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Immersion sportive chez les Harley-Davidson Softail.

Immersion sportive chez les Harley-Davidson Softail.

La découverte du monde Harley

            Quoi de plus déroutant qu’un pur pistard dans le monde iconoclaste (pour lui) des customs !?! Pour juger de la gamme 2021 des Softail, un spécialiste aurait décortiqué chaque modèle et amener un point de vue critique de passionné. Mais que se passerait-il si un fondu de vitesse, un fan de la trajectoire au scalpel, un piquousé au sport venait à s’immerger au plus profond de Harley-Davidson ? Comment serait-il dérouté par une mécanique aux antipodes de ses ardeurs ? Comment vivrait-il un grand guidon et les pieds en avant au lieu d’une posture d’avion de chasse ?

            Gelato Guido arrive donc sur les bords de la Méditerranée plein de doutes, de curiosité et d’aprioris. S’ouvre alors une parenthèse qui va résonner comme une claque :

            Dans le monde motard, quelle marque est plus représentative de liberté et d’évasion qu’Harley Davidson ? Si comme moi tu ne connais rien au monde Harley , installe toi confortablement, je vais t’expliquer ce que j’ai découvert.

            Avant, je considérais les H-D comme des machines lourdes, sans freins, ne pouvant pas prendre un virage sans faire des manœuvres et dotées d’un moteur aux performances inversement proportionnelles au bruit qui s’en échappait ; généralement chevauchées par des sosies de ZZ TOP…..bref, pas pour moi !

Immersion sportive chez les Harley-Davidson Softail.            Avis complètement arbitraire vu que je n’avais jamais eu l’occasion d’essayer un de ces engins, la raison ? Je suis piqué à la sportive depuis plus de 25 ans…. Pas vraiment la même approche de la moto.
Nous sommes encore en hiver quand l’info tombe, Harley m’ invite pour fêter les 40 ans de la gamme Softail, au programme, 2 jours d’essais sur l’ensemble des modèles.

            Quelle belle occasion de pouvoir enfin se faire un avis objectif sur les défauts et peut être les qualités de ces motos atypiques... Rendez-vous est pris en Camargue, cadre idyllique, les routes sont désertes, le soleil est présent…on en oublierait presque le Covid ! A mon arrivée, elles sont toutes là :

- SPORT GLIDE

- FAT BOB 114

- BREAKOUT 114

- FAT BOY 114

- LOW RIDER S

- SOFTAIL STANDARD

- STREET BOB 114

            Une débauche de métal et de chrome, ça brille dans tous les sens…. Petit tour rapide autourde la gamme. Une chose me frappe immédiatement sur le FAT BOY et le BREAKOUT : les pneus arrières ……hallucinant, du 240 !! La finition est exemplaire, on sent que le moindre détail à été soigné dans un but esthétique et c’est une réussite, malgré la similitude coté moteur, chaque modèle possède son propre ADN.

Immersion sportive chez les Harley-Davidson Softail.            Un peu d’histoire… :

            Le softail doit son châssis à un américain, Bill Davis, un passionné de la marque, qui développa un  concept de cadre suspendu et construisit le 1er prototype sur base Super Glide, nous sommes en 1972. Après avoir breveté son projet, il le présenta à Harley Davidson en Août 1976. Ce n’est que quelques années plus tard que Harley-Davidson au travers de Jeffrey Bleustein va se rapprocher de Davis qui aura continué à développer son concept entretemps pour entamer des négociations en vue de l’achat du concept de Davis qui se concrétise en janvier 1982. Le premier modèle à proposer ce cadre de série sera le FXST 1984, le Softail est né.

            Milwaukee-Eight, le nouveau cœur des softails:

            C’est le moteur Milwaukee-Eight™  qui équipe la gamme softail depuis 2018, décliné en 2 versions, 114 ci et 107 ci pour respectivement 1868 et 1746 cm3 :

·        114 ci (1868cm3): Disponible sur Fat Bob, Fat Boy, Breakout, Low Rider S et Street Bob.

93 ch, alésage de 102mm et course de 114,3 mm, avec un taux de compression de 10,5:1

Harley indique accélération 9 % plus rapide pour le 0-100 km/h et 13% de 100-130km/h en 5 par rapport au bloc 107 ci.

·        107 ci (1746cm3): Disponible sur Softail Standard, Slim et Sport Glide.

86 ch, alésage de 100 mm et course de 111,1 mm, avec un taux de compression de 10,0:1

Ici aussi les performances sont en hausse avec une accélération 10% plus rapide pour l’exercice 0-100 km/h et 16% pour le 100-130 km/h en 5ème vitesse par rapport aux valeurs d’un Twin Cam 103 à haut rendement.

            Sur les 2 moteurs l’angle emblématique de 45° entre les cylindres du V-Twin est conservé, chaque culasse possède 1 arbre à came et s’amincit vers l’extrémité inférieure pour donner une silhouette plus musclée. Afin de limiter les vibrations, le moteur est équipé de 2 arbres d’équilibrages permettant ainsi une fixation de type rigide sur le châssis via de nouveaux points d’ancrages pour augmenter la rigidité de celui-ci.

            A savoir que le 107 est également disponible en version bridé donc accessible aux titulaires du permis A2.

Immersion sportive chez les Harley-Davidson Softail.            En piste…..heu, non…..en route !

            La première chose qui vient à l’esprit quand on parle d’une Harley, c’est la position de conduite, idéale pour bronzer sous les bras…. Enfin ça l’idée que j’en avais avant de m’installer aux commandes.

