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Actualité Immersion sur le circuit du Mugello avec le staff Brembo.

Un technicien manipulant une roue de moto avec un disque de frein en carbone et une couverture chauffante.

Quand on te propose d'aller suivre le Grand Prix d'Italie au Mugello, tu ne dis pas non !!!
Le Mugello je l'avais fait en mode moto camping avec des potes, à l'époque Valentino Rossi enflammait les tifosis sur sa Yamaha. On avait vécu une sacrée expérience. Mugello NON SI DORME (au Mugello, tu ne dors pas), ce n'était pas une légende ; ambiance Mad Max garantie.
2026, j'y retourne en tant qu'envoyé spécial pour Motoplanète invité par brembo, le sponsor principal du moto GP d'Italie. Excusez du peu.

Vendredi 29 mai - Découverte toscane

Je retrouve 6 autres journalistes invités et le taxi nous emmène dans une charmante maison d'hôte nichée au milieu de la campagne toscane. L'endroit est magnifique et à quelques kilomètres du circuit. Une vraie carte postale.
Nous nous installons, petit plouf dans la piscine puis direction le restaurant.

Une vieille maison en pierre, un paysage montagneux, une bannière Brembo

Diner dans la petite ville de Borgo San Lorenzo en compagnie de journalistes, d'ingénieurs et de dirigeants de la firme italienne, l'ambiance est décontractée, ça parle course moto, technologie, mise au point, bouffe, pinard, la vie quoi ! Présentation du programme du week-end, brembo a mis les petits plats dans les grands. L'expérience promet d'être extraordinaire sur le circuit et en dehors.
Allez, un limoncello et au lit.

Samedi 30 mai, transfert au circuit

Un ristretto avant de se rendre au camion brembo. Andréa Pellegrini, ingénieur en chef brembo performance, nous présente l'ensemble des éléments qui équipent les prototypes de moto3, moto2 et MotoGP. Etriers, maître-cylindres, disques en carbone, tout y passe. Tout est beau, respire la compétition, la performanceet l'élégance. De véritables bijoux. Sont forts ces italiens !

On s'attarde sur le matos des GP, les étriers GP4, monobloc en aluminium taillé dans la masse, fournissant une puissance maximale et une précision chirurgicale. Andréa explique le relâchement instantané des plaquettes limitant le frottement et insiste sur les ailettes de ventilations qui permettent un refroidissement optimal de l'étrier. Maîtriser la température garantie une puissance et une efficacité constante du freinage.

C'est aussi pour cela que les MotoGP utilisent des disques carbone. En termes de puissance, ils ne sont pas supérieurs à des disques aciers, mais ils supportent des températures beaucoup plus élevées, jusqu'à 900C. Ils sont aussi bien plus légers et on connaît l'importance du poids en compétition, en particulier sur les pièces en mouvements. Un disque de 340 mm comme ceux utilisés au Mugello pèsent 1,2 kg, une plaquette carbone 50 grammes. C'est la chasse aux grammes à tous les étages. En revanche dans cet univers où tout est fait pour aller vite, le processus de fabrication d'un disque demande de la patience, il faut compter 9 mois.

Des éléments de freinage Brembo de MotoGP sur une table d'atelier rouge

Pendant qu'on admire les plus belles pièces de la bijouterie brembo, Jorge Martin claque un 368,6 km/h en qualif, nouveau record de vitesse max dans la catégorie reine. Elle pédale fort l'aprilia ! Il lui faudra bien toute la puissance du matériel italien à l'entrée du virage de San Donato.

Je quitte les ingénieurs brembo pour aller sur la piste voir la course des Baggers. Des Harley sur circuit, quel intérêt ? C'est lourd, c'est gros et ce n'est pas parce qu'on leur greffe du Öhlins, du brembo et des slicks que cela en fera des machines de courses, quoi qu'en dise Andréa Iannone, vainqueur de la seconde manche. Personnellement, j'aurais beau m'épiler les jambes, mettre mon plus joli cuissard Tu me fous sur un vélo, je ne serais jamais le roi de l'Alpes d'Huez.

Je me mets en bord de piste pour assister au départ. Les pilotes mettent gaz en grand et à l'extinction des feux, c'est une escadrille de B52 stratofortress qui décollent. Les V-twin de 2150 cm3 équipées de lignes akrapovic délivrent une mélodie démoniaque, à vous déchirer les tympans. Premier freinage, ça se double, se redouble, ça accélère tout en glisse, le spectacle est vraiment au rendez-vous.
OK ; à choisir entre des motos électriques ou des Baggers, va pour l'Amérique.

En attendant la course Sprint, je profite de la loge brembo : clim, boissons, petits fours les architectes du freinage savent recevoir -, puis un tour des paddocks. J'ai l'opportunité de découvrir la régie vidéo, ainsi que la salle de chronométrage, les maitres du temps nous expliquent les partiels, les transpondeurs et la caméra pour les photos finish, un joujou qui fait 20.000 images par seconde. A moins d'un millimètre de différence, ce serait exæquo.

Plusieurs dizaines d'écran dans une pièce sombre.

15h00 : course sprint

Bezzecchi en pôle, le public est chaud, le temps aussi. Quelle chance de vivre la course depuis les contre-allées de sécurité. Et de constater à quel point ils vont vite ; c'est impressionnant. Vous allez me dire ils sont là pour ça et vous avez raison. Mais P***** qu'est-ce qu'ils vont vite !

