Motoplanete

ActualitéBol d'or 2012 - Conclusion, histoire et anecdotes.

Bol d'or 2012 - Conclusion, histoire et anecdotes.

         Jamais deux sans trois. Cette expression mille fois exprimée et vérifiée pourrait à elle-seule résumer la fortune de BMW #99. Le team était l’un des grands favoris, non seulement capable de remporter ce bol mais de le faire avec punch. Sauf que les terres nivernaises en ont décidé autrement.

          55 doses dans un volume d’eau

         Le bulletin météo annonçait du gris, du frais, et du temps d’automne. Un panorama très éloigné d’un décor de vacances. Il suffisait de pénétrer dans l’enceinte du circuit pour basculer dans une dimension calquée sur la nervosité. Quelques motards, des teams préparant ou réparant leurs machines, beaucoup de gendarmes… Non, une force de frappe de gendarmes, prête à contrer une foule en masse. Le préfet croyait-il qu’une guerre civile naitrait pendant une course de moto ? On croit rêver...

bol-d-or-2012-conclusion-1

         Une visite du vendredi soir dans le camp des fous nous éclairera sûrement sur ce sentiment parano-sécuritaire. Une série de mesures prises par l’organisation était censée limiter voire annihiler les délires des visiteurs. Mais après avoir vu ce déploiement de force de l’ordre, comment ne pas imaginer le pire ? Y a-t-il dans le camp des sociopathes ? Des machines de guerre ? Des engins de torture ? Que nenni. Comme chaque année, les allées nous offrent quelques moteurs hurlants, quelques motos poussées à l’agonie, quelques ivresses vagabondes. J’insiste sur le ‘quelque’, car ces expressions parfois surréalistes de la folie humaine n’ont plus la verve ni la multitude d’autrefois. Entre les chemins, devant les stands en tous genres, au milieu du village, la foule n’est plus aussi dense. Cela fait mal au cœur et pourtant ; moins de monde sera présent sur ce bol.

bol-d-or-2012-conclusion-2

         Que nos yeux se rassurent : A quelques instants du départ, les gradins ont fait le plein. Des milliers d’yeux attendent avec ferveur le rugissement des 220 cylindres. Japonais ou européens, tous les moteurs, encore endormis, sont des 4 cylindres. Certains rugiront, d’autres gronderont, mais tous sont en ligne. Tous ? Un seul se distingue. Un V4, celui de l’Aprilia RSV4 du team Le Mans 2 roues.
A sa gauche, tout en haut de la grille et gratifié du chrono le plus court des qualifications, une GSX-R tatouée du n°1, celle du S.E.R.T. Elle partage la vedette avec  la Kawasaki ZX-10R #11, les Yamaha R1 du GMT 94et du YART, la magnifique CBR TT Legends, et la très dangereuse BMW S 1000 RR #99. Une lame à double tranchant : surpuissante, efficace, démoniaque, l’hypersport de BMW fait trembler le paddock comme son team-manager. Les pilotes en ont pulvérisé deux depuis mercredi. Et que dire de la météo. Le warm-up et les derniers réglages furent surveillés par le soleil ; à 14 hrs, la piste était encore sèche ; quelques minutes avant le départ, une averse change la donne et les motos changent de godasses en urgence. Il est 14 h 59, et tout le monde sait qu’on va en ch…

bol-d-or-2012-conclusion-3

         Une clameur s’élève soudain de la tribune. Le drapeau du départ vient de lâcher 55 acharnés. Quelques pas pour traverser la piste, un grondement titanesque, et voici la GSX-R du SERT qui bondit en tête. Un superbe départ où Vincent Philippe laisse tout le monde sur place. Les favoris partent sans ménagement à sa poursuite, Kawasaki et BMW en tête. Les verts attendent depuis trop longtemps cette victoire, et BMW en a marre de ne pouvoir transformer ses efforts. On joue gros sur le terrain.
Et la piste n’a manifestement pas du tout envie de leur rendre les deux tours d’horloge facile. Durant la première heure de course, les gamelles se mêlent aux surprises : en 3eme position, c’est une Superstock qui vient jouer les trouble-fêtes ; une certaine Louit Moto 33, dont l’un des pilotes, Loris Baz, va susciter l’admiration par ses performances sur piste mouillée.

