Etre ou ne pas être… Ou être à Etretat. Ce n’est pas Shakespeare dans une profonde réflexion face aux célèbres arches mais une Yamaha Tracer 7 contemplative devant les falaises de craie. Une des merveilles de la nature (et de la France) face à l’une des technologies les plus abouties du constructeur nippon. Le petit crossover nous a montré les qualités de sa 3ème génération ainsi que le bien fondé de sa transmission robotisée.
Notation Essai de la Tracer 7 2026
Notation
- Style (5/5)
- Prise en main (5/5)
- Moteur (4/5)
- Boîte de vitesses (5/5)
- Châssis (4/5)
Les points forts
- Machine joueuse et saine
- Système Y-AMT épatant
- Partie-cycle de bon niveau
Les points faibles
- Twin moins enjoué
- Confort de selle moyen
- Protection perfectible
Essai terrain L'avis de notre essayeur sur la Tracer 7 de 2026
La demoiselle sait s'habiller
Avec le temps et les générations, la Tracer 7 a laissé son profil d’adolescence derrière elle pour aboutir à une élégance mutine et assumée. Elle a laissé la casquette et le top pour une veste légère et des lunettes effilées. Surtout, elle a su éviter la mode très « expérimentale » des roadsters Yam’ d’une époque pas si lointaine, où les visages semblaient dessinés par David Cronenberg. La moto présente bien, se montre valorisante, soigne son entrée et semble plus puissante qu’elle ne l’est.
Pour autant, elle n’est pas exempte de défaut. Certains câblages au guidon semblent bricolés dans le garage, le catalyseur et son cache ont du mal à s’intégrer, et bien des marques de surligneurs au niveau des vis gagneraient à être plus discrètes (ou mieux appliquées).
Hormis cela, la petite Tracer fait plaisir à voir, à être.. et à conduire ?

Tout de suite à l'aise
Monter à bord d’une Tracer 7, c’est comme prendre un grand vélo tous les matins. L’accueil est agréable, un peu sérieux, et dégage une évidence instantanée. Elle est là pour rouler du soir au matin, sans forcément viser les grandes virées mais toutes celles qui se présenteront. Les commandes tombent naturellement sous les mains pendant que la finesse de l’assise vous facilite la pose des pieds au sol. Le genre de motos qui ne réclame ni mode d’emploi ni question ni doute au moment de mettre le contact. Tu montes, tu démarres, tu roules, et tout est évident.
Le tableau est presque de cette veine. La petite dalle TFT couleur de 5 pouces fait bel effet avec ces choix graphiques travaillés et son intuitivité. Quatre thèmes d’affichage sont proposés, très design. La connectivité est de mise, et il est possible de profiter d’un navigateur routier grâce à l’appairage smartphone. Le commodo de contrôle (à gauche) est bien pensé, permettant une navigation rapide dans l’interface Yamaha. Les chemins et raccourcis s’assimilent vite, prouvant que le constructeur fait plus d'efforts que d’autres dans ce domaine.
Juste au-dessus, la bulle peut s’ajuster d’une seule main avec une poignée - un exercice un peu délicat à roulant mais très simple à l'arrêt. Mais presque pourquoi faire : vu sa taille, on la met au plus haut et plus personne n’y touche. Sauf pour voir comment ça marche.

Le CP2 à la joie et à la bride
Depuis ses débuts, c’est l’une des principales qualités : son CP2. Comme avec la MT-07, l’agrément mécanique est manifeste avec ce bicylindre, toujours partant et toujours charmant. Disponible et joueur, il distribue de l'entrain et de la souplesse dès les bas-régimes. Mieux : avec l’Y-AMT, les évolutions à basse vitesse ou sur le filet de gaz se font avec une quiétude totale. Il ne cognait déjà pas beaucoup mais là, ce serait presque du velours ; mélangé avec la grenaille indissociable de cette architecture moteur.
Hélas, la norme Euro5+ lui a enlevé une partie de sa verve ; ou plutôt de son impulsivité. Il serait pratique de dire que Yamaha a assoupli le comportement de son moteur, pour le rendre plus exploitable, plus polyvalent, plus agréable – Il serait plus piquant d’affirmer que les normes liment les griffes trop pointues.
Alors forcément, entre le poids plus élevé, la position de conduite et le segment visé, la Tracer est moins joueuse que la MT-07. On peut tout de même se permettre de la taquiner, de la provoquer, et elle ne manque pas de décrocher un sourire. Le contrôle de traction veille pour les plus audacieux. Mais avec une bonne paire de pneus et 74 chevaux à dispo, il sera compliqué de faire intervenir l’électronique.

