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Actualité Patrick Piot du team Power Bike se dévoile et aborde 2007

piot-1.jpgInterview par Frantz DELAGRANGE
Photos : PHOTOPRESS


           Devenir pilote professionnel et vivre de sa passion, aller toujours plus vite et gagner, Patrick n’a eu de cesse depuis des années de se battre pour atteindre ces objectifs. De chutes en victoires, d’espoirs déçus en larmes de joie, ce père de famille vit intensément. Découvrez-le !


 
 
Patrick, peux-tu te présenter ?

J'aurai bientôt 30 ans. Je vis en couple et ma femme et moi avons une petite fille de trois ans. Son prénom est Julia. Nous vivons tous les trois en Isère, un superbe département. Au sein d'une petite ville, la Tour du Pin, entre Grenoble, Chambéry et Lyon.
J'ai commencé la moto en 1996. A 18 ans. J'ai franchi progressivement les échelons pour remporter en 2004 la catégorie 600 promo. En 2006, je finis 3ème de la Coupe de France Promosport. Sur une Kawasaki. Juste d'ailleurs derrière Cyril HUVIER. Je finis aussi 7ème en championnat de France open de vitesse.
Sinon, mon circuit préféré est celui de Nogaro même si ce circuit ne correspond pas tout à fait à ma façon de piloter. C'est un circuit varié sur lequel il est plaisant de piloter.

Quel est ton bilan pour 2006 ?

Ce n'était pas une bonne année. Je n'ai pas eu beaucoup de résultats. Par contre, j'ai pas mal chuté. Trop à mon goût. J'ai dû également beaucoup travailler sur la moto et notamment sur les suspensions. Malgré la quantité de travail consentie, les résultats ont donc été très moyens. J'espérais mieux.

Quels sont tes objectifs pour 2007 ?

Je pars cette année en championnat de France en partenariat avec le TEAM POWER BIKE. Avec motivation. Je suis convaincu que nous allons faire de très bons résultats. En endurance, compte tenu de la qualité des pilotes qui courront avec moi, je pars pour un podium. En championnat open, pour le titre sur une Yamaha, bien sûr.

David BARROT, le boss du team pense que tu peux décrocher la pôle position aux 24 heures du Mans. Penses-tu pouvoir réaliser cette performance et comment le feras-tu ?

Sans prétention, oui je peux le faire.
Bien sûr, j'y mettrais certaines conditions. Du bon matériel, des bons pneus. En 2005, j'ai su optimiser mes pneus de qualification et décrocher ainsi quelques pôles position et quelques records de circuit. L'année dernière, cela n'a été le cas du fait des nombreux problèmes auxquels j'ai été confronté. Pour les 24 heures, c'est jouable. J'arrive sans trop de mal à me concentrer pour un tour de qualification et faire le parcours quasi-parfait. Il est vrai que je travaille cette concentration qui me permet d'aller chercher ce petit dixième de seconde voire le centième de seconde qui peuvent faire la différence entre les meilleurs pilotes. Cette concentration extrême te permet d'aborder avec la meilleure trajectoire chaque virage et accélérer en sortie de courbe dés que possible. En qualification, je travaille énormément avec le pneu arrière. Ce travail me permet d'accélérer là où je ne le ferai pas en course. Il faut avoir un mental de feu et mettre du gros gaz.
Quant à la stratégie, elle dépend du nombre de pneus de qualification mis à notre disposition par le manufacturier. Généralement, j'ai deux pneus par séance. Je pars tout d'abord avec des pneus tendres pour me mettre dans le rythme tout de suite. Puis en fin de qualification, après avoir fait évoluer la moto, je fais monter les bons pneus. J'effectue un tour de chauffe assez rapide tout de même sinon si la température du pneu descend, tu peux t'envoler lors de la première accélération. Après, tu as un tour pour décrocher le meilleur temps. C'est assez chaud si tu attends le deuxième passage pour faire le tour parfait.

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Comment prépares-tu une course et as-tu des rituels d'avant course ?

Non, pas vraiment. D'autant plus que je connais assez bien les circuits français. Quelquefois, il m'arrive d'aller reconnaître le parcours à pied ou à vélo. Néanmoins, je le fais de moins en moins souvent. Je m'aperçois que je connais les particularités de chaque circuit et, de ce fait, je n'en éprouve pas vraiment le besoin sauf si le circuit vient de subir une évolution. Je mémorise le parcours avant les essais et garde ainsi les repères visuels en mémoire. Je n'ai pas non plus de rituels d'avant course. J'effectue quelques échauffements et quelques étirements. Je ne suis pas superstitieux.

