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ActualitéLe deux-roues, un problème de mobilité urbaine ?

Le deux-roues, un problème de mobilité urbaine ?

Les deux-roues peuvent être perçus comme des alternatives agiles et pratiques pour la mobilité urbaine. Étonnement, ou pas, ils se retrouvent de plus en plus sous le feu des restrictions dans certaines régions européennes.

Véhicule deux-roues : L'Europe s'adonne aux restrictions

L'Autriche, la Suisse ou encore l'Allemagne, la liste des États européens ayant pris des mesures à l'encontre des deux-roues s'allonge. Le "pays de l'automobile", pourtant réputé pour son laisser-aller, ou presque, sur ses grands axes, est certainement l'exemple le plus éloquent. Au-delà des métropoles, proscrire l'accès à certaines routes de montagne pendant la période estivale est une mesure qui s'intensifie, justifiée par des préoccupations de sécurité routière et de réduction des nuisances sonores. Pour le coup, cette tendance s'étend même aux motos électriques.

Vous le sentez venir ? Oui, sillonner la carte de France pourrait devenir un casse-tête pour les conducteurs de deux-roues. La multiplication des zones à faibles émissions (ZFE) restreint déjà progressivement l'accès des véhicules, y compris les deux-roues, jugés trop polluants. Autant dire que cette approche suscite des débats quant à l'impact de ces décisions sur la mobilité individuelle. Ajoutées à cela, les mentions de nuisances sonores ou de vitesse excessive concernant une minorité, qui définira le futur de conducteurs aux comportements mesurés.

La mobilité urbaine, un cercle vicieux ?

ralentissement voitures ville

La question de la mobilité urbaine, c'est un peu le serpent qui se mord la queue. La situation à Paris reflète cette complexité, avec des politiques divergentes concernant le stationnement des deux-roues. En septembre 2023, la Mairie de Paris rétropédalait : les propriétaires de moto électriques n'ont plus besoin d'emprunter un ticket pour stationner gratuitement dans Paris. Cette décision est intervenue un an seulement après la mise en place du stationnement payant pour les deux-roues motorisés thermique. Les individus qui ont fait le choix de l'électrique sont enfin récompensés.

Et si le bon sens était de ne pas faire payer les deux-roues motorisés, tout court ? Pas pour David Belliard, adjoint à la maire de Paris en charge de la transformation de l'espace public : "Ils occupent une partie de l'espace public, et cela a un coût, donc il est juste de contribuer à hauteur des nuisances de déplacements", déclarait-il au média Le Parisien.

Omettons volontairement la pollution liée à la fabrication des batteries, ces décisions soulèvent toutefois des questionnements sur l'équité des mesures et la transition vers des modes de transport plus respectueux de l'environnement.

Aussi, à court terme, l'impact de ces décisions n'est pas sans conséquences. Elles affectent non seulement l'industrie du deux-roues et l'emploi qui en dépend, mais elles marginalisent également une partie de la population qui utilise ce type de véhicules pour leurs déplacements quotidiens. D'autant que Paris est un exemple qui ne peut s'appliquer aux autres régions de France, le maillage n'étant pas toujours évident et la possibilité de rejoindre le centre-ville par les transports en commun, non plus.

Les scooters électriques comme unique alternative ?

scooter électrique BMW CE-04
Le scooter électrique BMW CE-04, roi des ventes en France en 2023.
@BMW Motorrad

Les restrictions évoquées là s'inscrivent dans une "logique verte", celle de privilégier les transports en commun ou d'inciter au passage à l'électrique. Les concessionnaires de ces véhicules respectueux de l'environnement sont les grands gagnants. À l'inverse, les ventes de scooters thermiques de moins de 50 cm³ ont enregistré une baisse d'environ 20 % en 2023. Une diminution constatée qui s'attribue, aussi, aux coûts de stationnement élevés, particulièrement hors de la zone d'habitation.

Eut égard des défis actuels et en comparaison avec une automobile ne comptant qu'une personne en son sein, le deux-roues, quel qu'il soit, parait être une solution viable pour une mobilité urbaine efficace et flexible. Leur utilisation contribue à réduire les embouteillages, et les problèmes de stationnement dans les centres-villes densément peuplés. Ainsi, nous n'en sommes pas (encore) à une exclusion totale des deux-roues. Cependant, tout comme le contrôle technique, un dialogue entre les autorités, les groupes de défense des motards et les citoyens s'avère essentiel. Cela viserait à développer des politiques de mobilité plus inclusives, afin de concilier préservation de l'environnement et accès équitable à la mobilité pour tous.

L'Espagne, le contre-exemple parfait ?

Les autorités adoptent diverses approches selon les pays, ce qui rend impossible de généraliser. Parmi l'actualité, l'Espagne et plus particulièrement la DGT (Direction générale de la circulation), agit à contre-courant en autorisant la circulation des deux-roues sur la bande d'arrêt d'urgence. Cela s'applique aux villes, aux axes périphériques, lors d'un embouteillage, etc. Dans ce cas de figure, les règles sont fixées ; ne pas dépasser la vitesse maximale de 30 km/h et céder la priorité de passage aux véhicules d'urgence. En France, ne vous y confrontez pas, cette manière de rouler est passible de 135 € d'amende et 3 points sur le permis de conduire. Mais l'Espagne fait peut-être office de précurseur en la matière, qui sait ?

De l'autre côté des Pyrénées, la DGT est proactive ; cette mesure fait suite à l'interruption de l'utilisation des casques jet au nom de la sécurité routière et de la prévention des risques pour les motards. En revanche, le combat mené en faveur du port de l'airbag reste actuellement en suspens suite à la contestation de plusieurs associations de motards. À tort ou à raison, vous en jugerez. D'ici-là, les utilisateurs font valoir leur liberté individuelle.

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