Une boite semi-auto sur une petite routière
Avec son Y-AMT, Yamaha a créé un embrayage robotisé fort intéressant. Sa technique basée sur deux servomoteurs (un pour l’embrayage et l’autre pour le sélecteur) et une électronique dédiée lui permettent d'être compacte, réactive et surtout facilement adaptable sur plein de machines. Il n’y a pas si longtemps, seuls de gros modèles pouvaient avoir une boite auto (surtout chez Honda). Maintenant, ce confort existe sur des motos de milieu de gamme, voire de petits crossovers comme l’est cette Tracer 7. Yam’ pourrait même l’implanter dans la T7 mais il faudra que la demande soit assez influente pour cela.
L’Y-AMT est l’outil parfait en ville. La technologie est toute récente et pourtant déjà aboutie. En activant le mode D (ou D+ si l’on veut un peu plus de nervosité), la moto - ou plutôt l’assistance electro-moteur - gère toute seule le passage des rapports de manière fluide, vive et sans à-coups. Jamais on ne pourrait faire la cinématique "débrayage / passage du rapport / embrayage" aussi vite et aussi souplement que l’Y-AMT. Bluffant ! Ainsi, il n’est jamais besoin de se préoccuper des vitesses en mode Drive ; seulement de la vitesse à laquelle on évolue.
Une réelle différence entre D et D+ ? Oui, sans être flagrante. Le système tape plus dans les tours et garde du régime au besoin pour “simuler” une certaine sportivité. Son seul défaut, c’est qu’il ne réagit pas toujours au moment que le pilote aurait choisi pour passer un rapport. Mais aucun système ne le pourrait vu que cela dépend de la personnalité, de l’expérience et de l’état d’esprit de l’utilisateur. L’électronique doit donc composer pour tous et chacun, et elle le fait bien.
“Et alors ?!?” dirait-elle. “Tu n’as qu’à passer en Manuel et tu les choisis toi-même tes rapports”.
L’Y-AMT n’est pas un système seulement auto. En basculant sur MT, vous prenez le contrôle de la boite, avec simplement une gâchette à la main gauche. Un doigt suffit pour monter et descendre les rapports. Dès lors, la moto n’intervient qu’au niveau de l’embrayage, avec une impulsivitédigne d’un bon shifter. Et dans les limites moteur : elle ne vous laissera pas taper dans le sur-régime ou descendre trop bas dans les tours. Avec cette technologie, la Tracer 7 ne cogne pas, ne cale pas et ne hurle pas.

Le mode MT donne aussi accès à d’autres Modes de conduite, pour un comportement allant de 'Sport' à 'Street', ou plus personnellement 'Custom',en adaptant les aides au pilotage à votre sauce. L’électronique de bord permet de jouer sur trois niveaux de réponse moteur et deux profils d’intervention du Traction Control (ou de le désactiver). Honnêtement, on se programme le 'Custom' une fois qu’on a cerné la moto et pis on n’y touche plus. Sauf en cas de flotte où il deviendrait intéressant de passer en “MT Street” ou “AT D” pour plus de sécurité.
Notre premier contact avec l’Y-AMT fut avec la Tracer 9 GT, plus puissante, plus technologique, plus haut de gamme…. Et pourtant, je trouve le système plus agréable sur la Tracer 7, moins hésitant, comme s’il savait faire le job alors que la 900 se demande parfois pourquoi elle doit le faire.
Le sourire aux roues
Il est (enfin) loin le temps des Yamaha aux suspensions anachroniques. Cette génération de Tracer 7 a franchi un cap en plaisir de conduite et en confort. Vive, alerte, facile à placer, la moto se balance d’un angle à l’autre avec légèreté. Son amortissement assure côté confort ; bien plus que la selle qui ne sera pas votre copine au bout de 150 km.
Que ce soit par la fourche inversée de 41 mm ou le mono-amortisseur, la tenue de route est sérieuse, et surtout homogène. La première 700 Tracer n'appréciait que modérément la bousculade ; la deuxième un peu mieux. A présent, jouer d’allégresse sur les routes maussades ne la dérange plus. Elle ne désunit pas sur les bosses, tient la route comme il se doit et offre une rigueur à la hauteur de son segment.
Il en est tout autant des freins. A la prise au levier, leur attaque est souple, rapidement efficace, et si l’on aurait aimé un peu plus de mordant, la puissance comme la consistance sont d’un très bon niveau. L’ABS laisse pas mal de liberté avant de se déclencher, permettant de vraiment taper dans les freins. Pas comme sur une sportive mais pour un trail-routier, le boulot est sans reproche. Sauf l’arrière, plus précoce à se déclencher.