Comment gères-tu une course de 24 heures ?

Entre deux relais, je m'efforce de ne pas perdre trop de temps. J'essaie de m'étirer pour mieux récupérer, je m'hydrate également beaucoup. Cela favorise la récupération. Je m'alimente seulement lorsque j'en éprouve le besoin. Je ne m'impose rien. Lorsque je me sens fatigué, j'essaie de me reposer sans pour autant dormir. Quoique je n'aie pas de problème pour me réveiller et je me remets ainsi vite dans la course.

Quelle est ta préparation physique et psychologique de début de saison ?

En début de saison, je fais de la musculation dans une salle que me prête un copain. Je travaille en premier lieu les muscles qui sont fortement sollicités sur la moto sans pour autant soulever de la fonte d'une manière aveugle et inefficace pour le sport que je pratique. J'effectue en parallèle de la course à pied pour travailler l'endurance. Je m'initie également à la médecine chinoise avec l'aide d'un préparateur. Cette pratique me permet de mieux me connaître. J'aborde des activités comme l'acupuncture. Je me soigne à base d'homéopathie et il me semble que je gère mieux le stress depuis que je m'initie à cette forme de préparation. C'est ma potion magique et je commence à y croire.
Quand je pense à mes débuts où je n'effectuais aucune préparation, ni physique ni mentale. Il faut avouer que j'étais un petit peu fainéant sur ces points. J'en ai pris conscience en 2004 lorsque je suis devenu professionnel chez Kawasaki. A cette date, je m'y suis mis sérieusement et je le fais d'une manière régulière tout au long de la saison. Je prends uniquement du repos en fin de saison pendant un à deux mois où je ne fais pas grand chose. Je peux et dois mieux faire encore.

Comment gères-tu le fait de changer de moto et de passer d'une Kawasaki à une Yamaha ?

Je suis motivé, extrêmement motivé d'autant plus que je sors d'une saison où la moto ne me convenait pas du tout. J'espère retrouver des sensations dont j'ai été privé l'année dernière. Il me tarde de découvrir cette nouvelle Yamaha et de l'essayer. C'est prévu en début d'année, pour février ou mars. Nous préparerons ainsi pour les premières courses. Il faut apprendre à mieux connaître la moto et pour cela il faut rouler avec. Il n'y a pas de recette miracle. Je veux rouler le plus possible avant ma première course qui se déroulera les 24 et 25 mars 2007.

Quelle image a selon toi le TEAM POWER BIKE dans les paddocks ?

En fait, je connais déjà les pilotes avec lesquels je vais courir. D'autant plus qu'il existe au sein du team une très bonne ambiance et cela ne peut que me motiver davantage. J'ai toujours apprécié d'évoluer au sein d'une équipe où chacun se respecte et s'estime. C'est dans ces conditions que j'obtiens les meilleurs résultats. Il faut associer compétence et motivation. Le team, me semble t'il, se professionnalisme de plus en plus et les résultats n'en seront que meilleurs. L'image portée par le team correspond à ma philosophie de vie.

Quel est ton meilleur souvenir sportif ?

Ce n'est pas un résultat mais une course. C'était l'an dernier ( en 2005 ) et je passais de la catégorie 600 promo à celle de la superproduction. Cette évolution n'est pas anecdotique. Dés ma première course, je décroche la pôle au Mans devant Mathieu LAGRIVE qui est un très, très bon pilote. J'étais très content mais pas vraiment surpris. Ce souvenir reste néanmoins gravé dans ma mémoire. J'ai ressenti de fortes sensations et avec ma moto nous ne faisions plus qu'une et même personne.

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Et ton pire souvenir ?

Toujours en 2005 où en fin de saison, je suis en bagarre pour le titre. Et ce à une course de la fin. Je luttais contre Mathieu et je me blesse assez sérieusement. Je chute lourdement et je m'arrache les ligaments du genou gauche et la tête du péroné. J'ai souffert également de 17 fractures des métatarses de la main droite. Inutile de te dire que j'ai pris un coup au moral. Meurtri dans ma chair puisque je n'ai pas pu faire de moto pendant huit mois et meurtri dans ma tête puisque pour une première saison à ce niveau, je jouais le titre. Immobilisation puis rééducation ont été mes compagnes tout au long de ces huit mois.

