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MV-Agusta 800 BRUTALE

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MV-Agusta

Essai de la MV-Agusta 800 BRUTALE

          A l'heure des rentrées, là où la nature se part de couleurs automnales, c'est l'heure pour moi des vacances !!! Mais pas n'importe quelles vacances : pas du genre à faire la frite sur la plage, les miennes seront aux couleurs italiennes avec l'essai de la MV-Agusta Brutale 800. Stressée mais pressée de découvrir la belle, je me rends à Paris pour le début de cet essai.
Objectif numéro 1 : récupérer la moto et l'emmener vers des routes plus sinueuses que compte le sud-est de la France.
Tout débute donc un mercredi matin sous la grisaille parisienne…. Ah non grand ciel bleu ce matin, les saints italiens ont tout prévus.
Arrivée à la concession, la belle me fait de l'oeil...  Oui, elle ne passe pas inaperçue, on reconnaît tout de suite une MV à son côté agressif à dompter.

          Et là arrive un moment qu'on aurait jamais cru vivre un jour, ce genre de moment qui vous laisse sans voix, un moment qu'on croirait tiré d'un Joe Bar Team. Je demande quelques explications sur les différentes cartographies mais ce sont les recommandations qui me feront tomber le dentier :
Recommandation 1 : attention ma petite dame, ca pousse fort !!
Recommandation 2 : attention, ça boit !!
Recommandation 3 : attention, parfois ça démarre pas du premier coup faut être patient, ne pas insister, c'est une italienne !!!

          Coupons de suite court à tous débats : le cliché stéréotypé sur les italiennes en a pris un coup ! Sur les 2 908 km réalisés durant l'essai, la moto n'a rencontré aucun problème. Seule victime de l'histoire, mon fessier qui a manifesté son mécontentement vis à vis du manque de confort mais nous y reviendrons plus tard.

          Je pars de la concession, prête à m’enquiller 600 km via l'autoroute. Soyons clair, malgré une bonne reprise en mode sport et un shifter up & down souple à se damner, la sauvageonne ne me livrera que des défauts.
La position, tout d’abord : j’ai été très déstabilisée d'être autant sur l'avant. On est pas sur une sportive, mais pas totalement sur un roadster non plus, c’est un mixe ! Bon, ceci dit, après les premiers kilomètres, on ne se rend plus compte de rien et on s’aperçoit qu’assis ainsi, la MV permet au conducteur d’avoir entre les mains une moto juste et précise au niveau des trajectoires. Cela conjugué à un guidon très large qui fait travailler les trapèzes : cette moto, c'est aussi un outil de musculation.
Ne comptez pas d'ailleurs sur la bulle de protection ou saute-vent pour vous protéger de la vitesse, c'est une option non fournie sur la 800.
Autre configuration italienne dont on se serait passé volontiers : le manque de confort !!! La haute couture italienne se mérite, on m'avait prévenu !!! Sur cette moto d'essai, pas de selle confort, c'était du brut de décoffrage, à vous tanner le plus ferme des postérieurs. L'espace traversant sous la selle rappelant la “Veloce”, autre modèle de chez MV, aurait certainement pu contribuer à gagner en confort mais cela n'a pas dû faire partie du cahier des charges.
Côté rangement, c'est pareil : on oublie !!! Il suffit d'enlever la selle passager pour s'en apercevoir. Point positif, MV a logé sous celle-ci les outils qui permettent de démonter la selle conducteur ou les fusibles, mais n'a prévu aucune place pour ranger des éléments tels que gilet jaune, vêtements de pluie ou même carte grise. Dernière anecdote : pour changer la batterie, prévoyez du temps et de la patience, puisqu’il vous faudra démonter le réservoir. On se serait attendu à un accès plus simple pour un consommable que l’on change ou démonte fréquemment.