En ville comme dans les petits recoins, la Tracer 7 ne manque pas d’agilité. Elle a su conserver ce côté de petite souris facile à manier, évoluant tout naturellement à basse vitesse. Sans craindre d ‘a-coups de la part de l’Y-AMT, qui sait gérer la marche au pas. Fait anecdotique mais amusant, le compteur de vitesse ne se réveille pas avant 5 km/h - il n’affiche pas les chiffres intermédiaires depuis 0. On s’en fout mais j’aime bien les petites curiosités “cachées” d’un modèle.
La route à suivre
La Tracer 7 reçoit le succès de ses qualités. Figurant dans le top des ventes du marché et meilleure vente de Yamaha, elle franchit un cap en agrément et en technique, devenant la seule de son segment à proposer une transmission robotisée. Un argument dont ne peuvent se targuer ses concurrentes directes. Car la Yam’ doit partager le terrain avec desKawasaki Versys 650, Suzuki 650 V-Strom, CFMOTO 700 MT et une petite flottille de chinoises. Toutes bien moins cher mais pas aussi abouties. Pour le même prix, sa plus féroce rivale serait la 660 Tiger Sport.

Les points forts
- Machine joueuse et saine
- Système Y-AMT épatant
- Partie-cycle de bon niveau
Les points faibles
- Twin moins enjoué
- Confort de selle moyen
- Protection perfectible
Galerie photos de notre essai de la Tracer 7
Indispensables
à retenir
Yamaha Tracer 7 (2026) : Ce qu'il faut savoir avant de l'acheter
Performances
- Vitesse max : environ 190 km/h
- Consommation moyenne : 4,10 l/100km
-
Autonomie estimée
: 439 km
Autonomie jusqu'à la panne sèche, calculée mais non vérifiée.
Tarifs
| Version de base | avec Y-AMT | |
|---|---|---|
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9 999 €
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10 499 €
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9 999 €
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10 499 €
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9 999 €
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10 599 €
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10 424 €
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|
£ 8 904
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£ 9 254
|
|
|
9 950 €
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casque
Gants
blouson
freinage
kit-chaine
Huiles
Intercom
Pièces
Bagagerie
Pneumatiques
Avis des motards Déposer un avis - 5 avis
ils auraient du aussi lui mettre a jour son moteur en augmentant sa cylindrée ou mieux et moins cher car amorti depuis longtemp, lui collé un CP3 mais retravaillé en 95cv et 93nm de couple mais disponible a 6000T au lieu de 7000T, équipé d'une transmission en 16x48 voir en 16x50 pour garder la niak.
la on aurait un tracer 8 ? soit une tracer 7 avec le moteur modifié de la tracer 9
une belle moto, fine, assez légére et assez puissante pour tout faire à deux et chargé.
à 9 999€ elle aurait été un banger, qui enterre la concurence ou même les chinoise ne passe plus. Note : 3/5 Répondre à IP
Ce Tracer devrait être un 4 cylindres,un MaxiTrail de 160/170 cv,avec un design et une ligne en accord avec la concurrence,s'il faut copier certaines choses de la concurrence,alors on le fait.
Il ne faut pas vivre sur le passé sinon s'adapter et reconstruire dans tous les secteurs,aujourd'hui sont très forts les Trails VAMOS pour exploiter ce marché,MAIS n'ont pas de quoi se casser la figure.J'ai eu une fois l'EXUP 1000,et ensuite la Honda 1100XX deux bijoux,aucune usine japonaise ne fabrique que des bijoux (motos *) A saluer PS. J'ESPÈRE QU'ILS VONT SE RÉVEILLER, CAR J'AIME LES MOTOS Note : 1/5 Répondre à Tano
C'est vrai que les chinois cassent les prix, mais je trouve que c'est plus sécurisant (pour la fiabilité, la revente et le service après-vente) de prendre une japonaise. Note : 5/5 Répondre à Alain81
La Tracer 7 doit tout de même rester un excellent trail et devrait être encore plus confort pour son pilote, comme pour son passager, à voir lorsqu'il sera disponible en concession... Note : 4/5 Répondre à Marco
Enfin une bonne fourche un peux plus portif et pour un meilleur confort
J'espère que le confort de la selle est meilleur pour le pilote et le passager.
Le moteur rien à dire une pépite . Note : 4/5 Participer à la conversation