Elle répond sagement sans faire peur, elle met à l’aise quoi. En fait elle se conduit comme ce qu’elle dégage. Les cales pieds avancés et le guidon proche donnent une position de conduite un peu déroutante pour celui qui ne connait pas le monde du custom, mais qui s’avérera très vite confortable pour un voyage. Du moins à vitesse raisonnable ! Car la prise au vent est tout de même conséquente mais c’est normal sur ce genre de machine et puis flâner le pif dans le vent, c’est pas mal non plus.
La selle est aussi à l’image de ce qu’elle dégage : creuse et bien taillée, elle cale bien les reins mais…elle est dure ! Notez qu’il est très facile de remédier à cela en la faisant retravailler chez un sellier.

En entrée, vous prendrez bien un peu de ballade…
            Je décide de prendre un peu de hauteur et me dirige vers Megève. Il y a de la neige partout mais les routes sont super bien déneigées. Je n’ai pas froid du tout (merci mon équipement) et la route est magnifique. Vous savez quoi ? J’ai beaucoup apprécié monter tranquillement sur un filet de couple au milieu des sapins avec le ronronnement grave du moteur. La scout se manie facilement et n’est pas piégeuse. C’est clairement une docile. Puissante et joueuse oui, mais docile. Les suspensions sont fermes et agréables. J’ai souvent trouvé des fourches un peu molles sur ce genre de machine mais il n’en est rien ici. On est dans la sensation que l’on peut trouver sur un roadster. De plus, le freinage fait correctement son job. 


            Un petit bémol tout de même : dans la descente, j’utilise le frein moteur. Bon ça c’est normal. Par contre, dans cette phase, l’injection se coupe entièrement (du moins c’est l’impression que j’en ai eu) procurant une sensation de panne sèche. Puis, dès qu’on touche à peine la poignée, hop, tout se remet en route comme si on venait de rouvrir un robinet d’essence. On s’y habitue, c’est vrai, et ce n’est pas déstabilisant mais ça fait tout de même bizarre au début.
    La boîte à 6 rapports n’est pas en reste non plus avec une selection précise et un sentiment de robustesse. Elle est facile à utiliser et n’a pas de côté désagréable. Ca s’enclenche bien et la selection est très naturelle. De plus, la transmission finale par courroie apporte une bonne souplesse à l’ensemble.
    J’arrive sur Albertville et il n’y a plus de neige dans les champs. Un bout de grand ruban. On va essayer d’engager la conversation avec le bouilleur.

…et un peu de voyage pour la suite ?
    
            Ben ce moulin, il pousse fort ! Souple en bas des tours, l’envolée se fait sans rechigner dans une poussé constante. Un vrai régal. Le couple est placé haut pour ce genre de machine, c’est vrai, mais la puissance et la souplesse permettent de se faire plaisir à tous les régimes. En fait, pour ceux qui connaissent, on retrouve un peu le même caractère qu’un 1000 SV en moins sportif. A l’aise en bas des tours et plein au milieu. Et même si des vibrations se font sentir à certains régimes, il s’avère être un modèle de polyvalence et une agréable surprise !

            Au niveau de la mélodie, on reconnait le chant caractéristique du bicylindre en V avec, au fur et à mesure que le compte tour grimpe, l’atténuation progressive du son des temps moteur pour finir en feulement rauque.

            Le tachymètre est un peu déroutant : gradué de manière classique jusqu’à 120, les inscriptions se font très rapprochées au-delà ce qui le rend plus difficile à lire. Par contre, l’association des couleurs brun/rouge passé est du plus bel effet !

            Seule ombre au tableau et déjà évoquée plus haut mais qui prend toute son importance ici, la protection face au vent. L’absence de saut de vent ou déflecteur ainsi qu’une position de conduite plutôt droite vous ferrons vite sentir le moment de relâcher la poignée droite. Mais, je le redis, c’est normal sur ce genre de machine. Il faut le savoir, c’est tout. Les grands avaleurs de ruban devront très certainement investir dans un pare-brise ou autre…Il est également  à noter la stabilité de la partie cycle qui s’est trouvée être très bonne.

            Au niveau de la finition c’est quasiment un sans faute. Les différentes parties sont bien mises en valeur avec de nombreux détails qui rehaussent le bien fait (comme l’incrustation du logo Indian sous le cabochon de feu stop). Je n’ai eu qu’un seul petit ennui de ce côté-là : la poignée gauche commençait à s’enlever. Cela fût tout de même un peu déroutant. Dommage.

            Séance photos du côté de Chambéry puis il me faudra ramener la bestiole à son propriétaire. J’avais eu la neige mais pour le retour, ce sera la pluie qui s’invitera à mes côtés. Bah après tout, se prendre une grosse rincée sur la courge, ça fait partie du bagage de tout motard et puis y a rien de tel pour apprécier la chaleur d’un bistrot...On enlève sa combarde dans le troquet, on sent la chaleur monter doucement, on fait sécher ses pompes. Puis vient le moment de partir. On remet tout le bazar, on passe 20 minutes à se préparer, à se contorsionner et on commence à transpirer mais c’est pas grave car on va être bien à l’abri après cette préparation consciencieuse…

           …Pis on s’aperçoit que pendant qu’on cherchait les pièces de monnaie dans les poches du jean sous la combinaison, ben la pluie s’est arrêtée………. (eh oh ! Rigolez pas! Je sais que ça vous est arrivé à tous !)

             Une balade en hiver a quelque-chose de particulier. Déjà, on ne croise pas beaucoup de congénères et on a vraiment l’impression d’avoir la route pour nous. De plus, le calme renvoyé par les paysages blancs invite à la méditation…


Pour finir
            La scout a vraiment quelque chose d’attachant. Elle n’a pas zéro défaut bien-sûr mais cruiser à son guidon fait vraiment plaisir et lors des longues étapes, on pourra jouer avec un moteur aussi enjôleur que surprenant. Une bien belle moto donc qui pourra sans aucun problème mettre le pied à l’étrier de toutes celles et ceux qui veulent connaître quelque chose de différent. Elle mettra en confiance rapidement autant pour la balade dominicale que pour les périples de plusieurs jours. Pas de mauvaises surprises, elle est ce qu’elle semble être. Après, le style très longiligne de la forme générale (accentué par le guidon orienté vers le conducteur) pourrait en rebuter certains mais le catalogue de pièces permet de modifier cette ligne. Elle se prête très bien à la customisation (je vous invite à aller voir sur le net les photos de certaines préparations : bobber, custom, etc…il y en a pour tous les goûts). Un doux parfum entre modernité et vintage…

            De retour chez Polaris, je regarde les différents modèles de Victory et d’Indian et je ne peux m’empêcher de me dire que pour un style aussi fréquent, ces deux marques apportent une vision non pas radicalement différente, mais avec indubitablement leurs touches personnelles. Deux gammes à découvrir donc pour les curieux du genre !

            Il semblerait bien que l’Indien soit bel et bien de retour de ses grandes plaines pour nous montrer ce dont il est capable avec un regard sur ce style de motos qui lui est propre. Seul l’avenir nous dira si se sera une victoire ou pas. En tout cas, on ne peut qu’espérer sa réussite !

Ajouter vous aussi un commentaire sur "la Indian 1133 SCOUT 2016"
Gagnez du temps, créez vous un compte et postez tant que vous voulez !
Pseudo :
Votre E-mail :
Notez cette moto :
Bof - 2 - 3 - 4 - Top
Titre :
Commentaire :