          Niveau conduite, c'est une communion parfaite avec le bitume. La moindre impureté est retransmise dans les bras ou la colonne. Le réglage de l’amortisseur est peut-être à revoir puisque douceur ne fait pas partie du vocabulaire à utiliser pour cette moto qui porte bien son nom. J’ai aussi été déçue par le bruit de la moto. La triple sortie de cette diva aurait certainement méritée un chant bien plus conséquent et imposant que l’actuel. Afin de respecter les normes européennes, MV a bridé sa brutale au point d’en faire un bruit de scooter à bas régime, il a fallu dépasser les 6-7000 tours pour que cela chante plus agréablement à mes oreilles.

          Autre défaut qui m'a sauté aux yeux lors de mon long trajet : la position des voyants lumineux. En plein jour, il faut avoir une vision bien affûtée pour faire la différence entre allumés ou éteints. Positionnés trop bas et trop à plat, je devais constamment m'avancer ou les cacher avec ma main pour vérifier qu'un clignotant n'était pas resté allumé, autant dire que cela peut vite provoqué quelques angoisses avec la réserve d'essence. Je vais être vieux jeu mais pourquoi les constructeurs actuels, dont MV fait partie, ont-ils supprimés la bonne vieille jauge à essence si pratique??
Esthétisme me répondront certains….. peut-être mais avec une autonomie de moins de 200 km (170 km a été le maximum réalisé durant l'essai), on est presque tout le temps en train de s'assurer que le voyant ne s'allume pas. Par contre, une fois animé, l'ordinateur de bord calcule en instantané le nombre de kilomètres à réaliser avant la panne sèche en fonction de la consommation : plutôt top et pratique ! Plus de question à se poser du style : on fait combien de kilomètres avec la réserve ??
Bref, tester la Brutale 800 sur autoroute, ce n'est pas la présenter sous son meilleur profil et ce n’est pas le rendre justice. Ca tombe plutôt bien puisque la suite du voyage s'annonce bien plus sinueux!!

          Objectif numéro 2 : s'amuser, jouer, kiffer !!!
Je décide de ramener la MV dans son pays d'origine. C'est donc par un beau matin de septembre ensoleillé comme je les aime que je prends la route pour l'Italie, pays spécialisé dans les pâtes, les pizzas, les gelatos et les motos.
Ras le bol des autoroutes, j'ai envie de virages en épingle, de cols de montagne afin de tout savoir d'elle. Évidemment comme toute italienne qui se respecte, la demoiselle ne se laisse pas faire docilement. Chaque virage est un combat pour savoir qui est la patronne. Elle avec ses freinages avant brutaux, moi mettant tout mon poids pour la faire tourner….. C’est donc un véritable match de boxe qui s'exécute. Son poids plume, sa bonne reprise font qu'à l'issue de ce match rythmé et agréable, nous sommes dans la même équipe, ces dames sont joueuses ! Pourtant avec un rayon de braquage d'un semi-remorque je n'étais pas convaincue.

          En revanche, ce qui m'a conquise et que j'ai immédiatement adopté c'est le shifter montée/descente. Particulièrement confortable et sans à-coups, on n'utilise presque jamais le levier d’embrayage, sauf pour passer la première aux feux.
Depuis sa renaissance à l’aube du XXIème siècle, les MV-Agusta se sont distinguées par leurs lignes ultra séduisantes, et par leurs moteurs plein de fougue et de caractère. Parfois délicats et vindicatifs les bouilleurs de Varese. Aujourd’hui, ce berlingot à 3 pattes a semble t’il atteint l’âge de la raison. Dès les premiers tours de roues, il se présente plus civilisé que l’ancien bloc, avec une gestion moteur qui ne cesse de s’améliorer. Mais la Brutale n’en demeure pas moins une ado délurée, sage devant les parents et azimutée quand la tension monte.
Soudons !!! Une fois passé les 6-7000 tours, le moteur grimpe à l’assaut de la zone rouge avec une délicieuse hystérie, poussant des vocalises dans la plus pure tradition mécanique italienne. Une petite turbine qui vous emmène dans sa passion, transformant très vite les chiffres vous informant sur la vitesse. La poussée est franche et continue, réclamant un minimum de sang-froid mais sans vous démonter comme certaines stars du segment. Ce qui permet plus d’optimisme à l’usage de la main droite. On laisse le régime retomber exprès pour goûter encore et encore à sa prise de folie quand le 3 cylindres franchit la frontière entre la raison et l’allégresse. A mi-régime, le couple est bien présent, poliçant au passage le caractère fougueux du TrePistone. Du mieux pour un usage journalier, même si certains appréciait le coté plus spectaculaire de l’ex-800. Mais rassurez-vous. Personne ne dort dans la chaudière, et il suffit d’un bout d’optimisme pour que la cavalcade reprenne avec impétuosité.

