Alors que la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC) s'apprête à être reçue ce vendredi par le ministère des Transports, le bras de fer autour du contrôle technique des deux-roues motorisés (CT2RM) se poursuit. Avec une participation de seulement 20 % des motards, le mouvement de boycott organisé par la FFMC continue de démontrer son efficacité.
Contrôle technique moto : un rejet massif et significatif
Depuis l'entrée en vigueur du CT2RM en avril 2024, moins de 500 000 motos ont été contrôlées, alors que près de 4,6 millions de deux-roues sont assurés en France, dont la moitié aurait dû se soumettre à cette obligation. Cette non-participation de 80 % des motards traduit une opposition claire et massive à cette mesure, jugée inadaptée et coûteuse.
Pour la FFMC, ce refus est un message fort : le contrôle technique tel qu'il est conçu ne répond pas aux attentes des motards. Au contraire, les usagers dénoncent une réglementation perçue comme punitive et inefficace en matière de sécurité routière.
Une rentabilité compromise pour les centres de contrôle
L'objectif du boycott est clair : fragiliser la rentabilité des centres de contrôle technique, qui ont déjà investi dans des équipements spécifiques et des formations pour accueillir les deux-roues. Ces centres fonctionnent actuellement avec des agréments provisoires, valables jusqu'en 2025.
Sans une participation suffisante, les investissements consentis deviennent difficiles à amortir. De plus, l'arrivée de normes encore plus strictes en 2025, comme l'utilisation de sonomètres ou de dispositifs pour mesurer la vitesse maximale des cyclomoteurs, augmentera les coûts pour les centres. La FFMC espère que cette pression économique les poussera à soutenir des mesures plus adaptées et moins contraignantes pour les usagers. "Plus nous boycottons, plus leurs coûts augmenteront, et leur modèle économique deviendra incertain", appuie la FFMC.
Un rejet basé sur l'efficacité contestée du contrôle technique

Toute cette énergie dépensée n'est pas sans fondement puisque basée sur les chiffres. Les résultats des contre-visites renforcent l'argumentaire de la FFMC. Alors que 30 % des voiturettes soumises au contrôle technique depuis avril 2024 sont recalées (chiffres Actu.fr), les motos font figure de bons élèves, avec seulement 9 % de contre-visites. Ce faible taux démontre que les deux-roues sont globalement bien entretenus par leurs propriétaires, contredisant l'idée que le CT2RM serait nécessaire pour améliorer leur sécurité. C'est sans compter le taux de défaillance où l'écart s'accroit entre les catégories.
Contrôle technique des deux-roues : une résistance sans précédent ?
Cette situation rappelle un autre moment fort de la mobilisation des motards : le boycott de la vignette moto dans les années 1980. À l'époque, 80 % des motards avaient refusé de payer cette taxe, entraînant finalement son abandon. La FFMC espère que ce nouveau bras de fer connaîtra un dénouement similaire.
Le mot d'ordre : "Ne passe pas le CT, passe le message !"
Avec une mobilisation qui ne faiblit pas, le contrôle technique des motos pourrait bien devenir un nouvel exemple de résistance citoyenne face à une réglementation jugée injuste. D'autant que ce mouvement ne se limite pas aux adhérents de la FFMC : il s'étend à une majorité de motards, qui partagent le sentiment d'une réglementation inadaptée et disproportionnée. La suite espérée : contraindre les décideurs à revoir leur copie et proposer des solutions plus pragmatiques et adaptées aux besoins des conducteurs de deux-roues, comme des campagnes de prévention ou des formations à la sécurité routière.
Ce vendredi 29 novembre, l'organisation compte réaffirmer la position des motards lors de sa rencontre avec le ministère des Transports. Le sempiternel débat prendra-t-il fin un jour ?
Le Portugal rejette le contrôle technique moto : une victoire inspirante ?
L'optimisme gagne les rangs de la FFMC, à juste titre, en observant les décisions prises au-delà de nos frontières. Le 5 décembre 2024, le Parlement portugais a officiellement rejeté l'instauration du contrôle technique périodique des deux-roues motorisés, initialement prévu pour janvier 2025 en application d'une directive européenne. Cette décision, saluée par le Grupo Acção Motociclista (GAM) - équivalent portugais de la FFMC - marque l'aboutissement de plus de 12 ans d'opposition.
Dans un communiqué, le GAM a exprimé sa satisfaction :
Nous nous battons depuis plusieurs années pour des moments de fête comme celui-ci. Ce 5 décembre est un moment historique pour le motocyclisme portugais, une victoire mémorable à célébrer. Cette page tournée nous permettra de concentrer nos efforts sur d'autres fronts pour défendre les motos et le motocyclisme.
Cette victoire démontre qu'une mobilisation forte et un dialogue constructif avec les autorités peuvent porter leurs fruits. Au Portugal, l'opposition au CTR2M a su fédérer les motards lusitaniens et convaincre le gouvernement, là où en France, malgré des mobilisations importantes, la directive européenne a fini par être appliquée en 2024.
Outre ce succès récent, le GAM avait également obtenu par le passé des avancées concrètes, comme l'autorisation pour les motos d'utiliser certaines voies de bus, une revendication qui reste encore en suspens dans l'Hexagone...
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