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Actualité A quelques jours des 24 hrs du Mans, le président du Team Power Bike se confie

team-power-bike-14-4-07-b.jpg                   DENIS PROVENT : PROFESSION DIRECTEUR SPORTIF

Par Frantz DELAGRANGE

                 « Cette mission, si vous l’acceptez… » Cette phrase, les nostalgiques des anciens téléfilms s’en souviennent. Denis PROVENT également. Lui qui, à la demande de David BARROT, a relevé ce défi. Celui de construire et d’animer, il y a quelques années, une équipe de passionnés pour accompagner leur copain à vivre son rêve, gagner les 24 heures du Mans ou le Bol d’Or.
 Si cette mission, n’est toujours pas réalisée, le TEAM POWER BIKE s’en approche. Au point cette année d’espérer pouvoir décrocher avec Patrick PIOT et avec la nouvelle et puissante YAMAHA R1, la pôle position pour les 24 heures du Mans 2007. Denis n’en revient pas encore, lui qui, avec David, a su insuffler à son équipe l’esprit rugby fait de convivialité, de solidarité et d’amitié. Que bon nombre de teams, dans les paddocks, envie et essaie de copier.
 Denis PROVENT, directeur sportif et manager, se confie aujourd’hui.

                 Denis, peux-tu te présenter ?


                 C’est gentil et je te remercie. Je m’appelle Denis PROVENT et je suis le président de l’association sur le plan juridique du TEAM POWER BIKE. Que j’ai monté en 2001 à la demande de David BARROT qui me connaissait pour mes expériences antérieures dans le domaine associatif. Qui me connaissait également pour ma passion pour la moto ! Nous avons monté tous les deux cette modeste écurie de course et nous avons toujours travaillé ensemble pour faire progresser le team. Lui sur le plan sportif en tant que pilote et moi sur le plan administratif, gestion de la logistique et des membres bénévoles du team. Les courses se succédant, les années aussi, nous avons progressé.

                 Quelles étaient en 2001 tes compétences et ton travail ?


                 Je suis donc issu du milieu associatif et bénéficie du fait, du moins je le crois, de pas mal d’expérience. D’autant que je n’ai plus 25 ans, malheureusement. Dans mon parcours professionnel, je me suis occupé de tourisme social et j’ai toujours eu des engagements associatifs. Je me suis occupé pendant dix ans du comité des fêtes de Lézignan-Corbières ( dans l’Aude ) qui était une organisation lourde muni d’un budget assez important où il y avait énormément de logistique, de mises en place, de contrats, de législatif et de juridique.  Je suis donc venu tout naturellement à ma passion en cumulant les deux, la moto et ce côté associatif.

                 Quel est ton rôle au sein du TEAM POWER BIKE ?


                 Ce rôle a évolué depuis la retraite sportive de David. Auparavant, il s’occupait de la recherche des sponsors et partenaires, du fait de son métier et de la gestion de la concession YAMAHA - Power Bike, située route de Perpignan à Narbonne. Ma partie, plus personnelle, était de gérer la logistique et les relations avec les bénévoles, de mettre de l’huile dans tous les rouages du team et de faire en sorte que tout le monde soit heureux d’être ensemble. Je me suis occupé également de ses relations extérieures avec les organisateurs nationaux et internationaux, avec la Fédération Française de Moto (F.F.M.) J’étais en tête de ligne pour représenter l’équipe. Cela s’est relativement bien passé avec beaucoup d’humilité et avec le respect des règles pour faire passer un petit peu le comportement sudiste du team qui est finalement devenu maintenant une référence dans les paddocks. On en est très fier et on ne mesure même pas, du moins je le crois, l’aura que l’on a à l’intérieur du circuit mondial avec la simplicité qui est la nôtre.

                 Comment qualifierais-tu ce comportement sudiste ?


                 C’est difficile à expliquer. Je peux néanmoins essayer de le faire à travers des anecdotes.  Se trouver par exemple à 100 km de Berlin, après 26 heures de route non-stop effectuées dans un ancien trafic de gendarmes racheté, en transportant huit personnes et les amener au fin fond de l’Allemagne de l’Est pour participer à une épreuve du championnat du monde d’endurance. C’est quelque chose que les gens qui courraient ce championnat ne comprenait pas. Comment ces français faisaient cela ? Qu’ont-ils ont de spécial ?
Ensuite, nous nous arrêtons vers 19 heures, quel que soit l’avancement des travaux de préparation de la moto, de montage… pour boire un pastis et se retrouver tous ensemble. Chacun est dans son rôle mais on s’arrête, on boit un pastis et on repart au travail. Ces habitudes là font qu’aujourd’hui dans les paddocks, les gens viennent nous voir pour essayer de comprendre cet état d’esprit.

                 Est-ce que cet état d’esprit avantage le team dans sa recherche de résultats ?


