
Sur le circuit des hauteurs de Nîmes, la première manche a été remportée par Laurent TERMEAU (Ducati 998), suivi sur le podium par Frédéric BOTTOGLIERI (Aprilia RSV 1000) et Louis-Luc MAÏSTO (Ducati 1098). A l’issue de la 2eme manche, Laurent TERMEAU signe le doublé et remonte une nouvelle fois sur la première marche. Patrick LECHAIX (Ducati 996 R) s’invite à la 2eme place du podium. Frédéric BOTTOGLIERI reste sur le podium, à la 3eme place cette fois.
Le cœur de la course, des réglages et des qualifs, c’est Pascal CHRETIEN du team TOPGAZ qui va nous le faire vivre. Plongeon au cœur du Protwin :
Le week-end s’annonce compliqué avec seulement trois séances d’essais avant les qualifs pour tenter de faire évoluer la 1098 R dans le bon sens. Je reprends les notes prises après la première course de la saison et en avant pour la valse des pignons et couronnes.

Première série, vendredi 9 heures du matin. Pour tirer plus court que l’origine, j’opte pour une démultiplication de 15 x 39. La moto est plus facile à conduire mais franchement plus difficile à piloter, et je tape péniblement un chrono en 1.33 alors que la pôle devrait se situer en 1.28 ou 1.29 ! La roue arrière décroche à la remise des gaz et je rame à l’envers. Pour la seconde série, en début d’après-midi, je monte plus long en 15 x 38 et ne parvient qu’à multiplier les tours en 1.33 avec une machine encore plus difficile. Je suis parti dans la mauvaise direction ! Après la première à Ledenon, je pensais qu’en tirant plus long et en faisant une boîte cinq, cela limiterait la puissance et le cabrage de la moto or ce n’est pas concluant : je suis à trois secondes des temps réalisés avec la S en 2007. Pour la troisième série, j’envisage de changer de machine faute de savoir dans quelle direction chercher : pneumatiques ? réglages ? pilotage ? In fine, je repart avec la 1098 R après avoir baissé l’avant de 5 mm comme je l’avais fait sur la S en fin de saison 07. La R étant plus vive en virage, je ne relève par contre pas l’arrière pour garder un maximum de motricité. Je reviens à la démultiplication d’origine 14 x 38 qui, Je le sais maintenant est adaptée à tous les circuits et induit le meilleur rapport pour couple et puissance. Alors que j’étais un peu inquiet, la craignant encore plus violente, je la découvre plus stable, relevant moins, passant mieux le couple, en un mot plus aisée à piloter. Après trente tours de galère, je commence enfin à me faire plaisir et oublie la S. Je tape mon premier chrono encourageant 1.31 et le feeling revient même quand, en ligne droite et pleine accélération, ma roue avant est à la hauteur du pilote que je double en wheeling. Je dois être en train de m’y faire… et sans paniquer, car ELLE, sait le faire !

Le samedi matin pour la première séance qualificative, j’espère stabiliser des temps en 31 et les améliorer dans la seconde série où j’équiperai la machine de deux balles neuves. Mais Là grosse déception : avec un chrono en 1.33 :78 je boucle la qualif de 8h30 en 16ème position et le cœur gros reviens à mon idée première de mettre la S en piste. Sans essais préalables, j’opte pour un compromis et mets les réglages de la R à l’avant (les fourches des deux 1098 sont identiques) et reprends pour l’arrière (les amortisseurs étant différents) ceux qui m’ont permis de rouler ici avec la S en 1.30 l’an dernier. J’effectue tous mes tours en 1.32 et gagne trois places sur la grille de départ des deux finales du week-end… Que j’effectuerai avec la S, regrettant d’avoir tant tardé à faire ce choix.
Le samedi après-midi sous un soleil de plomb P.Lechaix N°16, L.L Maïsto N°3, L.Termeau N°5, et un nouveau venu C. Bernard N°24 (vainqueur de la coupe Ducati il y a 7 ans et loin des circuits depuis) prennent place en première ligne pour 17 tours. Derrière eux C.Hedelin N°111, F.Bottoglieri N°2, S.Bovin N°113 et B.Peyron N°141. Deux prototypes prennent le départ, celui de F.Vidal tout en carbone avec moteur Ducati et le Suzuki JLS (Jean-Luc Sorna) 1000 de F-O Fontaine. Lorsque le feu passe au vert M.Guignard N°32 qui occupe la neuvième place reste séché sur place et vois tous les pilotes le passer. L.L Maïsto coutumier du fait, souffre d’un problème d’embrayage et rate son départ. Le mien est correct, je boucle le premier tour à la dixième place allégé d’un slider perdu dans le tour de chauffe. Je me sens à l’aise sur la machine dont le réglage va bien. C.Bernard prend la tête de la course suivi de B.Peyron et L.Termeau, pendant que L.L Maïsto et F.Bottoglieri font le forcing pour compenser leur mauvais départ. Au quatrième tour le N° 141 voit passer L.Termeau alors que l’homme de la pôle P.Lechaix chute au virage du pont et repart en 16ème position. Moi, je suis huitième et remonte progressivement sur le pilote qui me précède. Au dixième tour, alors que je tourne en 1.31 :65 et gagne trois dixièmes à chaque tour, c’est la tuile : le disque de frein bloque ma roue arrière. Je ne comprends pas immédiatement ce qui se passe et risque trois chutes avant de rouler par intermittence pour laisser le disque refroidir car en les montant j’ai mal positionné les commandes reculées qui étaient sur la R. L’axe qui rentre dans le maître-cylindre de frein n’ayant pas assez de jeu, il à entraîné la surchauffe du lookeed jusqu’au blocage du frein. Je vais passer les sept derniers tours à essayer de sauver en vain des points, rétrogradant inexorablement jusqu’à la 16ème place. Autre pilote malchanceux, M.Guignard auteur d’une superbe remontée qui l’a mené de la dernière à la sixième place est arrêté pour une fuite d’huile. Pendant ce temps, la donne à changé en tête où L.Termeau (1.28 :518) a pris l’ascendant sur F.Bottoglieri (1.28.987) et L.L Maïsto (1.28 :807), alors que C.Bernard et les trois régionaux N°141, 11 et 16 voient le podium leur échapper. A l’issue de la course, j’ai le moral à zéro et découvre au démontage que le piston de l’étrier de frein à fondu et que les plaquettes ainsi que le capteur de vitesses sont morts. Je récupère donc les pièces sur la R et prépare ma machine pour le lendemain. La gardiane de taureau autour de laquelle nous nous attablons tous le soir dans une ambiance super conviviale me permet de tourner la page.

