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Lourd héritage pour légère ballerine.

Honda CB 500 F

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Honda

Essai de la Honda CB 500 F

          Pour beaucoup de jeunes loups, les premiers émois en deux-roues se vivent dans un univers où satellisent les ER-6n, MT-07, Bandit 650, Gladius ou CB 650 F. Des cylindrées déjà généreuses, du charisme, et tout ce qu'il faut plaire autant qu'être à la mode. Mais quand on a un peu (voire plus) de bouteille et de km, se remémorer cette catégorie fait sortir du passé les 500 GSE, ER-5, XJ 600, et l'incontournable CB 500. Une machine pas cher, super fiable, pratique comme c'est pas permis au quotidien, hyper facile et capable de faire de la piste le week-end – où naquit une partie de la légende avec le célèbre Sébastien Charpentier s'illustrant en CB 500 Cup. C'était autrefois. Et aujourd'hui, la CB 500 a beaucoup changé. Elle s'appelle F, se dérive en version sportive R ou crossover X, et ne partage plus rien avec son ancêtre des années 90, sauf l'esprit. Mais est-elle à la hauteur ?

          C'est donc avec beaucoup d'attente et peu d'indulgence que je m'apprête à éprouver le nouveau CB 500 F. Mais celui-ci ne se démonte pas. Le design a pris une place de choix, et ça se voit de partout. La silhouette est fine, tendue, aiguisée, et le faciès un poil provocant. Ses bonnes épaules lui donnent de l'assurance et de la consistance, alors que le corps est effilé quand on s'installe. Comme toujours chez Honda, la qualité d'ensemble n'appelle guère de critiques. La découverte commence bien.
Hélas pour elle, je ne peux m'empêcher de la comparer à la vénérable version des Nineties, et la Honda perd son premier point avec l'espace de rangement. Sur mon vieux CB 500, le coffre sous la selle me permettait de ranger une bouteille de flotte, le pantalon de pluie, un sandwich et un U. Ici, il faudra se contenter du pantalon et d'un petit antivol ; une tare ? Non, toutes les machines de ce segment partage ce manque de place. De nos jours, seules les GT ont de quoi ranger nos frivolités.

          Coursiers et étudiants se raviront d'un top-case (en accessoire) pour emmener le nécessaire. Soyons cinglants à présent, et voyons ce que le CB 500 F a sous la culasse. L'architecture demeure classique et éprouvée : un twin, doté de 4 soupapes par cylindre, double ACT, injection, refroidissement liquide. Ce n'est pas le bloc d'autrefois ; sa cylindrée a perdu une trentaine de cm3. Et pour coller à la réglementation A2, les watts ont dégringolé à 48 ch. Environ une dizaine de canassons perdus entre les générations. Mais les motoristes Honda ont insisté pour que le moteur soit le plus disponible possible. Sur la route, qu'en dira t'il ?

          Filons hors du centre-ville pour le savoir. Sans trop se presser, histoire de goûter aux prédispositions citadines de la CB. Et comme attendu, la petite mutine est comme un poisson dans l'eau. Légère, intuitive, svelte à souhait, on dirait une plume qui virevolte. Un regard suffit pour la mouvoir d'un coté ; un geste la replace où l'on souhaite. Une ballerine !
Un vélo serait moins maniable. La décontraction est telle que l'on tout le temps d'apprécier le tableau de bord, éclairé d'un bleu délicat. L'affichage de la vitesse prend la meilleure place, et s‘expose comme parfaitement lisible. Un barregraphe s'occupe d'informer du régime moteur ; et demande un certain de lecture, comme il est de coutume avec ce sytème de m.... La jauge de carburant est discrète, trop, tout comme les petites infos à défilement (trip, conso, etc).
Un petit coup d'œil dans les rétros permet de valider leur efficacité, celui de droite dévoilant plus de paysage que le gauche. Différence de réglage ou défaut visuel du pilote ?!?