                 Complètement. Je pense que c’est le secret que n’arrive pas à percer d’autres teams plus huppés que le nôtre. Comment arriver à donner de la cohésion à des gens qui sont devenus des spécialistes très pointus chacun dans leur domaine ( pneu, ravitaillement, logistique, chronométrage…) ? Ils se demandent comment faire. Nous, nous l’avons réalisé à travers l’amitié, l’esprit d’équipe issu du rugby que David a vécu et qui a su le  retransmettre à travers le team. C’est ce qui nous a construit justeteam-power-bike-14-4-07-c.jpgment. Nous ne craignons absolument rien. Ni pression, ni contrainte. Grâce à cet état d’esprit de groupe.

                 Comment prépares-tu une épreuve comme les 24 heures du Mans ?


                 C’est une remise en question permanente. On se rend compte de l’ampleur du challenge lors des périodes de préparation avant course. Notamment quand nous n’avons pas encore vu la moto en permanence. Nous ne savons pas comment les pilotes vont rouler avec. Lorsque la cohésion du team n’est pas finalisée, c’est de l’angoisse permanente. C’est un château de cartes qu’il faut arriver à monter puis à souder avant la course. Mon indice de confiance est de penser que depuis le début de notre aventure, cela a toujours fonctionné comme cela. De manière parfaite d’ailleurs. Tout le monde connaît son travail.

                 Quel est au juste ton rôle, quelles sont tes missions ?


                 Depuis que David (BARROT) a pris sa retraite de pilote, il participe beaucoup plus efficacement dans les relations internes avec les pilotes. Il les met en condition pour que leurs performances soient optimales.
Quant à moi, j’ai deux rôles complètement différents. Mon second rôle commence à 15 heures. Je mets ma casquette de directeur sportif. J’essaie de prendre en compte tous les éléments que j’ai pu acquérir, les bulletins météo, les essais en qualifications, les éléments de course. Je cours partout pour avoir les bulletins météo. Il ne faut pas oublier que nous sommes une petite écurie de course et que nous n’avons pas les moyens que possèdent d’autres équipes. Nous faisons tout nous-mêmes. J’essaie donc d’acquérir un maximum d’éléments de façon d’appréhender après tout ce qui peut être facteur d’adaptabilité. Toutes les conditions de course, tous les faits de course peuvent être envisagés et étudiés pour trouver une solution dans les secondes. Quant tu es en course, tout est une question de seconde. Lorsque la course démarre, mon rôle est de palier à toutes les possibilités d’erreur qui peuvent nous retarder. J’essaie d’optimiser au maximum l’avance de la moto.

                 Comment gères-tu, à titre personnel, une course d’endurance de 24 heures ?


                 J’aimerais dormir 30 minutes voire 45. Mais je m’aperçois que même quand la course tourne de façon optimale, je n’y arrive pas. Je ne dors pas du tout. Sans prendre pour autant des produis particuliers pour ne pas dormir. Le stress, l’envie et l’adrénaline sont suffisants. En fait, notre veille sur la plupart des courses est de l’ordre d’une quarantaine d’heures. Le vendredi soir précédant la course, nous nous couchons tard du fait du travail à réaliser ( préparation, essais de nuit…) Le lendemain, le réveil est fixé vers six heures du matin soit 3 ou 4 heures de sommeil. Puis on ne dort plus jusqu’au lundi matin..

                 Quel est ton meilleur souvenir en tant que manager ?


                 Je n’ai que des bons souvenirs. Certes nous sommes avant tout des compétiteurs et des passionnés et excepté donc la frustration engendrée par le fait de ne pas finir une course, je n’ai donc que des bons souvenirs. Ne pas finir une course, c’est horrible. Le reste, ce n’est que des bons souvenirs. La compétition, c’est une aventure humaine, c’est une aventure d’amitié. De par ses valeurs, c’est une satisfaction permanente qui perdure bien après les courses.

                 Peux-tu nous raconter les 24 heures du Mans 2006 ?


                 Je l’ai vécue d’une façon extrêmement positive. Nous avions de très bons pilotes ( Jorg TEUSHERT, Cyril HUVIER et Alexandre GIBE)T . Non de supers pilotes. Les conditions de course étaient réunies pour que nous puissions créer la surprise. Nous n’étions pas attendus à ce moment-là. Lorsque nous avons dû abandonner pour des causes humaines (blessure d’Alexandre GIBET, traumatisme grave d’un genou et plusieurs fractures à une main ), la moto était intacte, nous étions 5ème au classement général. Nous étions également plus rapides d’une seconde au tour que la moto « Play Station n°55 » pilotée par des amis mais néanmoins concurrents. Tout nous laissait espérer une fin de course passionnante et au bout réaliser peut-être une excellente surprise. Après la chute d’Alexandre qui a quand même effectué un relais supplémentaire, je salue une nouvelle fois son courage, nous nous sommes consultés puis nous avons décidé d’arrêter. La mort dans l’âme. Nous étions au pied d’un exploit possible.