Lors de ta reprise, as-tu eu de l'appréhension ?

Non, je n'en ai pas souffert. Fort heureusement sinon ce n'est plus la peine de continuer la compétition. Mon manque de résultats en 2006 s'explique par le fait de ne pas avoir pu rouler suffisamment. Certes, je fais la pôle pour la première course de la saison mais l'année dernière aurait pu être largement meilleure.

Comment ta passion de la moto est-elle vécue par tes proches ?

Ma femme la vivait bien. Du moins jusqu'à ma chute. Elle a eu peur d'autant plus que j'ai perdu connaissance pendant un petit moment. Elle continue, je pense, à avoir de l'appréhension et en 2006, du fait de mes nombreuses chutes, je ne l'ai pas aidé à évacuer cette angoisse. Une grosse chute fait peur à tout le monde mais c'est du passé maintenant. Il faut s'efforcer de regarder devant. D'ailleurs, c'est la meilleure façon pour ne pas chuter, non ?

Quel regard portes-tu sur le milieu de la moto ?

Je porte un regard un peu critique sur les mentalités. Apparemment, dés qu'il y a un peu d'argent en jeu, certaines personnes ne sont plus correctes. Notamment au sein de quelques teams. Sinon, l'ambiance est bonne dans les paddocks. Je m'entends a peu prés bien avec tout le monde et il n’y a pas vraiment de pilotes que je déteste. A part peut-être un ou deux.
L'arrivée d'un promoteur chargé de mieux faire connaître la moto peut être également une bonne chose à condition que la fédération soit vigilante sur les conditions requises. Nous souffrons d'un déficit d'image et peut-être nous ne savons pas nous vendre aux médias. La fédération doit pouvoir remédier à ce déficit. Christophe GUYOT l'a prouvé à Albi. Il faut savoir positiver et l'arrivée d'un promoteur peut faire évoluer à la hausse l'image de la moto et celle de nos épreuves. L'image de la moto n'est plus portée par les blousons noirs comme à une époque pas très lointaine d'ailleurs. Il faut attirer le public.
Le fait également d'avoir un représentant des pilotes, en l'occurrence mon futur coéquipier, Cyril HUVIER, fait avancer les choses. Pour ma part, je ne suis pas un gueulard. Cyril est présent sur les circuits. Il est disponible et nous sert d'intermédiaire pour faire remonter nos demandes à la fédération et aux organisateurs. C'est un élément positif. Un de plus. D'ailleurs, Cyril a été élu en début d'année, lors de la première course. Au Mans, il me semble par la majorité des pilotes.
 
Fais-tu de la moto au quotidien ?

Non, sur la route, pas du tout. Je n'ai même pas le permis ( rire ). Je ne pouvais pas me payer une moto puisque tout mon budget était consacré à la compétition. Par contre, j'ai commencé le motocross cette année. Cette activité, toute nouvelle pour moi, peut m'apporter beaucoup. Comme le supermotard ! Du moins je le pense et notamment au niveau des enchaînements de virages compte tenu des difficultés du terrain.

Comment envisages-tu la suite de ta carrière ?

J'aimerais évoluer dans une structure officielle. J'ai commencé à faire de la moto par plaisir et par passion. Comme je n'étais pas trop mauvais, j'en ai voulu toujours plus. A trente ans, j'aimerais pouvoir en vivre sans pour autant devoir bosser en parallèle. Et ce pendant quelques années encore, je ne suis plus très jeune. Même si je suis conscient qu'il me faut construire mon avenir professionnel et notamment ma retraite. J'y travaille depuis deux ans, depuis mon accident.

Quels sont tes souhaits pour 2007 ?

Si l'on s'entend bien au sein du TEAM POWER BIKE, il n'y aura pas de souci. Nous obtiendrons de bons résultats qui nous permettrons de construire au mieux la saison 2008. Si je pouvais choisir, je souhaiterais gagner les 24 heures du Mans.

Pour finir, que souhaiterais-tu dire aux nombreux supporters du TEAM POWER BIKE ?

Je suis content de venir au sein du Team. Je vais me donner à 100% comme tous les membres du Team. Nous aurons une superbe moto et du bon matériel. Si nous avons, en plus, un petit peu de chance, il en faut, nous ferons quelque chose de bien.


Frantz Delagrange

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