Motoplanete

DucatiSCRAMBLER 400 Sixty2 2016

Présentation Essai Technique à retenir Concurrentes Galerie Millésimes Avis Indispensables Occasions
Roadster
Essai de la SCRAMBLER 400 Sixty2 2016

          N'ayant cesse de s'agrandir, la famille Scrambler commence à présent en 400 cm3. Suffisant pour se faire plaisir ? La petite Ducati est pleine de surprise. Dès le premier contact, on sent que le Scrambler 62 est bien travaillé et donne envie d'aller s'amuser avec. Le coloris rétro, ses lignes tout en arrondis, les grands rétroviseurs ronds, et un coté « too much » : les étoiles soulignant son nom sur un réservoir tout en finesse devant une selle large et épaisse. Tout cela nous ramène quelques décennies en arrière, bien qu'on puisse regretter le compteur entièrement numérique qui nous rappelle que nous sommes toujours au 21e siècle.
Mais c'est peut être ce choc des périodes qui fait le charme du petit Scrambler, le bandeau de LED entourant le phare et les jantes à bâtons dignes de la marque italienne soulignant bien son style. Coté finitions, il est loin d'être en reste par rapport au 800. Soudures et passages de câbles sont faits proprement, seule la bavette classique apporte un gros changement côté esthétique.

          Après une présentation rapide puisque les plus grosses technologies du tableau de bord sont l'ABS déconnectable et la température extérieure, on met le contact. Premier constat, chez la firme de Bologne, même sur une moyenne cylindrée, on travaille le son.

          C'est parti pour un trajet classique, ville, périph, Paris. Léger choc "mais qu'est ce que c'est que cette position" en montant sur la moto : le buste est droit et très rapproché du large guidon, les mains hautes et du coup les bras assez fléchis et écartés, ça surprend. Par contre, les jambes ne sont pas trop pliées, même pour un grand gabarit (moi). Mais après un petit temps d'adaptation durant lequel on a tendance à cogner les mains dans les rétros placés très proches des poignées, on réalise que le guidon haut et large offre une grande maniabilité au petit scrambler. Cela ne l'empêche pas de se faufiler entre les voitures puisqu'il passe au dessus des rétros de la plupart des berlines et citadines.
Le moteur vif dans le début du compte tour et la légèreté de l'engin contribuent également à rendre les trajets citadins agréables et fun, même après une grosse journée de boulot. On démarre, on oublie les soucis et on a envie de jouer avec la Ducati. Les seuls points négatifs qu'on pourra relever sont le rayon de braquage un peu large qui pénalise dans les manœuvres à l'arrêt, même si le poids les rend plus facile. Ainsi que le moteur qui a tendance à faire chauffer le dessous des cuisses si vous vous retrouvez coincé trop longtemps dans un bouchon. Ah, dernier détail, les warnings qui s'activent en maintenant quelques secondes le clignotant gauche, pas très pratique pour changer souvent en interfile.

          Le Desmodue refroidi par air est justement la grande satisfaction. Ses 400 cm3 et ses 40 chevaux ne l'empêchent pas d'être vif et agréable. Il ne cogne pas énormément à bas régime et même autour de 2000 tours, la moto repart sur un filet de gaz. Le twin pousse plutôt bien entre 4 et 6000 puis en remet une couche après 8000 avec un petit trou à l'accélération entre les deux. La boite de vitesses, douce et précise, ne vient pas gâcher le plaisir. Le point mort n'ayant jamais joué les troubles fêtes entre la une et la deux, mais se trouvant très facilement lorsqu'on en a besoin.
Même un passager n'aura pas fait peur à la mécanique. Son comportement ne change que très légèrement avec une personne de plus sur la selle ; il n'en perd rien de sa vivacité et de son caractère.

          Le deuxième jour, balade afin de tester le comportement sur les petites routes, mais comme toujours en région parisienne, ça commence par un peu de voie rapide. Jusqu'à 90, tout va bien ; la pression du vent n'est pas trop forte. Mais passé cette vitesse et particulièrement au dessus de 110, on sent que le Scrambler n'est plus du tout dans son élément. Comme on pouvait s'y attendre, la position complètement droite et l'absence de protection rendent l'exercice assez pénible, mais ce n'est pas pour ca qu'elle est faite non plus. VRUs, rocades et autostrade à consommer avec modération. La petite virée sur autoroutes aura au moins permis de tirer un peu sur la bête et surprise, le rupteur est à 10000 tours alors que le compte tours, sans zone rouge démarquée, va jusque 12000.

          On arrive enfin en vallée de Chevreuse et les virolos arrivent vite. Aucun doute, la moto est sur ses terres. Le guidon large et la légèreté de la moto permettent d'enchaîner les virages, et les pneus ne réservent aucune mauvaise surprise. La hauteur du guidon donne irrémédiablement plus envie de sortir la botte que de poser le genou. Ces quelques heures de balade furent un vrai plaisir, d'autant que les suspensions absorbent plutôt bien les chocs sur les portions cahoteuses. Niveau confort justement, après plus de 3h seul en selle, une petite douleur dans le dos se fait sentir, probablement due au fait que je ne sois pas habitué à la position. Pour le reste, la selle épaisse est confortable, et les jambes pas trop repliées, même pour un motard assez grand.
Le freinage n'est pas transcendant mais le simple disque à l'avant et son étrier axial à deux pistons font le boulot. Suffisants pour maintenir la fougue du moteur.

          Côté duo, la gabarit de la moto fait qu'il vaudra mieux se limiter à des trajets courts et des passagers de petit gabarit, les grands ayant encore plus que d'habitude les talons qui remontent au niveau de la selle. Si on ajoute à cela des poignées qui sont certes bien intégrées au design, encastrées sous la selle, mais très peu accessibles car trop basses, vous vous faites une idée du confort.

          En deux jours, le Scrambler 62 s'est donc révélé comme une moto quasi parfaite pour découvrir le plaisir du 2 roues en sécurité. Ou l'apprécier sans chercher des performances folles ni à barouder dans tout le pays sur voies rapides. Son look ne laisse pas indifférent et l'ensemble procure un plaisir permanent, que ce soit pour les trajets du quotidien ou de la balade. Le seul obstacle aux jeunes permis reste son prix, tout le monde ne pouvant pas débourser 8000 euros pour une première moto, même si on pourra se consoler avec la révision tous les 10000km et son appétit modéré en termes de carburant.

R. Sibot