          Notre modèle était équipé d'un silencieux Leovince, apportant plus de virilité et une profondeur sourde au bloc Honda. Au ralenti, l'illusion est prenante, avec un poum-poum lourd, interpellant, valorisant. De quoi flatter l'ego.
Tant qu'on se promène en ville, le berlingot permet de se sortir de toutes les situations. Il répond sans grande force mais avec sincérité, et d'une linéarité exemplaire autant que fade. Sa souplesse permet d'évoluer sur quasiment n'importe quel régime jusqu'en 4ème, pas au-delà. Les derniers rapports exigent au minimum 2 500 trs pour être à l'aise. Mieux vaut quand même rester sur la 3 pour les parcours urbains. La souplesse des commandes autorise les décollages en toute simplicité. Coté boite, le sélecteur affirme une certaine fermeté sur le dessus de la godasse. Mais en passant les vitesses avec vivacité, la sélection se fait bien plus fluide.
Tant qu'on est dans les commandes... Mr Honda, c'est quoi ce commodo gauche complètement koff ???? Inverser l'emplacement des clignos et du klaxon, c'est pas génial. On buzze une fois sur deux en voulant indiquer notre volonté de tourner.

          Après s'être excusé une demi-douzaine de fois, nous voici sorti de la city. Direction St-Christophe-la grotte. Nous ferons demi-tour avant, la route ayant été tapissée de gravier. Mention spéciale connerie que je ne développerais pas pour éviter d'être largement plus grossier. Concentrons nous plutôt sur la CB 500 F que je m'échine à monter dans les tours et les virages. Et la moto s'y engage sans appréhension. Son poids plume est un atout, son évidence un gage de conduite, et son châssis est plus convaincant que celui des décades précédentes. On virevolte plus vite qu'en ville mais avec la même décontraction.
C'est niveau moteur que la CB 500 F m'a laissé sur ma faim. Avec une amertume très nostalgique. OK, il est parfait pour les jeunes permis... Mais qu'est-ce qu'il manque de peps quand on le taquine. L'essorage de la poignée est poursuivi par une montée en régime... qui prend son temps. Une fois qu'il a donné ce qu'il pouvait dans les mi-régimes, le twin continue son escalade sans enthousiasme. Il n'a plus le coté rageur de son ancêtre, qui se régalait des 10 000 trs et crachait sa hargne tant que l'aiguille accrochait la droite du compte-tours. On aimerait plus ; relativisons car la mécanique est autrement plus enjouée que celle des NC. Et offre une consistance appréciable dans les régimes les plus utilisés. Elle correspond parfaitement avec un usage ludique de jeune permis. Pour les énervés, la gamme CBR est de l'autre coté. Avec une bonne lancée sur une route dégagée et allemande, le compteur peut dépasser les 170 km/h. N'y restez pas, ça ne l'intéresse pas. Et persévérer pour accrocher la vitesse maxi n'a pas grand-intérêt, sans comptez que cela usera plus de la patience qu'autre chose.

          Prend-on une 500 pour arsouiller de bout en bout toute la journée ? Certainement pas ! On attend d'elle surtout une disponibilité au quotidien et de quoi le faciliter. Avec un peu de confort, ce ne sera que plus appréciable. A ce jeu, la selle de bon aloi et les suspensions s'en sortent honorablement. L'amortissement assure un confort très correct, bien supérieur à ce que je m'attendais. L'ensemble est très homogène et prévenant.
Confié à un unique disque à l'avant, le freinage doit s'acquitter d'une tâche essentielle avec des moyens limités. Certes, la machine pèse moins de 200 kilos, reçoit le renfort d'un ABS, et ses missions quotidiennes n'exigeront pas des freinages de trappeur. Ainsi, les sollicitions demandés au levier droit obtiennent des réponses satisfaisantes, mais sans zèle. La CB 500 freine bien, avec un feeling d'une moto de son rang. Les motards plus exigeants trouveront que la commande manque de sensibilité, et regretteront qu'il n'y ait plus de mordant et de puissance, surtout en serrant fort.
Citons parmi les petits plus des poignées passagères à la fois design ET fonctionnelles - On les saisit sans peine et elles sont suffisamment écartées pour que de grosses paluches gantées les saisissent -, l'anti-démarrage HISS, une conso au ras des pâquerettes, et ce sentiment de contrôle présent à tout instant.
Je suis plus acerbe face à la disparition de la béquille centrale, à ce foutu commodo gauche déjà précité, et ce moteur sans relief. Mais idéal pour le quotidien et ne pas effrayer les fraiches recrues.

          Enjouée, facile, bien finie et prompt à la besogne, la CB 500 F perpétue sans rougir le flambeau de sa lignée. Elle ravira les nouveaux motards, et pourrait en convaincre d'autres. Ceux qui ont connu l'ancienne diront toujours : "c'était mieux avant". Pour ceux qui regardent plus l'horizon que le rétro, elle peut sans hésiter prétendre à l'un des meilleurs choix de la catégorie.

M.B

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