bol-d-or-2012-conclusion-4

         La course étant lancée, le circuit va commencer à jouer avec les nerfs. La piste sèche gentiment, obligeant à composer entre le chrono et la prudence. Ca descend en 1.49, puis 1.46, 1.43. Et d’un coup, le speaker hurle une chute, celle que l’on redoutait, celle qui va flinguer tous les pronostics. La BMW officielle vient de se mettre le gadin de trop. Damian Cudlin se relève, ramène la S 1000 RR, et s’écroule. Le team reconstruit la moto et Sébastien Gimbert tente de repartir à l’assaut. Il y croit, comme beaucoup de monde, mais il est trop tard. Le destin de BMW Motorrad est déjà scellé : A peine reparti, Sébastien est confronté à un problème et retourne au stand. On s’active, on répare, et Seb repart. Pas longtemps. L’hypersport roule encore quelques instants, puis revient pour la dernière fois dans son foyer où elle viendra s’abandonner. Pour BMW, le Bol d’or 2012 se termine dans l’amertume, avant même d’avoir accompli 2 heures de course.

bol-d-or-2012-conclusion-5c

         Avec ce redoutable challenger en moins, et des Yamaha moins dangereuses que prévu, le SERT et le SRC vont pouvoir s’expliquer. Dès le début de la course, Kawasaki semblait bénéficier d’atouts de choix : des relais plus longs, une moto de dernière génération, de l’assistance électronique plus poussée. Mais il en faut plus pour ébranler Méliand, véritable maestro de l’endurance. L’adversaire est noble, et le combat sera de qualité. Mais l’estocade ne viendra pas des concurrents…
18 h 47 – Vincent Philippe chute et se classe la clavicule. A cet instant, Suzuki vient de perdre le Bol d’or. Sa deuxième place au final en devient presque héroïque : Méliand va devoir terminer cette course avec deux pilotes, leur imposer un rythme élevé, et bouffer une météo minable à outrance. La pluie revient sur Magny-cours, s’installe à peine et laisse le vent sécher la piste à nouveau. La nuit sera épargné de ce genre de caprice, mais le dimanche sera conjugué avec la même incertitude. Avec en bonus un vent saisissant, qui emmène le froid jusqu’au creux de la fatigue des teams. Dans les box, c’est le froid et les prémices de l’épuisement.

bol-d-or-2012-conclusion-6

         Un peu plus loin, un peu plus tard, un team va connaitre l’un des plus spectaculaires volumes de ce 76eme Bol d’or. Depuis que la Yamaha Folch lui était passé devant vers 6 hrs du matin, la CBR au parfum de Tourist Trophy était verrouillée en 6eme position. Un peu avant 11 hrs, Cameron Donald est au guidon. La CBR freine pour la 628eme fois à Adélaïde, la moto est en ligne, la piste humide… et blang ! L’avant se dérobe, la moto vacille, chute, poursuit sa course sur le flanc puis s’exécute d’une série de tonneaux spectaculaires. La stupeur passée, Cyril m’interpelle : « La CBR, elle est équipée de l’ABS, n’est-ce pas ?!? ». Il a bougrement raison. Honda a pourtant fait moult battages sécuritaires sur son ABS sport. L’anti-blocage était-il vraiment sur cette CBR 1000 EWC ? Simple argument marketing ?

bol-d-or-2012-conclusion-7

         Chez Yamaha, on sourit sans réellement s’extasier. Les teams leaders de la marque aux diapasons (GMT, YART, et Folch) n’ont jamais pu se mêler au combat monopolistique SRC vs SERT. L’équipe de Guyot gardait encore un souvenir amer de la saison 2011. Même si la dernière bouchée fut la victoire aux 8 heures de Doha, l’année dernière fut celle du pain gris. Le GMT comptait donc bien remettre les pendules à l’heure, surtout qu’une nouvelle R1 voulait regonfler le moral des troupes. Dans la série comme en compétition, l’hypersport met en avant le fameux Traction Control, l’outil indispensable qui a modifié la donne en Superbike comme en MotoGP. Aux essais, le contrôle de traction permettaient de gagner une seconde au tour. Les Yam avançaient-elles là une nouvelle pièce maitresse capable de mettre en déroute le plateau ? Pas vraiment, et même l’inverse. En course, cette bride électronique était loin d’enchanter les pilotes. Pire : les chronos sont loin d’être ceux qu’espérait le team.