                 Comment avez-vous pu surmonter cette déception et quel a été ton rôle ?


                 Comme dans le rugby ! Lorsque tu perds un match important, on éprouve le besoin de se ressourcer ensemble. De retrouver la motivation et d’essayer de ne pas faire la même erreur. Optimiser chaque erreur nous permet de progresser. Cette difficulté nous a permis donc de nous ressourcer pour le Bol d’Or. Dés notre retour du Mans, nous étions déjà dans la préparation de cette autre épreuve mythique.

                 Quels sont les objectifs du team pour 2007 ?


                 Que tout se passe au mieux ! Nous avons choisi les meilleurs pilotes français, Patrick PIOT, Cyril HUVIER et Fabrice AUGER. Avec Patrick, on va aller chercher la pôle. Quand je prononce ces paroles, j’ai l’impression de rêver. Nous sommes une petite équipe de copains, certes spécialistes chacun dans son domaine et nous nous disons : « tiens, on va aller faire la pôle cette année ! » C’est extraordinaire. On a du mal à y croire et pourtant c’est ce qu’on va essayer de faire.

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                 Quel regard portes-tu aujourd’hui sur le milieu de la moto ?


                 Mon regard a forcément changé en comparaison avec la période où nous étions spectateurs  Je suis allé assister pendant 10 ou 15 ans au Bol d’Or. Maintenant, je ne pourrai plus le faire. Depuis que j’ai vécu la course moto de l’autre côté ! C’est extrêmement passionnant et différent. Certains pilotes ou certaines équipes ont un côté show-biz et doivent certainement avoir besoin de cette image pour leurs partenaires…
Quant à nous, ce n’est pas notre image et nous ne la revendiquons pas. Mon regard a changé. On sent que les enjeux sont différents. Que les engagements pris avec les sponsors doivent être respectés et on doit tout faire pour s’y tenir ! Mais c’est tellement agréable et enrichissant de relever ce type de challenge. On y arrive !

                 Tu portes un projet pour le développement de la moto dans l’Aude. Quel est-il ?


                 C’est un projet qui est toujours dans les cartons. Il s’agit de la construction d’un circuit fermé ou pour le moins d’un pôle mécanique ici dans le lézignanais (Aude) Ce projet progresse puisque je travaille avec la SAFER pour trouver un terrain. Je travaille également avec un cabinet d’architectes et vous vous doutez bien que le réseau moto fonctionne parfaitement. Le but est d’offrir aux passionnés de moto de la région la possibilité d’en faire sans danger et par voie de conséquence de ne plus voir ces comportements dangereux effectués quelquefois par des motards sur la route ou d’en être victimes. Je trouve cela extraordinaire pour la sécurité routière et j’ai du mal à comprendre qu’une région comme la notre n’a pas encore eu la possibilité de s’équiper. Ce projet peut trouver une issue favorable cette année ou l’année prochaine. Le lézignanais est un terrain favorable et toutes les conditions sont réunies ici pour construire un circuit magnifique.

                 Quel sera ton avenir au sein du Team ?


                 C’est un engagement extrêmement prenant y compris sur un plan personnel. Nous avons deux courses officielles mais je fais pas mal de choses en dehors. Je ne veux pas faire de contrat et je ne suis pas un fonctionnaire de la moto. Je sais que la passion ne me quittera jamais. Ce n’est pas maintenant qu’elle va partir. Par contre, mon avenir dépendra de mes compétences. Si un jour le team progresse de façon à ce que mon rôle ne soit plus le meilleur possible, j’arrêterai avec une grande fierté d’avoir réussi ce que j’ai fait jusqu’à présent. David BARROT, lorsqu’il a arrêté la compétition, c’est la mort dans l’âme qui l’a prise cette décision. Moi, en tant que président de l’association et directeur sportif, ce sera pareil. Néanmoins, il faut savoir s’effacer devant la compétition. Mais la passion, elle, ne s’arrêtera pas.

par Frantz DELAGRANGE

Greg

Greg est le créateur du site. Passionné de moto depuis sa plus tendre enfance, il a eu l'idée de créer un site pour partager sa passion avec ses amis. Progressivement, le site s'est transformé en une véritable référence de la moto. Il est devenu un expert en la matière, maîtrisant les données techniques de toutes les marques. Rédacteur à l'imagination débordante, malgré un métier aux antipodes de sa passion, Greg est cheminot. Cependant, il partage quotidiennement ses connaissances sur le site. Il est notre référence pour les fiches techniques et l'actualité moto, ce que de grands médias appelleraient un rédacteur en chef.

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