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Les chroniques de MC - Tranches de quotidien entre les pneus.

Les chroniques de MC - Tranches de quotidien entre les pneus.

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Les derniers essais avant le début de la saison 2018. L'impatience et la météo rendent le quotidien plus apre mais M.C. passera en quelques jours des essais en Espagne à l'envol pour le Qatar.

          Mardi 27 Février, normalement il me reste 2 jours de congés avant le départ pour Jerez.
 
          Je reçois un mail me stipulant une modification du programme. Une filiale basée à Barcelone a besoin de pneus. Je suis choisi pour prendre un autre chemin afin de la ravitailler. Mes confrères passeront logiquement par le pays basque et moi par le versant méditerranéen.
 
Je rassemble mes affaires tout en écoutant la radio. Un flash info annonce de grosses perturbations sur l'A9, pile à l'endroit où je dois passer. Je me tiens à dispo pour rejoindre le siège au cas où la météo s'améliore. Le temps passe et c'est de pire en pire, l'autoroute A9 vient d'être fermée jusqu'à nouvel ordre. La livraison est suspendue pour l'instant.
 
          Mercredi 28, je me rends au siège et me tiens prêt à toute éventualité, passer par Toulouse et rejoindre Narbonne, pourrait être une solution.Malheureusement, le front neigeux s'est déplacé vers le sud et l'accès à l'Espagne par ce côté est impossible. La livraison ne pourra se faire cette semaine.
 
          Je pars donc le jeudi comme prévu avec mes collègues, direction Jerez pour les derniers d'avant saison. Limoges, Angoulême, Bordeaux, Bayonne, Burgos, Séville et enfin Jerez.
 
Contrairement au retour des premiers essais, nous avons le temps cette fois, le voyage se déroule donc en trois étapes.
 
          Samedi midi, nous voilà de retour au Circuito de Velocidad de Jerez de la Frontera.
 
          Nous laissons les camions pour la nuit sur le parking transitoire et nous rejoignons l'hôtel située en centre ville avec le minibus. L'après midi sera consacré à un peu de tourisme, autant joindre l'utile à l'agréable.....
 
          Dimanche 9H. Nous reprenons le sacro saint cérémonial : lavage de nos monstres d'acier et de puissance, montage de la structure, mise en place des dalles au sol, installation et branchement des machines. Petits changements toutefois par rapport aux installations précédentes, nous ne seront que 5 pour tout faire, nos collègues d'outre-manche sont en stand by à l'aéroport, une tempête de neige empêche tout décollage.
 
Qu'à cela ne tienne, la structure repose sur 5 pieds, nous sommes le bon nombre pour la monter.
 
Première phase, l'assemblage des traverses qui supporteront les bâches puis leurs fixations.
 
Une extrémité sera accrochée au toit de la remorque atelier et l'autre reposera sur des pieds.
 
Une fois cette structure aluminium en place, il nous faut faire glisser les bâches du toit dans des glissières taillées dans les traverses. Un de chaque coté, une corde chacun et nous tirons de concert afin de ne pas coincer les bâches. Il nous faut aussi bien faire attention à l'ordre des bâches puisqu'un immense logo traverse l'ensemble du toit pour que lors des passages aériens des hélicoptères et des drones de la télévision, les téléspectateurs puisent lire quelque chose de cohérent et non pas une espèce de hiéroglyphe sortie de nulle part.
 
Une fois le toit assemblé et hors d'eau, nous pouvons accrocher les côtés et les portes.
 
Notre établissement temporaire est prêt à recevoir son revêtement de sol. Un immense damier bi-ton d'environ 100m2.
 
Arrive le moment de l'installation et du raccordement des 3 machines à démonter et remonter les pneus. Ces machines sont comparables à celles que l'on peut apercevoir dans les centres autos mis à part quelques modifications que seuls les initiés peuvent reconnaître.
 
De l'air comprimé pour les vérins et le gonflage et de l'électricité pour faire tourner les plateaux où seront fixées les jantes.
 
Les presses à décoller les pneus viendront compléter le parc machine.
 
La dernière phase est composée de la mise en place des tables pour l'équilibrage et pour la gestion des stocks, le montage et le placement des racks qui accueilleront les jantes et les pneus et enfin la pose des tissus et autres déco publicitaires à l'effigie de notre société.
 
          17h, la pluie ayant accompagnée une partie de notre travail, c'est sans rechigner que nous rejoignons l'hôtel.
 
          Lundi 8h30, l'équipe au grand complet arrive au circuit, en effet nos confrères ont réussi à nous rejoindre via un autre aéroport, ils sont arrivés tard la veille, mais ils sont là.
 