Pour la seconde finale du week-end, je n’ai qu’un but : marquer le plus de points possible pour limiter la casse. J’effectue un départ très moyen, manquant de percuter L.L Maïsto qui ne démarre pas malgré un changement d’embrayage effectué. Mais après le triple gauche, je suis déjà 10ème et finit le tour en 8ème place alors que trois régionaux s’emparent du commandement de la course. C.Hedelin qui, en délicatesse avec sa boîte de vitesse, a fini de remonter son moteur une demi-heure avant le début de l’épreuve mène la danse. Derrière lui, un P. Lechaix déchaîné qui ne semble pas souffrir d’une nuit très écourtée et un B.Peyron qui entend bien conserver sa première place au général. Mais très vite L.Termeau prend la tête de l’épreuve devant P.Lechaix et C.Hedelin. Au troisième tour alors qu’il effectue une remontée spectaculaire et pointe à la 11ème place, L.L Maïsto et sa 1098 R chutent à la sortie du fer à cheval où, je suis bien placé pour le savoir, elle est très difficile à gérer. Il finit son week-end à l’hôpital avec un pied cassé. Au cinquième tour C.Hedelin qui à cédé sa troisième place à F.Bottoglieri, tâte aussi du bitume. M.Guignard me passe alors et je réussi à stabiliser l’écart qui nous sépare.. Mes chronos descendent en 1.31 régul. j’aprends les sorties de virage en wheeling avec la 1098 S mais peine dans la descende du camion où je suis hors-trajectoire… Et au bout de quatre tours je repasse Mathieu et il en reste autant avant le drapeau à damier. A deux tours de la fin, mon panneautage m’indique que je lui ai pris trois seconde et je peux les boucler sans pression à la 6ème place. En tête le tiercé gagnant est inchangé malgré les dépassements d’attardés : L.Termeau (1.29 :339) s’impose pour la seconde fois du week-end, précédant P.Lechaix (1.29 :365) qui l’a suivi comme son ombre pendant toute la course et à quinze secondes F.Bottoglieri (1.29 :431) qui fait une très bonne opération avec deux podiums. Je sauve mon week-end, marquant 10 points qui me permettent de remonter de la 9ème à la 8ème place du classement provisoire. B.Peyron est toujours premier avec 67 pts, P.Lechaix second avec 65 pts, L.Termeau troisième avec 60 pts.

Je pensais depuis le début de saison, rouler avec la 1098 R et garder la S pour la pluie si besoin. Mais cette optique était réductrice car je ne parviens pas à exploiter la R sur des circuits avec peu de vitesse de passage en courbe et qui demandent beaucoup de relance en sortie de virage comme Ledenon. Un circuit pour gros cœur car il demande d’être très rapide dans des endroits très lents, à l’opposé de Spa, du Mans ou de Magny-Cours. Je roulerai donc aussi avec la S sur le circuit Carole, même s’il est difficilement acceptable de se résoudre à laisser une machine à 35 000 € dans le camion parce que son anti-patinage est inexploitable et que tous les pilotes qui la mettent sur piste sont obligés de le déconnecter.
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