Doublé Espagnol de R.Fernandez et J.Martin sur aprilia, F. Di Giannantonio complète le podium, sauvant l'honneur des Italiens et de Ducati. Car il faut bien le dire, le petit poucet aprilia est en train de mettre une déculotté à Ducati sur ses terres ; le Mugello est à moins de 100 km du siège situé à Bologne et Ducati truste les podiums ses dernières années.

18h00 : on quitte le circuit

après un débrief et nous partons découvrir les trésors de la Toscane. Re-carte postale, fracture des mirettes et des papilles, collines verdoyantes, dégustations d'huiles d'olives, spécialités locales, Tortelli del Mugello al ragu di carne (le plat préféré de Valentino Rossi), l'incontournable tiramisu. N'en jetez plus, je suis amoureux de la Toscane.
Allez, un limoncello et au lit.

Dimanche 1er juin : jour de messe

Et la messe elle s'annonce sacrément belle. Grand soleil sur la cathédrale Mugello, les pèlerins arrivent en masse, bruyants et colorés.
On sent que la pression monte progressivement dans le paddock. Warm up pour les derniers réglages puis ce sont les Moto3 qui entrent en piste pour la course. Je suis convié sur la grille et me retrouve au milieu des proto. Les pilotes sont concentrés, certains retirent les casques ce sont des gamins, à peine en âge de passer le BSR. J'exagère à peine. En tout cas, c'est chouette de voir ces futurs champions en pleine action.
On nous demande de libérer la piste, les mécanos s'affairent, retirent les couvertures chauffantes et les béquilles d'atelier. Tout s'accélère, les monocylindres 250 cm3 entrent en résonance et s'élancent pour tour de chauffe. Chacun reprend sa place sur la ligne de départ.

Pecco Bagnaia, Marco Bezzecchi, Enea Bastianini et Jérome Perrier

De mon côté, je me cale au niveau de la première ligne. Je tourne la tête : Pecco Bagnaia, Marco Bezzecchi et Enea Bastianini sont juste à côté de moi pour assister au départ ! Je suis comme un gosse, avec l'ambiance du départ, le bruit, les odeurs, les superhéros. C'est un truc de dingue, je vis un rêve.

Bim Bam Boum, c'est le départ ! Les moto3 se jettent dans le premier virage, je suis le premier tour avec mes nouveaux potes sur l'écran géant, et chacun retourne dans son box. Enfin moi, on me raccompagne gentiment vers la sortie de la Pit Lane ; j'ai un sourire béat jusqu'aux oreilles.
Je me régale devant la course moto3, puis la course moto2.

13h30 : Les tribunes et les collines sont pleines

Les tifosis chauds bouillants, la Frecce Tricolori (patrouille de France italienne) déchire le ciel bleu avec le drapeau vert blanc rouge. Le clou du spectacle peut commencer, les motoGP entrent en scène. Prégrille, tour de chauffe, on connait la chanson.

Une tribune remplie de spectateurs et une grille de départ d'une course moto

14h00 : Départ dans une hystérie collective.

Raul Fernandez se rate au premier freinage, permettant aux Italiens de dominer les débats. Pecco en pleine renaissance tient la première place jusqu'à ce que Bezzecchi le dépasse et prenne le large, pour la victoire - la messe est dite. Derrière, Acosta se bat avec un Marc Marquez diminué. Ogura, Digia, Aldeguer se tirent la bourre comme jamais. C'est viril mais correct comme on dit dans le rugby.

Ce fut un grand prix extraordinaire, Bezzecchi premier, Martin second, Bagnaia troisième mais heureux comme s'il avait gagné. Le public du Mugello est aux anges et envahit la piste pour venir célébrer leurs héros. Deux italiens sur le podium, deux Aprilia et une Ducat ; un scénario parfait pour les transalpins. L'émotion de Bezzecchi était belle à voir, les scènes de liesse n'en finissent plus.

Je me pose 5 mn, j'ai l'impression que je n'ai pas pris le temps de respirer. C'était énorme : la Toscane, le spectacle, les paddocks, les performances des pilotes, la passion, la technicité et la convivialité des gens de chez brembo, de superbes rencontres. J'ai vécu un week-end vraiment exceptionnel. Pour ma première expérience de journaliste, j'ai commencé par le dessert.
Et que ce soit en mode VIP ou dans la fosse, venir au Mugello, ça se mérite car les accès routiers sont d'un autre temps. C'est full bordel la nuit mais c'est le plus beau rendez-vous du calendrier (après le Mans, pour nous français).

Du public envahissant la ligne droite du circuit du Mugello après une course et de la fumée jaune.

16h00, c'est fini

il est temps d'aller à l'aéroport. Je remercie Daniele et Alessia de chez brembo qui ont organisé notre séjour. Et immense merci à Greg et Kinc car c'est grâce à eux que j'ai pu venir ici.

16h15, je reçois un sms, vol annulé !

Brembo gère le problème. Je ne pourrais rentrer que demain et va falloir que je passe la nuit dans un hôtel du centre-ville de Florence, y a pire comme endroit. Prolongation forcée du séjour de rêve et je sais que je ne vais pas me réveiller car au Mugello NON SI DORME !

Jérôme P.

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