La météo étant fort incertaine, nous ne verrons pas l'ombre d'un whell-man (technicien chargé des roues d'un team) de la matinée.
 
Fort heureusement, nous aurons de quoi nous occuper l'après midi. Certains ont opté pour des wet (pneus pluie) d'autre pour des tendres, d'autres pour les deux.
 
Mais vu le nombre de roues passées entre nos mains, nous comprenons qu'une grande partie des teams vont attendre des certitudes météorologiques avant de prendre une décision.
 
          Mardi 6 mars, premier jour officiel des tests, météo toujours incertaine, très peu de roulage, journée interminable. Regarder les motos tourner n'est même pas une satisfaction, car elles ne roulent pas à leurs maximum, il fait froid et humide et ces conditions climatiques ne sont pas celles rencontrées en général en court de saison. De plus, tout le monde est bien conscient que de faire un résultat sous la pluie équivaut bien souvent à gagner à la loterie nationale...
 
          Mercredi, bis repetita, enfin quasiment. Fort heureusement une belle fenêtre météo a fait son apparition ; l'ensemble des motos prendra la piste, et chaque run (série de tours d'une moto en piste) nous apporte du travail. Hormis cette occupation qui nous rend la journée moins longue, les pilotes travaillent en conditions normales, les temps au tour tombent les uns après les autres, les pneus nous reviennent bien usés, bref nous ne sommes pas venus pour rien...
 
Certes c'est agréable comme métier, comme vie, mais çà l'est encore plus avec un sentiment d'utilité.
 
Le mercredi sera aussi rythmé par un ballet incessant de chariots élévateurs livrant les flight-caisses aux teams. En effet, dans 6 jours, les motos que nous entendons tourner ainsi que tout le matériel servant au contrôle, à la gestion et à la maintenance de ces prototypes devront être prêtes à l'emploi dans les stands du circuit de Losail au Qatar pour le premier GP de la saison.
 
          Jeudi matin, la pluie est de retour, nous comprenons très vite qu'un silence pesant va envahir la piste.
 
C'est le dernier jour des essais, les motos doivent partir en bon état au Qatar et tourner sous ces conditions météos n'apportera strictement rien aux ingénieurs.
 
Quelques motos prendront toutefois la piste, pour tester des réglages pluies, pour roder certaines pièces, pour tester des casques et des équipements voués aux pilotes, car avoir une très bonne machine est une chose, mais si le pilote n'est pas dans les meilleures conditions pour l'exploiter, cela ne sert pas à grand-chose.
 
          14h, des racks entiers de roues montées nous arrivent pour la mise à nues des jantes. Témoignage du glas de ces essais de pré-saison.
 
La météo n'est pas favorable à l'exploitation de données, les techniciens doivent tout ranger dans les flight-caisses. Une fois rentrés dans leurs différentes contrées, les teams n'auront que peu d'heures avant de sauter dans un avion en partance pour l'aéroport de Doha.
 
Pour notre part, pendant qu'une partie se charge du démontage des pneus, le reste de la troupe se jette corps et âme au démontage de la structure. En effet, même si nous ne faisons pas tourner une moto, nous avons exactement la même vie qu'eux - nous aussi nous n'aurons qu'une poignée d'heures à dispo avant de rejoindre Roissy et de partir pour le Qatar. Alors plus vite tout est démonté et rangé et plus vite nous rentrerons au pays.
 
Ce sera chose faite vers 19h. D'un commun accord nous décidons de prendre la route et de commencer notre périple. 20h au meilleurs des cas nous attendent derrière de volant, autant en faire quelques unes ce soir, avec les 10 autorisées le lendemain, nous avons de grandes chances d'arriver samedi en début d'après midi. Ce sera effectivement le cas. Vers 15h, les 4 camions seront alignés sur le parking du siège de la compagnie.
 
          Le dimanche sera consacré au repos et à la préparation de la valise. La météo prévoit une trentaine de degrés au circuit, place donc aux bermudas et aux T-shirts.
 
          Lundi 12 mars, 7h30. Début officiel de la saison GP 2018
 
Nous sommes tous fin prêts, un dernier café et c'est le départ pour Roissy Charles De gaule.
 
          A 15h, un A380 de la Qatar Airways doit nous emmener jusque Doha....
 
          21h (heure de Paris) et donc 23h à Doha, nous attendons bien sagement de passer les différents contrôles et de récupérer les bagages. Puis nouvelle file d'attente, cette fois c'est pour faire du change. Le Riyal Qatari s'échange à 4,25 pour un euro, il faudra nous habituer à cette monnaie pendant quelques jours.... 

Chronique précédente : Des chiffres avant la semonce.

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