bol-d-or-2012-conclusion-8

         Jusqu’à la dernière heure de course, personne ne s’est avancé sur la victoire de Kawasaki. Un écart toujours mis sur la sellette, une tension palpable, des teams-managers au sommet de leurs arts, voila qui a donné du piment jusqu’au drapeau à damier. Kawasaki peut savourer cette victoire, véritablement arrachée à la piste. Au-delà de la compétition, ce Bol soulève aussi des questions. Le spectacle était là, mais les spectateurs ? Un week-end coûte sévèrement cher. OK, l’organisation ne peut rien faire contre la flambée du prix de l’essence.  Mais le tarif d’entrée, des sandwicheries (outrageusement scandaleux), du merchandising, on pourrait peut-être calmer le matraquage.
Et il y a ce pertinent coup de gueule de Vincent Philippe. Pendant la conférence de presse post-qualifs, le pilote du S.E.R.T a dénoncé les maigres primes de pilote et la politique tarifaire des pass.
Enfin, je ne peux laisser sous silence mon indignation, le choc ressenti lors d’une promenade dans le camp des fous. A proximité des moteurs en furie, des flammes et de la folie, ce n’est pas le comportement tantôt loufoque, parfois dangereux des acteurs qui m’a inquiété. Non, ce sont ceux qui emmènent leurs enfants dans le creuset de l’ignominie humaine. Est-ce intelligent de montrer à des jeunes de 8 ans la beuverie insatiable et le chaos ? Pire, nous avons croisé un bambin dans un landau. 50 mètres plus loin, 3 motos hurlaient d’agonie à 15 000 trs/mn, accélération soudée pour le plaisir de l’infamie. N’y a-t-il que moi qui s’offusque ?

bol-d-or-2012-conclusion-9

         Le bol d'or, c'est aussi un micro-univers dans la salle média, où journalistes et photographes vous font partager cette compétition. Je voudrais saluer et remercier mes collaborateurs et amis Yffic Narbonne et Cyril Douyere, qui font un superbe boulot sur place ; Françoise Depierre, envers qui j'exprime une reconnaissance et un respect immenses ; Laurent et toute l'équipe de Lesmotards.com ; les collaboratrices de la salle de presse ; le team ECS Chronosport pour son accueil.

Suivre l'actualité

Vous voulez en savoir plus sur l’actualité moto, recevez les informations dans votre boite mail.

Vos données personnelles font l’objet d’un traitement informatique par la société qui gère le site Motoplanete sur le fondement de votre consentement et sont utilisées pour la gestion de vos alertes. Pour en savoir plus et pour exercer vos droits, consultez notre politique de données personnelles.

Avis

J\'y étais et j\'ai encore des images plein la tète.Le spectacle était formidable ,les animations aussi.Mais le coin camping était déplorable.Aucun sanitaire.On est pas des animaux,si quelques imbéciles ont fait le cirque les années précédentes,ne le faites pas payer à tout le monde. Répondre à jojonono25

Bravo pour ce reportage. Il relate l'essentiel : la beauté et la prouesse du spectacle donné par les acteurs, le peu de spectateurs présents, et l'ignominie observée dans le camp des sauvages (certains les appellent les gaulois). Dommage: tout ceci ressemble au crépuscule d'une épreuve sportive en perdition. C'est pour moi un véritable gâchis car cette course reste une grande aventure humaine pour chacun des paticipants, et pour qui sait en profiter! Répondre à Mick

mon rêve c d?être parmi c pilot Répondre à mino-yamaha

pat
moi;je n'ais plus rien a faire avec ses gens! maintenant je me place dans un camping prive, ça me fait chier mais je n'ais pas le choi.je reve de revenir au bol de 1970,a nostalgie quand tu nous tient!un grand V a vous tous. Répondre à pat

Eh oui, on ne copie pas facilement la GSX-R (S1000RR) Répondre à victoires

Merci pour le résumé, et merci aux teams, pilotes et à la météo pour cette édition passionante ! Bien qu'au milieu de la nuit, quelques degrés de plus n'auraient pas étés de trop...<br><br>Je partage l'opinion exprimée à propos des jeunes enfants dans le camp des fous, j'ai vu un bambin haut comme trois pommes se balader avec ses parents à 2h du mat. Il faut laisser le camp des fous... aux fous ! Répondre à seb77

bonjour j'y ete au bol d'or et j'ai bien vue des enfants en basage et jeune enfants qui été dans le camp de l'anarchie et j'ai trouver sa inconscients de la part des parents car le bruits et bien chose font que se n'est pas l'endoirts apropié <br>bref sinon j'ai trouver aussi que monde manquer portants cet une experience a vivre et a refaire malgrés le kilometre a parcourir bref il faut y allez et y retourner <br>merci pour le resumer Répondre à motard-normand

Super reportage Répondre à Guido

Indispensables

Un matériel en bon etat et un entretien régulier de la moto sont indispensables pour la sécurité du pilote et les performances de la machine.
Vous trouvez tout le nécessaire (équipement, pièces, outillage, etc...) et bien plus chez nos partenaires Motoblouz et la Bécanerie, avec des milliers de références disponibles.

Question du jour

Un pneu de qualification en compétition est efficace pendant ?