          Le bloc italien sait aussi se plier à d’autres usages. Dans son utilisation au quotidien, la brutale 800  réjouira son utilisateur.
MV a mis 4 modes : rain, sport, normal et custom qui permettent à chacun de trouver ce qu'il cherche. Le mode custom permet à l’utilisateur d'enregistrer ses propres réglages. Les 3 autres modes changent complètement le caractère et le comportement de la moto. J'ai toujours eu peur de rouler sous la pluie à cause des à-coups, des risque de glissade, etc… mais avec elle : adieu angoisses et frayeurs !! La cartographie Rain la transforme en une moto rassurante douce et sans risque d'à-coup à l'accélération pour les stressées dans mon genre. Le mode normal m'a semblé parfaitement adapté à la circulation en ville, surtout italienne avec une bonne reprise en cas de besoin.

          Mais arrêtons-nous maintenant quelques minutes sur les détails et l’esthétique de la moto avec tout d’abord la praticité des boutons. La position du bouton de clignotant a été inversée par rapport aux marques asiatiques. En effet, les japonaises mettent souvent le bouton des clignotants au dessus du klaxon, or là c’est l’inverse ce qui engendre quelques confusions au début.
La découverte d'un bouton antibrouillard sera ma meilleure surprise. L'éclairage LED de nuit étant déjà très performant, le passage en anti brouillard illumine la route comme en plein jour. MV a poussé le sens du détail jusqu'au bouton d'allumage qui fait également office de coupe-circuit et qui est parfaitement intégré à l'esthétisme la moto. J’émettrais toutefois une réserve vis-à-vis du bouton qui permet d'accéder au réglage de l'ordinateur de bord. Il n'est pas facile de valider les modes choisis et le plastique souple de ce bouton ne fera, à mon avis, pas long feu.
Autre fait déstabilisant le bouchon d'essence sans cran. Du coup on a toujours le doute de l'avoir bien fermé risquant ainsi de forcer et de voiler la clé. Et quand on connaît le prix pour faire un double, on se dit que c’est un petit détail qui a une importance non négligeable.
L'essai de cette moto n'aurait pas été complet sans un passage obligé sur la selle passager qui n'est pas aussi désagréable qu'il peut le paraître au premier abord. La position n'est pas énormément penchée vers l'avant comme une sportive mais l'ancienne sac de sable que je suis ne voudrais pas faire de longue sortie malgré tout.

          Après toutes ces aventures, vient le moment de rendre la belle... Et c’est avec un certain pincement au coeur et une envie de continuer ma route avec elle, que je rends les clés. J’aurais pu constater que la marque n'a rien perdue de sa splendeur et de son prestige, pour preuve les nombreux italiens ou allemands qui m'ont interpellés sur la route.
Malgré les points négatifs qui sont ressortis durant notre rencontre, la Brutale est quand même une moto coup de coeur, qui m’a fait comprendre pourquoi certains sont des afficionados des marques italiennes. Prendre la route avec une MV, c’est s’engager dans un duel routier avec une belle au caractère bien trempé là où certaines japonaises sont plus linéaires. Le plaisir de conduire et la banane sous le casque étaient bien présents quand il fallait prendre la route, et ça c’est un pari réussi pour le constructeur.

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