            Mon baptême aura lieu sur un Fat Boy, poids annoncé en ordre de marche 317kg soit presque 2 motos en 1… Un boudin arrière de 240 de large, 160 pour l’avant, vu comme ça c’est plutôt impressionnant, allez !!! On grimpe dessus !! Et là surprise, la position est plutôt accueillante, la selle confortable, l’assise est basse, les commandes accessibles. On se sent vraiment à l’aise... Enfin presque, car j’appréhende un peu le démarrage et les premiers tours de roues.

            Gentleman, start your engine ! Toute la gamme est équipée d’un démarrage sans clef, un bouton pour le contact, un autre pour lancer le démarreur. Action, le moteur s’élance sans rechigner et là, encore une surprise. Ca vibre mais pas autant que ce que j’imaginais. Juste ce qu’il faut pour sentir le moteur tourner et savoir que nous sommes quand même sur une Harley. L’embrayage colle de façon très douce, puis on s’élance. Aux premiers tours de roues, la machine fait bien sentir son poids mais ce n’est pas un handicap. La conduite ne demande pas de « capacités » particulières. Attention toutefois : si la mise sur l’angle se fait sans difficultés, elle à tendance à se relever naturellement (la monte pneumatique y participe beaucoup) si on ne maintient pas une légère pression sur le guidon ; fait encore plus marqué si on touche aux freins.
Les freins justement. Une autre surprise, aussi agréable que dézinguant les idées reçues. Mordant, endurance et feeling sont aux rendez vous. Une fois encore, ceux qui pensent qu’une Harley ne freine pas ont tout faux !

            Coté châssis, les Softail de dernière génération bénéficient d’une nouvelle fourche, d’un nouvel amortisseur mais... Oui, le débattement est limité – non, il ne faut pas essayer d’aller faire le Paris-Dakar avec !!! En mode cruising, ils sont parfaits ; en mode arsouille aussi…..tant que la route est en bon état.

Immersion sportive chez les Harley-Davidson Softail.            Le reste de la bande……

            L’essai détaillé de chaque modèle se disperse dans nos oages ; vous retrouverez tout cela dans nos articles dédiés. Ici, l’idée est plutôt de vous donner une idée de ce qu’est de la vie en Softail. Bien sur, chacun à ses propres particularités, notamment en ce qui concerne l’emplacement du/des compteurs, des cales pieds ou du guidon. Là n’est pas l’important ! Ce qui compte, c’est ce que ces motos peuvent vous donner en termes de sensations et de plaisir.

            Coté moteur, le 107 marche super bien, le 114 encore mieux. La différence est-elle flagrante ? Pas tant que ça. Le choix de la raison serait le 107 ; le 114 est davantage indiqué pour les fans du gros couple ou si vous voulez avoir la plus grosse... Dans les 2 cas, ils sont capables de reprendre depuis 1300 tr/min en 6eme et de vous propulser à 130 km/h en une poignée de secondes. Pour avoir le fameux plaf-plaf si propre à la marque (un coup de piston à chaque platane !!),  on restera dans la partie basse du compte tours. La partie supérieure, quand à elle, effacera ce son si particulier pour un autre plus « sportif ».

            Coté châssis, comme évoqué un peu plus haut, pas de soucis sur route propre, que ce soit en cruising ou en conduite plus dynamique. Sur une route moins roulante, l’amortisseur arrivera vite à ses limites si on essore trop la poignée de droite, mais ne posera aucun problème si on reste sur un rythme normal. Ici encore, chaque modèle ayant son propre ADN, les comportements ne sont pas identiques, mais la mise de fond est la même. Hormis le Fat Boy qu’il faut garder sur l’angle, tous les autres modèles ne demandent pas de compétences particulières. Tout se passe naturellement et sans forcer. Pour être honnête, j’ai été surpris par leurs capacités à « envoyer ». Un Softail, c’est pas fait que pour bronzer sous les bras, ça peut aussi vous les allonger !!! Certes, on ne  va pas prendre le même angle que Rossi au Mugello, mais on à largement de quoi se faire plaisir. Un plaisir différent, mais pas moins fun ; bien au contraire.

            Pour ce qui est du freinage, l’ABS est forcement présent sur tous les modèles. Seul le Fat Bob et le Low Rider sont équipés de 2 disques avant, alors que le reste de la gamme se contente d’une seule galette. Pour tous, c’est étrier 4 pistons fixes à l’avant (2 étriers pour les doubles disques) et 2 pistons flottants à l’arrière. Que ce soit avec le simple ou le double disque avant, jamais le freinage ne m’a mis en difficulté. Mordant et endurance sont au rendez vous à l’image des standards actuels.

Immersion sportive chez les Harley-Davidson Softail.            Conclusion :

            Pour une découverte, je n’ai pas été déçu : j’ai kiffé !! Aujourd’hui, mon opinion sur un Softail n’a plus du tout la même envergure. C’est plusieurs motos en une, que ce soit mode rebelle pour prendre la route 66, mode quotidien pour aller au boulot, mode loisir pour se balader ou partir en week-end - on peut tout faire ! Même se taper une petite bourre avec des potes (en relativisant par rapport à la catégorie).

            Si vous avez envie d’une Harley, mais que vous vous posez des questions sur son utilisation, sa facilité de conduite, son agrément au quotidien, vous pouvez tout arrêter et foncer chez votre futur concessionnaire préféré, lancez-vous !! Vous ne serez pas déçu…. Autrefois, mes sentiments étaient aigres envers les productions de Milwaukee ; aujourd’hui, je me retourne quand j’en vois passer une.

Lionel "Guido" Baffert - Crédits photos : Harley-Davidson

Immersion sportive chez les Harley-Davidson Softail.

Avis

Cela me donne encore plus envie de les essayer toutes ! Répondre à Yffic

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